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A la faveur du ratissage dans lequel le parti s’est lancé, certains barons de l’Adema affichent en privé leur volonté d’exiger du président ATT une redistribution des portefeuilles ministériels au gouvernement : la ruche mériterait mieux et les abeilles n’attendent que l’aboutissement d’un calcul à l’Assemblée nationale pour se faire entendre.

Le parti de l’Abeille a récemment fait de grosses moissons avec l’arrivée des cadres RPM de Kita, la fusion du RND de Me Abdoulaye Garba Tapo, la fusion programmée de l’UDD dirigée par Me Hassane Barry, celle du PUDP, le retour de Soumeylou Boubeye Maïga et ses camarades,

le ralliement annoncé par Dioncounda Traoré de plusieurs militants du Mouvement citoyen qui les avaient quittés à la veille de la présidentielle de 2002 et l’annonce de la prochaine adhésion de députés de l’URD.

En tout cas, la vague d’adhésions, et non des moindres, continue puisque des sources bien informées nous signalent l’arrivée de députés d’autres formations politiques à l’Adéma-Pasj. Le parti pour la solidarité et la justice rêve donc d’une majorité très confortable de parlementaires à l’hémicycle. Fort de cette nouvelle majorité, le parti compte sur l’opportunité d’un remaniement du gouvernement.

L’Adéma-Pasj ne cache plus ses ambitions de voir le nombre de ses ministres augmenter au sein du gouvernement. La stratégie est mûrement réfléchie par la direction du parti qui entend faire prévaloir sa majorité qui s’accroît de jour en jour.

Après l’adhésion de 3 députés indépendants et la prochaine fusion avec l’Union pour le développement et la démocratie (UDD) constituée de 3 élus à l’hémicycle, la fusion prévue avec l’AMRE-ATT et avec le parti de feu Maribatrou Diaby, le PUDP, hier, au siège de l’Adéma, à Bamako-coura, les Abeilles étaient requinquées à bloc pour reprendre leur fauteuil de parti au pouvoir.

Les calculs sont si optimistes qu’ils intègrent la possibilité de pousser le président de la République à revoir sa copie.

Des militants du parti de l’Abeille disent à qui veut l’entendre qu’avec une majorité absolue, rien ne les empêche de réclamer un remaniement ministériel. Est-ce la raison qui pousse les cadres des autres partis politiques à se bousculer aux portes de la Ruche ? L’avis du secrétaire général du parti de l’Abeille est plus nuancé.

Marimantia Diarra nous a déclaré, hier au siège du parti qu’ils pouvaient effectivement obtenir un plus grand nombre de sièges à l’Assemblée nationale mais non la majorité absolue.

C’est d’ailleurs le sentiment exprimé par plusieurs cadres du parti. Concernant l’opportunité du remaniement, il a été clair : “ce n’est pas en terme de réclamation, a-t-il dit, mais le président de la République, compte tenu de la nouvelle configuration politique nationale, pourrait revoir la situation”.

Le secrétaire général de l’Adéma nous a fait remarquer que le parti compte déjà 5 ministres au gouvernement et d’autres personnalités avec rang de ministre. Pourtant, certains militants font preuve de plus d’ambitions.

En tout cas, la vague d’adhésions et non des moindres, continue puisque des sources bien informées nous signalent l’arrivée de députés d’autres formations politiques à l’Adéma-Pasj.

Le parti pour la solidarité et la justice rêve donc d’une majorité très confortable de parlementaires à l’hémicycle. Le bloc des partisans d’ATT qui était censé constituer un contrepoids à l’Assemblée nationale et empêcher un parti de constituer une majorité absolue est en train de s’effriter comme peau de chagrin.

De ce fait, l’Adéma, membre de la majorité présidentielle, se positionne en parti susceptible de ravir


avant l’heure


le pouvoir à ATT qui ne trouve pas ses repères.

Les principaux alliés du chef de l’Etat sont de plus en plus désillusionnés de la toute puissance de leur mentor.

Même si les consignes du président de la République sont toujours suivies à l’Hémicycle, il n’en demeure pas moins que le parapluie ATT ne protège plus contre la ruée massive vers l’ancien parti au pouvoir. L’Adéma renverserait donc la tendance en obtenant une large majorité de sièges.

Ce que font d’ailleurs miroiter les adhésions tous azimuts. D’autant plus que les problèmes du nord, de l’école, de la vie chère dans lesquels patauge un gouvernement en permanents errements semblent confirmer aujourd’hui ceux qui disent que les indépendants , symbolisés par ATT et Modibo Sidibé, ont des limites notoires pour gouverner une nation démocratique.

De surcroît, le gouvernement fait étalage de ses tares , mauvaise communication sur la crise du nord et de l’école, lenteur dans la gestion de la cherté de la vie, tâtonnements économiques sur les choix prioritaires, et pousse les citoyens à douter de la bonne gouvernance de notre pays.

Les bailleurs de fonds, malgré leur discours complaisant de façade, continuent de nous dire que nous sommes sur la mauvaise voie, notamment en nous imposant de signer, ici et maintenant, les accords de partenariat économiques. Les économistes du marché boursier clament que l’Etat, en traînant les pieds pour lancer un grand emprunt obligataire, bloque une part considérable du financement de notre économie.

Autant de griefs à l’encontre d’un gouvernement qui navigue à vue sous la supervision d’un président qui agit, désormais, de manière solitaire. Toutes choses qui donnent au parti de l’Abeille des “ailes” là celles d’ATT prennent du plomb.

Les évènements laissent donc croire à l’Adéma qu’il est temps de reprendre les leviers de commandement du pouvoir. En commençant tout de suite par un remaniement ministériel.

Baba Dembélé

14 Mai 2008