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Après les élections générales de 2007, l’ADEMA-Parti africain pour la Solidarité et la Justice s’apprête à organiser son congrès ordinaire. L’ancien parti au pouvoir n’a pas présenté de candidat l’élection présidentielle à cause des dissensions entre les membres de sa direction nationale pouvant déboucher sur une cassure. Or le parti veut reconquérir le pouvoir en 2012.

Ce congrès survient aussi à un tournant décisif, car il se tient à un moment où le pari a gagné le perchoir de l’Assemblée Nationale. Le camarade Dioncounda Traoré, président du parti est devenu le nouveau président du parlement et devient ainsi la 2eme personnalité de la République. C’est la reconquête du pouvoir par l’Adéma-Pasj qui est donc en marche.

L’enjeu principal des prochaines assises sera l’élection de l’homme qui présidera à la destinée du parti pendant les prochaines années. Le Comité Exécutif (CE) qui sera issu de ce congrès, en plus de sa mission de consolider l’unité et le cohésion au sein du parti, aura en charge la lourde tâche de faire gagner le parti aux élections municipales de 20O9 et celles présidentielles et législatives de 2012. Car, en plus de la présidentielle qu’il faudra absolument gagner, il n’ y aura pas de raison que le parti perde son statut de première force politique du pays à cause de ses majorités municipale et législative.

Déjà des candidatures pointent à l’horizon, chacun cherchant, à tort ou à raison, à briguer la présidence du parti. Ce qui veut signifier que c’est la succession de Dioncounda Traoré, élu président de l’Assemblée Nationale, qui est ouverte. Dioncounda Traoré assure les fonctions de président du parti depuis le Congrès Extraordinaire de novembre 2000. Il est à la tête du parti suite à un conflit qui ne disait pas son nom entre Soumeylou Boubèye Maïga et son ami Soumaïla Cissé pour le même poste.

La mission confiée à Dioncounda Traoré était de redynamiser le parti, après le départ de IBK et de ses Camarades; en renforçant l’unité et la cohésion au sein de l’Adéma. Militant de première heure, Dioncounda Traoré n’a pas su donner au parti le cohésion dont il avait besoin. De part sa faute, l’Adéma a perdu les élections présidentielles de 2002. Il est responsable à 80% des crises à l’Adéma, ces dernières années.

A regarder de près son bilan, nous pouvons affirmer que l’homme a échoué dans sa mission. Ses camarades du CE lui reprochent son indécision devant les problèmes. Dans la plupart des cas, il prend position pour un clan et l’abandonne par la suite. Aussi, ses camarades trouvent qu’il est indifférent aux problèmes du parti et ceux des militants.

Pour la preuve, à un moment des sections couraient derrière une décision de justice qui avait attribué les motos à l’Adéma après un Protocole d’entente signé entre les avocats du parti et ceux de Bakorè Sylla. Dioncounda Dioncounda Traoré s’est agrippé dernière une clause dite de confidentialité pour empêcher les sections de rentrer en possession des motos alors qu’au même moment, les démissionnaires menaient campagne avec les motos du parti. Le question qui se pose est de savoir s’il ne faisait pas le jeu de l’URD, en tout cas tout le laissait croire.

Par ailleurs, au moment où l’Adéma traverse des crises, c’est en ce moment que le président se fait rare au siège.
Par rapport au financement du parti, depuis son élection, Dioncounda Traoré n’a jamais donné un franc au parti. Chaque fois qu’il fait une dépense au nom du parti, il exige qu’il soit remboursé. Même à l’occasion des missions qu’il effectue au nom du parti, il facture son carburant et ses frais de mission. Or, il y a des camarades qui, en longueur de journée, dépensent des sous pour le parti sans en réclamer remboursement.

L’autre faiblesse importante de Dioncounda Traoré reste son insociabilité.
Le président du parti ne peut pas donner un franc à un militant pour résoudre son problème. Il est indifférent aux problèmes sociaux. Or la force d’un parti politique, surtout en Afrique, c’est sa capacité de faire face aux problèmes sociaux des citoyens. Sans cela, le parti n’a pas d’existence.

Cependant, l’homme a quelques qualités qui sont, entre contres, sa maîtrise des débats, son intelligence, son militantisme et sa fidélité au parti. Il fait partie des intellectuels qui ont façonné l’Adéma. Il a su toujours profiter de la lutte des clans pour se hisser ou se maintenir à la tête du parti. Cette fois-ci, il mise sur la même situation qu’en 2000, pour briguer un autre mandat.

Pour ce faire, un groupe de membres du CE est en train de mener une campagne pour lui afin qu’ul reste à la tête du parti. Dioncounda peut-il redevenir encore le président de l’Adéma New Look ?

Ce qui est sûr, c’est que celui qui dirigera l’Adéma doit être un homme de stratégie et discret et d’une intelligence impeccable. Fin négociateur, il doit savoir insuffler au parti un nouveau souffle après la création du RPM et celle de l’URD, redonner au parti sa crédibilité auprès de ses partenaires internes et externes. Il doit consacrer tout son temps, toute son énergie pour le parti.

Mais, le parti n’a pas besoin de quelqu’un qui sera incompris par le peuple Adéma, un l’homme qui ne communique pas et qui reste discret sur les actions qu’il mène au nom des militants et de la direction nationale. Ce qui évitera les vives critiques.

Pour être élu, le futur président de l’Adéma doit gérer un certain nombre de préalables. Il doit rassurer ses camarades du parti. Il doit également rassurer le camarade Alpha Oumar Konaré qui sera hostile à son élection. Enfin, il doit rassurer le Président de la République Amadou Toumani Touré du soutien de l’Adéma durant le temps de son mandat.

Il doit, en plus de ces actions, proposer au parti, une source pérenne de financement des activités. Dans tous les cas, l’Adéma-PASJ a besoin d’un président disponible, rassembleur, engagé et travailleur, qui met le parti au-dessus de ses intérêts personnels.


Aly KONE, Militant ADEMA-Bamako

10 septembre 2007.