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A la faveur d’une lecture de Coran pour un retour de la paix dans le nord du pays, le parti Avenir et Développement du Mali (ADM) a investi son président, Madani Amadou Tall, candidat à l’élection présidentielle d’avril 2012, le 11 avril. Le candidat a présenté à la presse les grands axes de son projet de société le 12 mars dernier.

jpg_madni-tall.jpgSi le candidat de l’ADM a peu de chance de devenir président de la République du Mali en 2012, il n’en demeure pas moins qu’il nourrit une stratégie jamais appliquée sur une question devenue une plaie incurable : la rébellion. «Je suis d’avis que les militaires, quelques soient les moyens que cela prendra, en terminent avec toute personne qui a une arme là-bas, jusqu’à ce qu’elles déposent toutes les armes». Par ailleurs, tout élu de la nation qui a rejoint la rébellion doit répondre de ses actes et les auteurs des crimes d’Aguel Hok traduits au TPI, explique-t-il. Les militaires déserteurs, selon lui, doivent passer à la cour martiale. «Si on ne peut pas faire ça, on rentre dans un système de lâcheté : juste avoir la paix aujourd’hui pour laisser la guerre à tes enfants», concède-t-il.

Celui qui est, par ailleurs, conseiller aux affaires économiques du président de la République tente d’expliquer les bases politiques nourrissant l’actuelle insurrection. «Si je veux survivre politiquement, il ne faut pas que je dise certaines choses mais je vais le dire quand», ironise-t-il. Selon lui, il aurait suffit que les autorités des pays accueillant les acteurs principaux du MNLA menacent de les extrader au Mali pour que cette guerre n’ait point lieu. Le candidat n’a pas cité de pays mais on pense notamment à la France et à la Mauritanie qui accueillent sur leurs sols des leaders s’exprimant au nom de la rébellion Touareg. «Il faut accepter de se dire la vérité entre nous» a indiqué le président de l’ADN qui a, par ailleurs, dénoncé le manque de courage des acteurs politiques malien.

Selon lui, le Mali ne doit plus accepter de «chantage» à l’approche de chaque élection. «Je suis d’avis qu’un soldat qui a pris les armes contre son pays est un soldat félon», a souligné Tall, indiquant que la République de l’Azawad prônée par la rébellion touareg n’est pas viable au regard de la diversité ethnique dans la zone. Les autres ethnies ne suivent pas les animateurs de l’insurrection armée, fait remarquer le candidat de l’ADM.

A son avis, les pays voisins, tels que le Niger ou l’Algérie ne jouent pas un franc jeu avec le Mali. Les armes de combats venues du front de la Libye ont forcement transité dans l’un de ces pays pour atteindre notre pays qui ne fait pas frontière avec la Libye. Annonçant la complexité du contrôle à la frontière, le conseiller économique du président ATT a souligné que ces frontières estimées à 2 300 Km, sont difficilement contrôlable pour un pays.

Seydou Coulibaly

Le 15 Mars 2012

© AFRIBONE