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L’Alliance pour la Démocratie et le Progrès sortie vainqueur des électeurs législatives avec plus de 100 élus a une fois plus remporté la bataille pour le perchoir. Pour cela, ils étaient trois candidats : Dioncounda Traoré, Me Mountaga Tall, Me Kassoum Tapo, tous membres d’un même regroupement. Cette multiplicité de candidatures signifie-t-elle une fissure ?

A la veille de l’élection présidentielle de 2007, des responsables de partis politiques se sont regroupés pour former l’ADP. Pour cela, ils ont remis une lettre au président Amadou Toumani Touré lui demandant d’être leur candidat à la présidentielle. Parmi ces partis, il y avait l’ADEMA, le CNID, l’US-RDA, le RND, l’UMP, l’URD, le MPR, le PSP…

LE CHEMINEMENT DE L’ADP

Dioncounda Traoré a été porté à la tête du regroupement et des organes furent crées. Par la suite, d’autres formations politiques ont regagné le regroupement.

L’objectif premier recherché était d’élire le président sortant Amadou Toumani Touré, qui était candidat à sa propre succession et surtout dès le premier tour. Pour cela, ils ont tous battu campagne pour ATT qui s’est porté candidat à sa propre succession. L’ADP a ainsi mis dans toutes les capitales régionales ses coordinations et les démembrements dans les cercles.

C’est après qu’un autre regroupement fut porté sur les fonts baptismaux, il s’agit du Front pour la Démocratie et la République. Ce regroupement est composé du RPM, du PARENA, de la CDS et des clubs et associations. Pendant les campagnes électorales, on a assisté à des propos déplacés de la part de certains candidats. La différence entre les deux blocs résidait dans le fait que l’ADP n’avait qu’un seul candidat, tandis qu’au FDR, les candidatures étaient multiples.

Au scrutin du 29 avril dernier, le candidat de l’ADP a remporté l’élection avec plus de 71% des voix. Les résultats avaient été contestés au départ par IBK et sa troupe. Après la présidentielle, les partis politiques se sont lancés dans la campagne électorale en vue des élections législatives. Chaque regroupement voulait avoir le maximum d’élus en vue de conquérir l’Assemblée Nationale.

Cependant, l’ADP s’était engagé ouvertement à donner la majorité absolue au président de la République afin qu’il puisse mettre en oeuvre son programme de société contenu dans le PDES. Au finish, c’est l’ADP qui remporta les élections législatives avec plus de 113 élus sur les 147 que compte l’Hémicycle.

Parmi toutes les formations politiques, c’est l’ADEMA-PASJ qui est largement arrivé en tête avec 51 élus, suivi de l’URD 34, du RPM qui s’est classé troisième avec 11 députés; le MPR a obtenu 8 et le CNID 6 élus.

LE SENS DE L’ELECTION DU PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE

Donc logiquement, avec seulement 15 élus, les partis membres du FDR n’étaient pas en position de force pour revendiquer le perchoir. Il devait revenir à un parti membre de l’ADP. Maintenant, il restait à savoir lequel ?

Pour la circonstance, l’ADEMA étant le mieux placé, a signé un accord avec le parti de Younoussi Touré. Ils ont convenu de la mise en place d’un bureau à l’Hémicycle où seront représentés tous les 15 partis présents à Bagadadji. C’est après cet accord que l’ADEMA a expliqué son projet aux autres partis membres. Ce qui n’a pas été apprécié, semble-t-il par Me Mountaga Tall.

L’ADEMA a décidé de présenter Dioncounda à la candidature au perchoir. Me Tall aussi s’est porté candidat, tout comme Me Kassoum Tapo.
La conquête du perchoir a été l’objet de multiples candidatures au sein de l’ADP. Certains se demandaient si elle valait la peine. Il faut préciser que l’élection du président de l’Hémicycle n’est pas un soutien au président de la République.

Disposant du plus grand nombre de députés, l’ADEMA était en droit de conquérir la présidence au même titre qu’un indépendant ou Me Mountaga Tall. Démocratiquement, il n’est pas interdit et aucun texte de l’ADP ne l’interdit non plus. C’est un droit pour chaque député d’avoir des ambitions.

Les candidats ont usé tout simplement d’un droit que la démocratie les a offert. Le plus important est que les deux prétendants sérieux ne se sont pas insultés. Au contraire, Me Tall s’est levé de sa chaise pour aller saluer Dioncounda Traoré. Il n’y a pas à priori d’animosité à l’ADP et on ne saurait parler de fissure.

La décision d’IBK de ne pas aller à la conquête du perchoir s’explique par le fait qu’il n’avait pas le choix, puisque le FDR ne compte que 15 élus. Quant au PARENA, il a joué tout simplement la carte du pragmatisme.

Mamadi TOUNKARA

06 septembre 2007.