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Les partis politiques sont à la croisée des chemins, même si les ténors de certains d’entre eux jurent qu’ils occupent depuis un certain temps le devant de la scène politique. Ne veulent-ils pas simplement dire que sans les partis politiques il n’y a pas de démocratie?

En tout cas, les partis sont les premiers animateurs de la vie politique. Cependant, force est de constater qu’à quelques exceptions près, tous les partis politiques ont subi des scissions ou sont issus des scissions.

Menace de la cohésion des partis

Cela pose du coup la problématique de la cohésion au sein des partis. Elle est encore d’actualité malgré les efforts déployés par les ténors de certains partis à consolider les bases de leurs organisations politiques respectives. En effet, ce sont l’Adéma et l’URD qui ont ravi la vedette à tous les autres partis, même si, ces derniers moments, le RPM, à travers son président, donne de la voix.

Il a déjà sillonné plusieurs localités du pays où il n’a menagé aucun effort pour témoigner de ses désaccords avec le pouvoir actuel. Ainsi, on peut dire que c’est le réveil du côté du RPM dont le président se montre déterminé à démonter le pouvoir actuel pièce par pièce. En a-t-il le talent et les moyens nécessaires? C’est le temps qui nous en dira.

Les randonnées d’IBK

Au cours de ces différents échanges, IBK a fait le procès du pouvoir dont il a fustigé la gestion. Mais, la question que l’on se pose, c’est de savoir si le président du RPM a été entendu, compris, s’il n’a pas préché dans le désert.

L’opinion publique nationale retient que Ibrahim Boubacar Kéïta a eu l’opportunité de mettre à la disposition des millions de Maliennes et de Maliens ses expertises qu’il prétend avérées, mais qui ne se sont pas révélées de bonnes recettes pour la gestion des préoccupations des populations et qui sont d’actualité aujourd’hui en raison du fait qu’elles ont été mal ou pas gérées pendant près d’une décennie.

Tout le monde sait où était à ces moments IBK, le puissant président d’alors de l’Adéma nommé également Premier ministre. Lorsqu’on considère ce passage remarqué, long et riche d’IBK, on se rend compte qu’il a fallu qu’il soit loin du pouvoir pour comprendre ce qu’il faut faire. C’est cette attitude qui n’est pas profitable à l’approfondissement du processus démocratique. Il ne faut pas se tromper de combat, tant l’ouverture démocratique vise surtout l’amélioration des conditions de vie et de travail des populations, et ce, conformément aux aspirations profondes de l’ensemble de la population.

Les incantations, ni les dénonciations, encore moins le déclarations d’intentions, ne sont les voies et moyens appropriées pour gérer les grandes questions de préoccupation de la nation. Malgré tout ce qu’on peut penser ou dire de l’opinion publique nationale, elle est avertie et sait par conséquent ce qu’il y a lieu de faire.

En effet, nous sommes à une étape du processus démocratique où il est temps que les uns et les autres comprennent que ce ne sont pas les personnes qui comptent le plus, mais les situations, les problèmes auxquels il faudra s’attaquer afin de les enrayer pour créer les meilleures conditions de prise en compte des préoccupations des populations. Mais d’ici là, l’URD et l’Adéma sont en train de faire la fête. Combien de temps durera cette fête? C’est aussi la question que beaucoup de gens se posent depuis la période de grande euphorie. On n’en est plus là depuis quelques semaines.

L’ADEMA tente de s’organiser, mais avec des difficultés

L’Adéma, malgré les problèmes qu’il rencontre à cause de l’indiscipline de certains cadres par rapport aux mots d’ordre du CE, s’organise de mieux en mieux. Il est considéré toujours comme étant le parti le mieux implanté de l’échiquier politique national. Mais avec la ruée vers l’Adéma, considéré comme le parti de l’avenir, il rencontre quelques difficultés, notamment sur le terrain dans le cadre du renouvellement des instances de base du parti.

Les incidents récents à Kita en sont une illustration éloquente. A cette rencontre, les esprits étaient surchauffés et des militants étaient armés. Sans le souhaiter, il n’est pas évident que ce sera le seul cas où les difficultés feront rage dans les structures de base du parti. Menace de scission? Le temps nous en dira.


A L’URD, une crise de latente

Depuis le dernier congrès ordinaire de l’URD, les difficultés ont apparu. Pourtant, le parti, à l’instar de l’Adéma, a défrayé la chronique ces derniers mois avec l’enregistrement massif de nouveaux adhérents. Là n’est pas le problème, puisque l’aspiration de tout grand parti est d’élargir considérablement sa base électorale.

Les problèmes de l’URD, c’est surtout à partir du deuxième congrès ordinaire au cours duquel le parain du parti Soumaïla Cissé est venu poser son véto, imposant Younoussi Touré, au moment où le 2ème vice-président Oumar Ibrahima Touré et non moins ministre de la Santé avait voulu présenter sa candidature à la présidence du parti.

La sortie fracassante de Soumaïla Cissé a bloqué l’allure de Oumar Ibrahima Touré. Celui-ci n’en a pas fait un problème d’emblée, cependant on ne peut jurer qu’il a renoncé à ses ambitions. En effet, on estime que l’attitude du parrain du parti est anti démocratique et que cela pourait coûter cher au parti dans un proche avenir. Pourquoi cela?

Le compte à rebours?

Pour nombre d’observateurs de la scène politique, il faut s’attendre à un compte à rebours, en raison de la popularité de Oumar Ibrahima Touré dans le parti. Surtout qu’il avait déclaré à la veille du deuxième congrès ordinaire récemment tenu son intention de présenter sa candidature au poste de président du parti.

Il en a été enpêché par le parrain du parti Soumaïla Cissé qui a renouvelé sa confiance à Younoussi Touré. Au-delà de tout cela, on ne peut jurer que tous ceux qui sont membres de la direction du parti partagent l’approche de Soumaïla Cissé.

Depuis ces problèmes, on constate que le 1er vice-président du parti, Me Abdoul Wahab Berthé ne dit rien, mais cela veut-il dire qu’il est consentant à tous les égards? Difficile de l’affirmer quand on sait que le 1er vice-président de l’URD est légaliste. S’il ne semble pas avoir des prétentions pour la présidence du parti, sera-t-il prêt à tout cautionner ?

Cela va être difficile ; ce qui est sûr, c’est que Me Abdoul Wahab Berthé n’est pas dans la politique avec comme premier souci de se faire de l’argent. De même, ce n’est pas un homme qui recherche en toute circonstance le consensus.

C’est pour dire qu’à l’instar de plusieurs autres hauts responsables de l’URD 1er vice-président pourrait ne pas partager l’avis et la position de Soumaïla Cissé ou de Younoussi Touré. Cela démontre que tout n’est pas rose à l’URD.


Moussa SOW

30 Juillet 2008