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Ceux qui se sont rendus ces derniers temps avec leurs véhicules à l’aéroport ont dû faire le constat : le prix du parking est passé du simple au quadruple, voire plus. Des usagers dénoncent simplement un vol organisé.

L’aéroport international de Bamako-Sénou, l’un des derniers de la sous-région, tente tant bien que mal de s’organiser pour soigner un peu son image détestable. Mais, apparemment, les stratégies envisagées par les responsables ne sont pas adaptées, car basées sur l’appât du gain facile sur le dos des usagers. L’une des innovations de l’aéroport est l’installation de parking automatique.

La mesure en soi est saluée par plus d’un, car non seulement elle existe dans presque tous les aéroports dignes de ce nom, mais également elle entre dans le cadre de la modernisation de la plate-forme. Il y a toutefois un hic. Le prix de ces parkings automatiques est exorbitant, démesuré.

« Je payais 100 F, 200 F, voire 500 F au parking. C’est acceptable tout cela. Mais depuis l’installation de ces parkings automatiques, on est passé du simple au prix du véhicule. Si tu fais 30 minutes, on te présente un ticket de 400 F CFA. Donc, si par malheur tu fais 2 à 3 h, tu te retrouves avec plus de 1500 F CFA. Et ta voiture fait une semaine là-bas, mieux vaut chercher le prix d’une nouvelle voiture », témoigne Me Boubacar Soumaré, un usager.

Selon lui, « c’est à la limite une escroquerie. Si au moins, on offrait d’autres services supplémentaires comme des boissons aux clients ou le lavage des véhicules par exemple, on pouvait accepter. Mais rien à part de l’escroquerie et de l’arnaque des citoyens », déplore-t-il.


Le MET dit ne pas être au courant

Pis, ajoute Abdrahamane Dicko un autre usager victime lui aussi de la nouvelle trouvaille de l’aéroport, « de 7 h 30 à 16 h j’ai payé 3800 F FCFA. Et ce qui est grave et regrettable, ils ont mentionné sur le ticket qu’ils ne sont pas responsables des dégâts que pourraient subir vos véhicules. Cela veut dire que vous payez tout cet argent et quelqu’un peut vous voler votre auto-radio, ou votre pneu secours et vous ne serez pas remboursé ».

Au Mali, accompagner un parent, un ami ou un proche à l’aéroport est une de nos valeurs sociétales. C’est pourquoi, il n’est pas rare de voir une dizaine de personnes, dans deux ou trois véhicules, accompagner un seul voyageur à l’aéroport. Ceux-ci ne payaient que 100 à 200 F CFA au parking.

Aujourd’hui, avec ce nouveau système dont les coûts sont inaccessibles à de nombreuses bourses, c’est une perte énorme pour les services de l’aéroport. Le parking cherche désespérément clients. « Au lieu d’aller payer le prix de condiment au parking, des usagers préfèrent ranger leur véhicule à 100 ou 200 mètres de l’aéroport, le temps de donner au revoir à leur voyageur, avec tous les dangers que cela comporte », ajoute Me Soumaré.

Interrogé sur la question, un proche collaborateur du ministre de l’Equipement et des Transports (MET) soutient que le département n’est ni de près ni de loin associé à cette innovation fatale de l’aéroport. « Nous ne sommes pas au courant de cela. Nous allons chercher à voir clair dans cette histoire car la directrice de l’aéroport est présentement en déplacement », fait-il savoir.

En attendant, les usagers qui auront le malheur de s’infiltrer dans ces parkings automatiques qualifiés de machines à sous devront s’attendre, à leur sortie, à des factures salées avec deux possibilités : les payer comptant ou retourner en « haoussa train », c’est-à-dire… sans sa voiture.

Sidiki Y. Dembélé

26 octobre 2006.