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L’Alliance pour la Démocratie et le Progrès, ADP, vient enfin d’émerger de la morosité dans laquelle elle s’était complaisamment installée depuis les dernières consultations électorales. Ce réveil s’est manifesté par une conférence de presse que le regroupement de partis politiques a animé le samedi dernier.

Pour cette rentrée politique, se trouvaient au présidium, outre le conférencier, Dioncounda Traoré, président de l’Alliance, Younoussi Touré, président de l’URD, Ben Fana Traoré, président du PCR, et Badra Alou Macalou, secrétaire général de l’US-RDA, qui a lu la déclaration préliminaire. Dans celle-ci, Macalou a réaffirmé les objectifs de son regroupement, à savoir, accompagner le PDES, soutenir l’action gouvernementale en induisant sa participation à la gestion du pouvoir, et contribuer avec constance et foi à la consolidation du processus démocratique et au renforcement du fait partisan.

Aujourd’hui, a-t-il poursuivi, il s’agit pour l’Alliance de rester mobilisée dans un contexte difficile de détérioration des termes des échanges et de la hausse constante et particulièrement forte des prix du pétrole.
Beaucoup des questions des journalistes tourneront autour de ces points, mais toucheront également le rôle que l’Alliance compte jouer ou a joué dans la lutte contre la pauvreté, les prochaines élections communales, les différentes crises sociales, la libération des otages au nord, la cohésion au sein de l’ADP. Sur ces différents points, Dioncounda Traoré a apporté des réponses.

Ainsi, selon lui, certains partis membres de l’Alliance étant membres du gouvernement, l’ADP ne peut que souscrire aux différentes actions de celui-ci, notamment en ce qui concerne les efforts fournis par les autorités dans la résolution des différentes crises sociales et dans l’instruction des dossiers liés à la corruption et la délinquance financière. M. Traoré suggère de laisser la justice suivre son cours.

Concernant les crises traversées par certains de ses partis membres, l’ADP peut être amenée à jouer un rôle de conciliation et d’arbitrage mais en aucun cas elle ne s’immiscera dans le fonctionnement de ces partis, ni ne se substituera à leurs instances. En outre, chaque militant est libre de militer dans la formation de son choix. A propos des rumeurs qui ont fait état de frustrations ou de mécontentements de la part de certaines formations politiques de l’ADP qui n’ont pas été appelées au gouvernement, le président Traoré a dit qu’il ne s’est jamais agi d’un partage de gâteau, tous les 43 partis de l’Alliance ne pouvant figurer dans le gouvernement.

De plus, cette participation n’est pas un cadeau, mais un engagement, un dévouement par lequel certains acteurs assument des responsabilités nationales.

La question de la cohésion au sein du regroupement a amené D. Traoré à confirmer qu’aucun parti n’avait, à ce jour, démissionné de l’ADP et que si celle-ci avait observé une pause à un certain moment, c’était compte tenu de certains facteurs. Par conséquent, avec cette rentrée politique, l’Alliance allait reprendre ses activités et aborder les prochaines élections communales qu’elle sait pouvoir gagner largement.

A noter toutefois qu’au cours de cette rencontre, les politiques se sont montrés très respectueux des convenances. Annoncée pour 9 h 30 mn, la conférence n’a débuté qu’au-delà de 11 h. En plus, les invités, c’est-à-dire les journalistes, ont été parqués dans un coin de la salle tandis que les politiques plastronnaient au devant de la scène, sans doute en quête de caméras et de spots lumineux. Histoire de bien être vus au journal télévisé ?

Cheick Tandina

03 Mars 2008.