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Après les élections générales de 2007, l’ADEMA-PASJ a déjà le regard tourné vers 2012. Et cela pour reconquérir le pouvoir perdu en 2002. Mais cette tâche ne sera possible que lorsque le parti Adéma récupère ses moyens humains. Il s’agit, en l’occurrence des militants et cadres qui ont quitté le parti d’une manière ou d’une autre. C’est pourquoi d’ailleurs, on annonce le retour des exilés politiques.

Il faut rappeler que les élections de 2002 ont provoqué une fracture au sein de ce parti. Le président Konaré, en terminant son second mandat constitutionnel, ne pouvait plus se représenter, donc il fallait un successeur.

LA CONVENTION

C’est ainsi qu’à l’époque, pour lui succéder, il demanda à ses camarades de chercher un candidat de consensus. Mais cette volonté de l’ancien numéro un du parti Adéma n’était pas conforme à une disposition statutaire. Autrement dit, les textes du parti étaient contraires à cette volonté. En effet, il avait été précisé lors du congrès extraordinaire de 2000 qu’une convention devait élire et investir le candidat du parti.

Et lorsque le président Konaré demanda de faire le consensus autour d’un candidat, il ne pouvait être entendu, puisque chacun voulait être ce candidat. C’est pourquoi aux primaires on a enregistré quatre candidatures à savoir celles du 1er vice président M. Soumeylou Boubèye Maïga, du 2ème vice-président M. Iba N’Diaye, du 3ème vice-président M. Soumaïla Cissé et de Mandé Sidibé. Mais ce sont les 1er et 3ème vice-présidents qui se sont retrouvés à la convention nationale, les deux autre ayant désisté.

COMMENT LA DECHIRURE EST INTERVENUE

Bien que Soumaïla soit investi lors de la convention nationale, il sera boycotté par un certain nombre d’entre eux, notamment le groupe des dix qui soutenait l’idée du consensus. C’est à cause de leur malentendu que ATT est sorti grand gagnant avec son élection aux présidentielles 2002.

Et après les élections M. Soumaïla et amis mécontents, ont claqué la porte du parti Adéma pour créer l’Union pour la République et la Démocratie (URD). Et le congrès de janvier 2004 était attendu pour rectifier le tir afin de préparer les élections passées.

C’est ainsi que le CE est passé de 35 membres à 53. Tout cela pour caser les revenants qui étaient partis dans d’autres partis (RPM, MIRIA) et ceux qui avaient pris leur distances, les candidats hors jeux, qui avaient voté contre le parti Adéma.

On doit quand même souligner que le retour des uns et des autres a permis de sauver les élections communales de 2004, puisque le parti est sorti grand vainqueur avec environ 3 000 conseillers.

LA CONTESTATION DE L’OPTION DU CE

Mais en marge de ces péripéties politiques, une question était à l’ordre du jour à savoir l’Adéma présentera-t-il un candidat issu de ses rangs à l’élection présidentielle en 2007 ou soutiendra le président ATT ?

Si ce débat faisait rage au sein du parti par rapport à l’option à prendre, la septième conférence nationale de novembre 2005 a tranché la question. Car, elle a stipulé dans ses recommandations que le parti transformera son soutien politique en soutien électoral à ATT. C’est ainsi qu’on pouvait souligner que la cohésion retrouvée n’a été que momentanée.

Puisque les avis étaient partagés. Et cette décision de la septième conférence nationale a été contestée par certains camarades du parti qui pensent qu’il est inadmissible pour un grand parti comme l’Adéma de ne pas présenter un candidat à la présidentielle.

ADJ ET CONVERGENCE 2007

Pour d’autres, même s’il fallait soutenir ATT, on n’a pas mis la manière, c’est le cas des initiateurs de l’ADJ (Association pour la Démocratie et la Justice). Ce qui a d’ailleurs conduit Soumeylou Boubèye Maïga à lancer une association, Convergence 2007 pour devenir candidat aux présidentielles.

Si les indisciplinés de 2002 ont été amnistiés, les exclus après les présidentielles de 2007 et les rebelles doivent être intégrés lorsqu’on sait que le parti prépare les prochaines élections municipales qui sont un test pour 2012. Car, il est généralement établi que quiconque gagne les élections de proximité a la forte chance de l’emporter aux législatives et présidentielles.

PERSPECTIVES DU PROCHAIN CONGRES

Maintenant à la différence de 2007 où le parti a soutenu ATT, des voies s’élèvent déjà dans la Ruche en faveur d’une candidature sortie du rang du parti. Mais avant, le parti doit faire face à son prochain congrès prévu probablement en mai 2008.

Au cours de ce congrès, il sera certainement question du retour des exilés politiques, des rebelles qui ont pris leur distance, c’est-à-dire ceux qui avaient d’autres agendas différents de celui du parti à l’occasion des élections présidentielles passées.

En plus, au niveau des différentes structures à la base, des militants et cadres du parti qui étaient partis dans d’autres formations politiques sont en train de regagner le parti.

Un mouvement de retour qui amène certains à se demander si la reconstitution de l’Adéma originel n’est pas en cours. Dans tous les cas, dans la Ruche, le débat est engagé pour la refondation du parti. Le parti gagnera-t-il ce pari sans provoquer une autre cassure ?

Dado CAMARA

09 novembre 2007.