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Nonobstant le contrôle des agents (police, douane), la contrebande et la fraude à l’aéroport de Bamako Sénou se portent comme un charme. La force de l’argent et l’exploitation des liens de parenté y ont force de lois.

L’aéroport de Bamako-Sénou, si les textes relatifs à la contrebande y sont bien appliqués, pouvait mieux contribuer à renflouer les caisses de l’Etat.

Mais entre les textes et les faits, il y a comme un fossé. Le témoignage de Sadio Traoré, vieux contrebandier, qui a passé une bonne partie de son temps à importer frauduleusement des cassettes pirates est édifiant. Grand commerçant connu du milieu douanier et policier, le vieux Traoré avait des partenaires dynamiques au sein de tous les corps civils et militaires à l’aéroport.

« Ma stratégie consistait à distribuer des dessous-de-table à certains agents le soir où je devais voyager ». Pour l’homme, l’entrée de ses marchandises ne posait aucun problème. « Il suffisait que j’informe mes partenaires de l’aéroport pour que des dispositions soient immédiatement prises pour l’acheminement de mes biens ».

Sans nous dire comment les marchandises échappaient à la vigilance de certains douaniers qu’il qualifie de récalcitrants, notre homme à toutefois admis qu’il était également en complicité avec des directeurs de services financiers. « Les chèques ne cessaient de pleuvoir ». Ce contournement du vieux contrebandier a certainement occasionné des millions de pertes pour le Trésor public.

Il y a également le cas de ces commerçantes, qui, à leur atterrissage à Bamako-Sénou, appellent un parent ou « passeur » porteur d’uniforme, qui arbore ses galons et va jusqu’à la passerelle chercher les bagages sans que personne n’ose lui demander d’ouvrir un sac ou de se soumettre à un contrôle !

A. S.

11 mai 2007.