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Le début du mois de ramadan aura vu les ardeurs se briser au sein du parti de la Ruche, tant dans le cadre du renouvellement des structures de base qu’au niveau des petites combines relatives au prochain congrès et d’autres luttes de positionnement en perspective de 2012. Aussi devine-t-on déjà que dès la fin de ce mois, la situation promet d’être explosive dans le landerneau du parti Adéma.

Si nul ne saurait prédire sur quoi tout cela peut déboucher chez les Ruchers, on sait par contre que la tâche ne sera pas du tout facile pour Dioncounda Traoré, que d’aucuns n’hésitent plus à qualifier “d’enfant gâté de l’Adéma“, pour avoir été l’homme qui aura le plus bénéficié de l’indulgence des Ruchers.

En effet, cela va faire bientôt dix ans que “l’Enfant de Nara“ se trouve à la tête de l’Adéma-PASJ, au point que d’aucuns se demandent : où, diable, tire-t-il le secret de cette longévité à la direction du parti?

Dioncounda lui-même semble posséder -bien qu’en partie- la réponse à cette question. En effet, interpellé par un confrère, à la suite d’une conférence de presse tenue à l’ouverture de la campagne présidentielle dernière, par rapport à ce qu’il a fait, malgré son manque de charisme, pour rester si longtemps à la tête de l’Adéma, et pour avoir bénéficié de la confiance des partis membres de l’ADP, Dioncounda Traoré, pour toute réponse, avait rétorqué : “Monsieur, vous ne pouvez pas comprendre, parce que vous étiez encore plus jeune, au plus fort de notre combat pour ce pays…”.

C’est peut-être pour ce statut de doyen, ou de vieil homme en âge de retraite, qu’aujourd’hui, certains jeunes Ruchers souhaitent ardemment que Dioncounda Traoré cède enfin sa place à des cadets plus dynamiques? Aussi, en cette veille de congrès, on se demande bien quel sort sera réservé à Dioncounda Traoré en Octobre prochain.

Déjà, certains pensent qu’il doit se contenter de la présidence de l’Assemblée nationale, et laisser à d’autres la présidence du Comité Excutif de l’ Adéma. A leur avis, ce sera vraiment difficile, pour “l’Enfant de Nara” (Dioncounda tyraoré), de concilier les deux fonctions à la fois. Mais d’après nos sources, au sein des Ruchers, il y a une aile beaucoup plus dure, qui pense, sans autre forme de procès, que Dioncounda doit quitter la tête du parti de son propre chef, sinon, les adémistes, ensemble,… devront le chasser de là.

Pourtant, les partisans du président de l’Adéma-PASJ ne l’entendent pas de cette oreille. Mieux : ils pensent qu’en plus de la présidence du Comité Exécutif du parti, Dioncounda Traoré doit être le candidat des Ruchers à la présidentielle de 2012. “De 2000 à nos jours, avec un président autre que Dioncounda à la tête du Comité Exécutif, nous (NDLR : ses partisans) serions là encore à essayer de recoller les morceaux. Autrement dit, l’Adéma sera déchiqueté aujourd’hui”, nous confie un militant dévoué à la cause de Dioncounda Traoré.

Cet optimisme peut bien être trompeur, car, toujours selon nos sources, il a fallu d’un cheveu pour que la sous-section où milite Dioncounda soit renouvelée… en son absence. Heureusement qu’on serait parvenu à calmer les ardeurs, en attendant la fin du mois de ramadan.

Le sort de Dioncounda Traoré reste donc non encore scellé, loin s’en faut. Dans tous les cas, au sein du parti de la Ruche, le seul mot d’ordre qui doit prévaloir, c’est, dit-on, “la sauvegarde de l’unité et la cohésion, malgré les clivages”.


Adama S. DIALLO

18 Septembre 2008