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Le grand feu né de la bataille de positionnement au sein du parti de la Ruche s’attise de jour en jour, au point que le Comité Exécutif, qui vit en ce moment une nouvelle expérience (le renouvellement des structures ADEMA n’a jamais posé autant de problèmes), s’est vu contraint de revoir le calendrier du renouvellement des structures de base, décalé du 31 Mai au 30 Juin 2008.

Aussi, dans la Ruche, toutes les grosses Abeilles se cherchent, et toutes réfléchissent, le mieux que possible, sur la stratégie qui leur permettrait d’avoir un point de chute pour le moins acceptable.

C’est la preuve qu’à l’ADEMA, on a commencé à comprendre qu’il voudrait mieux se retrouver accroché quelque part, plutôt que de rester dans une position flottante, avec le seul titre de militant. Et dans ce combat de positionnement, même ceux qui sont réputés “moins ambitieux” ne sont pas restés… en reste.

Le cas Ousmane Sy en dit long sur cet état de fait. En effet, durant toutes ces années, l’homme n’était resté qu’un simple militant du parti de la Ruche et n’a jamais dépassé le stade d’un comité, ou du moins d’une sous-section.

Le Comité Exécutif ADEMA ne lui disait rien ou si peu, puisqu’il n’a jamais cherché à s’y hisser. Si bien que malgré tout, il fut, tour à tour, chef de la décentralisation au Mali, ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, sous le règne d’Alpha Oumar Konaré.

En un mot, Ousmane Sy a toujours milité à la base, en Commune V, plus spécifiquement à Baco-Djicoroni. Seulement voilà, au regard de la nouvelle donne qui circule sur son compte, il semble qu’Ousmane Sy veut changer d’avis.

Ousmane Sy gagné aussi par l’appétit politique ?

On ne peut s’empêcher de se poser la question, au regard du grand virage de plusieurs dégrés effectué par l’homme qui, de la Commune V du District, parachute désormais sur les falaises de son Bandiagara natal.

En effet, de sources dignes de foi, on apprend qu’à la faveur du renouvellement des structures du parti, Ousmane Sy est parvenu à se hisser à la tête d’un Comité. Mieux, la mise en place de la section étant toujours attendue, il est aujourd’hui le secrétaire chargé des questions électorales de la sous-section ADEMA de Bandiagara.

Mais connaissant l’homme, ce serait une surprise s’il ne devenait pas le Secrétaire Général de ladite section de Bandiagara. C’est qu’il ne va quand même pas effectuer le grand voyage en pays Dogon…pour rien.

Dans tous les cas, Secrétaire Général de la section de Bandiagara ou pas, importe peu pour Ousmane Sy, du moment que cela n’empiète pas sur ses vraies intentions : l’homme ne jurerait plus, dit-on, que par un poste au Comité Exécutif ADEMA. Gagnera-t-il son pari ? Toujours est-il que pour réaliser ce rêve, son choix pour Bandiagara (au lieu de la Commune V du District) se justifie.

En effet, dans sa conquête du CE-ADEMA, l’ex-ministre de l’Administration Territoriale préférerait éviter tout risuqe, avec le grand embouteillage que pourrait provoquer son passage en Commune V du District.

Et les pronostics risuqeraient de ne pas jouer en sa faveur, s’il devait tenter le coup à Bamako, avec un Boubacar Bah “Bill”, Secrétaire Général sortant de la section I qui entend sûrement rempiler, et un Moussa Alassane Touré, 1er secrétaire administratif du Comité Exécutif. Sans compter les arrivées massives dues aux nouvelles adhésions et fusions dans l’ADEMA.

Mais, si les uns et les autres se targuent de voir Ousmane Sy venir, pendant que certains lui attribuent des ambitions présidentielles, en Commune V, les adémistes s’étaient plutôt préparés pour lui régler ses comptes.

En effet, dans son ancien bastion de militant, Ousmane Sy fait l’objet de critiques aussi acerbes qu’on dit fondées. Et l’on n’y hésite plus à dire, à qui veut l’entendre, que l’ex-ministre de l’Administration Territoriale n’a ni la qualité, ni la trempe, encore moins le charisme requis pour un Président de la République.

Pis, on met même ses qualités de militant ADEMA en doute.

Et pour cause : du tiroir des archives, on brandit un fait qui place Ousmane Sy au rang de mauvais militant, voire en manque de civisme. Lors du premier tour de scrutin des législatives de 2002, l’ex-chef de la décentralisation aurait voté par procuration, tandis qu’au second tour du scrutin, il ne se serait même pas gêné pour bouder les urnes.

Conscient donc que le challenge lui aurait été difficile à relever en Commune V, Ousmane Sy auarait décidé de retourner au bercail, parmi les siens à Bandiagara. Comme pour dire qu’on n’est jamais mieux que chez soi.

Mais en politique, cela est loin d’être une vérité. Aussi, l’homme aura tout fait pour rectifier le tir, concernant sa tristement célèbre déclaration sur la limitation du mandat présidentiel qui à ses yeux, serait “anti-démocratique” .

Pourtant à l’ADEMA, on continue à soutenir que son bagage intellectuel ne l’autorise pas à tenir un tel propos. Un élément défavorable de plus à verser dans son dossier. Si bien que son transfert de la Commune V du District à Bandiagara vient après celui de Goulou Moussa Traoré en Commune VI qui s’est retrouvé à Kita. Ou encore celui de Ibrahima N’Diaye, un autre qui quitta la Commune VI pour Kayes.

Le fil conducteur de ces trois cas est quand même la même, face aux échecs : s’enfuir pour aller sauver la face ailleurs, avec la seule différence que les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des attentes.

Bon vent donc à Ousmane Sy, dont le départ semble déjà raté, car autant dans la Ruche que dans la rue, il fait donne déjà des sueurs froides : c’est la conséquence de sa facilité de langage : sa phrase “La limitation du mandat présidentiel est anti-démocratique” est passée par là.

Adama S. DIALLO

23 Mai 2008