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Une délégation du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA, un groupuscule touareg) qui réclame l’indépendance de la partie nord du pays a été reçue, le 22 novembre 2012, au ministère français des affaires étrangères. Les autorités françaises affirment que cette rencontre a eu lieu à la demande du groupe indépendantiste mais l’initiative suscite des grincements de dents au Mali. Et l’Alliance des Démocrates Patriotes pour la Sortie de Crise (ADPS) n’a pas caché son amertume.

«L’ADPS condamne avec la dernière rigueur la rencontre officielle qui vient d’avoir lieu à Paris entre les séparatistes du MNLA et le Ministère français des Affaires Etrangères», a indiqué le secrétaire général, Soumana Tangara. C’est en début de soirée du 22 au 23 novembre que l’organisation que dirige l’ancien premier ministre Soumana Sacko a produit un communiqué de presse. «Elle attire l’attention du gouvernement français sur les graves conséquences que sa rencontre de ce jour avec les rebelles et terroristes du MNLA ne manquera pas d’avoir sur la préservation des intérêts à long terme de la France dans la zone sahélo-saharienne», poursuit le communiqué.

Selon l’ADPS, «l’irrédentisme touareg» est nourri par un «vieux projet français de création de l’OCRS (Organisation Commune des Régions Sahariennes)». Et, l’insurrection armée déclenchée le 17 janvier 2012 et qui a abouti au contrôle des régions nord du Mali par ce mouvement puis par des islamistes, résulte largement d’un «marché» conclu entre Nicolas Sarkozy, alors président français et le Colonel Mohamed Ag Nagïm, chef de guerre du MNLA. Cet accord, selon l’ADPS, a été scellé sur fond de convoitise des ressources stratégiques du Sahara malien.

Si la décision française peut s’expliquer par une liberté d’initiative, l’ADPS estime que la volonté de rencontrer des séparatistes est diplomatiquement peu correct : «Le Président français n’apprécierait certainement pas que le Gouvernement malien reçoive un jour les indépendantistes corses ou les séparatistes basques», a-t-elle écrit dans le communiqué. Avant d’ajouter qu’il s’agit d’une «tentative inacceptable de remise en selle des séparatistes du MNLA».

Seydou Coulibaly

Le 23 Novembre 2012

© AFRIBONE