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Créé à la suite de nombreuses concertations entre enseignants, l’Amicale des enseignants de l’école fondamentale (AEEF) a organisé, le lundi 29 juin au centre Djoliba, une assemblée générale sur le bas niveau des élèves au Mali. Cette journée de réflexion était présidée par le président de l’AEEF, Abdoul Karim Sidibé, qui avait, à ses côtés, le Directeur national de l’Education de base de l’alphabétisation et des langues nationales, Souleymane Koné.

Selon l’article 3 de son réglement intérieur, l’AEEF a pour objectifs de relever le niveau des élèves en français, d’éduquer moralement et civiquement les élèves pour les préparer à leur mission de cadres patriotes de demain, d’organiser des sessions de formation pour les maîtres par rapport à l’enseignement du français, pour leur permettre de livrer dorénavant des produits de qualité à l’AMAPLAF, de créer un climat de confiance entre les maîtres et consolider les liens de fraternité, de renforcer la solidarité professionnelle entre les enseignants et, finalement, de réfléchir sur les voies et moyens d’améliorer les conditions de vie des maîtres.

«La lecture de certains documents historiques et l’audition de certaines personnes âgées nous ont révélé que le Soudanais était excellent, intellectuellement, que le Malien des débuts de notre temps était très bon à tout point de vue, pétri de culture et de sagesse.Nos intellectuels étaient les meilleurs de la francophonie, à l’écrit comme à l’orale», a rappelé, le président, dans son intervention. Il a précisé que le niveau des élèves baissait au fil des années de telle sorte que le Mali se trouve aujourd’hui parmi les derniers de la sous-région.

A ses dires, pour réaliser un nouveau type de Malien travailleur et consciencieux, il faut développer le programme de rémédiation basé sur la lecture, l’orthographe et la grammaire, pour aider les enfants à maîtriser la structure de la langue, condition sine qua non de toute réussite en la matière.

Abdoul Karim Sidibé a souligné que pour atteindre ces objectifs, la meilleure méthode est la suivante : «nous commençons par faire assimiler les 45 sons de la langue française pour en venir à la phraséologie sur des thèmes d’actualité authentiquement maliens. Les élèves se reconnaissent dans ces exercices, y prennent goût et la leçon devient vivante, intéressante et fructueuse. Celle-ci permet aux élèves de se mesurer les uns aux autres et de vouloir se surpasser. Les enfants progressent alors sans effort, même mieux, en s’amusant». Il a indiqué que l’une des armes les plus efficaces, pour y arriver, c’est le symbole. Il s’agit, pour lui, de faire porter au cou d’un élève fautif de la langue française, un symbole dans son cadre de vie.

Pour sa part, le Directeur national de l’éducation de base de l’alphabétisation et des langues nationales, Souleymane Koné a déclaré «que dans le contexte actuel de notre système éducatif, il est important d’éviter de considérer la langue française comme la négation de nos langues nationales». Avant de relever que le français, comme matière médium d’enseignement ne saurait être négligé sous le seul prétexte de la promotion des langues nationales. Il a ajouté qu’il ne s’agit pas d’une concurrence entre le français, langue seconde, et les langues nationales, mais d’une complémentarité dans le cadre de l’évolution actuelle vers un bilinguisme, lui-même, encouragé par la francophonie.

«Nous sommes dans la mouvance de la régionalisation, de la mondialisation, ce qui implique que chacun doit contribuer à la construction de l’universel avec ses spécialités. Donc, il est nécessaire de maîtriser les grandes langues, les plus utilisées au plan international et qui permettent d’accéder aux connaissances et domaines de compétences les plus variés, les plus complexes, les plus simples», a conclu Souleymane Koné.

Moulaye HAIDARA

10 Juillet 2009.