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Comme d’habitude, le renouvellement, ce week-end, des instances du plus grand parti politique malien est gros de tous les dangers. Avec en sus, pour cette année, des seconds couteaux tapis au sein même de l’organisation.

Le Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma/PASJ) est vraiment attendu ce week-end sur deux fronts essentiels : la présentation d’un bilan et sa proposition d’un programme de société cohérent. Il aura aussi à faire face aux grands enjeux de l’heure : école, cherté de vie, crise financière, privatisation de la filière coton, crise au Nord, chômage des jeunes…

Après dix ans de gestion du pouvoir, l’Adema doit un bilan officiel aux Maliens. Certes, pour tout le monde, le bilan « est visible », comme le disait un membre du CE sortant. Mais, il n’empêche que nous voulons l’entendre de la bouche même des protagonistes. Sur les dix ans de sa gestion, le parti a jeté les bases du Mali démocratique, consolidé son économie et remis le pays à l’heure du développement.

Le bilan Adéma est à faire à deux niveaux. En plus de ce que le parti a apporté au Mali en 10 ans, il doit également faire son bilan de « l’accompagnement » d’ATT. Cet accompagnement qui a été très préjudiciable au parti n’a pas été compris par nombre de militants sincères et dévoués. Le parti a été traité par ATT, au mieux, sur le même pied que le dernier des formations politiques ayant décidé de lui apporter son soutien. Entre-temps, que de couleuvres avalées par le parti !

Pis, ATT, souvent, a nié le bilan du parti et instrumentalisé certains de ses responsables. C’est d’ailleurs à ce niveau que se trouvent les enjeux du congrès de ce week-end. Si une certaine unanimité se dégage plus ou moins pour le poste de président du parti en faveur de Dioncounda Traoré, ce n’est pas le cas pour la première vice-présidence.

Vice-présidence à tout prix ?

En effet, aussi curieux que cela puisse paraître, il semble que c’est Iba Ndiaye qui bouscule, tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, voulant la première vice-présidence. Le parcours personnel de Iba au sein du parti légitime cette ambition, mais vouloir ce poste, même au détriment de la cohésion du parti, est suicidaire. Il a le droit de vouloir la présidence même.

Pour tous les observateurs, le congrès de ce week-end allait être une occasion pour le parti d’Alpha Oumar Konaré de se réconcilier avec les Maliens en leur expliquant ce qu’il a fait en dix ans, quelles propositions il leur fait pour son éventuel retour au pouvoir en 2012… Mais, tout porte à croire que le congrès sera pris en otage par les chercheurs de poste.

Iba Ndiaye, qui, selon certaines sources, « est en mission », veut cette vice-présidence à tout prix. Pour qui roule Iba ? Telle est la question que se posent tous les protagonistes dans la mesure où il fait montre d’une audace et d’une assurance déroutantes. Iba roule-t-il pour le Premier ministre Modibo Sidibé, ou ce nom lui servirait-il juste de sésame ? D’abord, le Premier ministre Modibo Sidibé n’est pas reconnu comme un militant Adéma, mais, il est toujours loisible à lui de prendre sa carte à la veille de ce congrès.
A notre avis, la préoccupation des congressistes doit être la relecture des textes et surtout la mise en place de garde-fous en acier afin de garantir leurs respects.

Alexis Kalambry

23 Octobre 2008