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Avec la fusion politique et la récupération de quelques “brebis égarées“, l’Adéma-PASJ tente, depuis quelque temps, de baliser le terrain pour la reconquête du pouvoi. Pour le président Dioncounda Traoré et ses camarades, le jeu en vaut certainement la chandelle. D’où l’aisance avec laquelle ils entreprennent aujourd’hui toutes ces initiatives, en vue de réunir toutes les conditions nécessaires pour favoriser leur ascension à Koulouba, à l’horizon 2012.

Cela est d’autant plus vrai que la machine a d’ores et déjà été activée en vue de réhabiliter le 1er vice-président Soumeylou Boubèye Maîga, déchu lors de la dernière assise du parti. En plus des contours qui ont été tracés pour la réhabilitation de Soumeylou Boubèye Maïga et d’autres membres du C.E., exclus par la dernière conférence nationale, le parti de l’ancien Président de la République, Alpha Oumar Konaré, n’a pas manqué d’oeuvrer pour devenir un centre d’intérêt pour certains partis qui éprouvaient des difficultés à garder une position stratégique sur l’échiquer politique national.

A la formation du gouvernement issu de la dernière élection présidentielle, le parti du président Dioncounda Traoré a été récompensé par la désignation de quatre de ses cadres au sein dudit gouvernement. Ce qui conférait ainsi beaucoup plus d’importance à cette formation politique qu’à n’importe quelle autre. Parti membre de l’ADP, l’Adéma-PASJ, tout comme plusieurs autres formations politiques, avait jugé utile de soutenir la candidature du Président Amadou Toumani Touré, pour un second mandat.

Dans cette même lancée, les responsables du parti de la Ruche se sont positionnés pour affirmer leur détermination à s’engager dans la bataille de 2012 et à la remporter surtout. Mais tous sont convaincus que cela passe forcément par le retour de l’unité et la cohésion au sein du parti. Car, selon certains cadres du parti, l’ancien Président Konaré, avant de partir, avait réuni tous les ingrédients nécessaire sen vue de faire régner des incompréhensions et malentendus entre les responsables du parti.

A l’Adéma, on était convaincu que cette stratégie d’Alpha visait tout simplement à un voeu de voir quelqu’un d’autre à la tête du pays, après son dernier mandat. Grâce aux actes qu’il a posés, une sorte de malheur s’est abattu sur le parti qui, malgré tout, est demeuré la première force politique du pays. En attestent les resultats que l’Adéma a récoltés aux élections législatives de 2007. Et déjà, le parti semble encore se positionner favorablement, pour les communales de 2009.

Pour ces échéances également, les cadres du parti ne doutent pas un seul instant de la victoire qui, affirment-ils tous, sera au rendez-vous. Mais le C.E. ne munimise pas du tout les enjeux de ces échéances, d’autant plus qu’il sait que la victoire à 2012 passe forcément par les résultats que le parti aura engrangés à l’issue des élections communales. De véritables empoignades en perspective donc, surtout quand on sait que des échéances électorales sont également attendues par toutes les sensibilités politiques du pays.

Mais malgré tout, à l’Adéma-PASJ, on est sûr de la victoire à l’issue du futur scrutin électoral, même devant la menace de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), tout comme d’autres formations également considérées influentes sur le champ politique. D’autres forces politiques représentatives -comme le Rassemblement Pour le Mali (RPM) présidé par Ibrahim Boubacar Keïta- n’entendent pas aussi se laisser faire.

En un mot, tous ces partis ont compris qu’une victoire de l’Adéma à ces communales de 2009 lui ouvre directement la voie pour remporter l’élection présidentielle de 2012. Or, si l’Adéma gagnait ces élections, ce serait la mort politique pour certains. Car dans le futur combat que le parti de l’Abeille sera appelé à mener, nul doute que tous les opportunistes verront leurs comptes réglés.

Pris de panique, certains opportunistes ne souhaitent plus le pouvoir revienne à une formation politique. Déjà, des manoeuvres auraient commencé pour favoriser l’avènement d’un autre indépendant au Mali. Ceux qui orchestrent ces manoeuvres pensent qu’une fois l’Adéma ou un autre parti au pouvoir, il faut s’attendre à une chasse aux sorcières. Car nombreux sont ceux qui, parmi eux, jouissent de nos jours d’une promotion qui n’est pourtant pas méritée.

Avec l’accession du Président Amadou Toumani Touré à la magistrature suprême, beaucoup avaient retourné leurs vestes pour porter le manteau du Mouvement Citoyen. Cette situation avait été décriée par la classe politique qui en a été la principale victime. Les intérêts personnels ont pris le dessus sur l’idéal pour lequel tous les camarades politiques se battaient.

A à un moment donné, la lutte s’était terminée dans la trahison, dit-on. C’est que chacun pensait qu’il sera mieux récompensé en se réclamant d’ATT plutôt que d’une quelconque formation politique. “Il faut être Mouvement Citoyen pour prétendre être dans les bonnes grâces du pouvoir“. Cette pensée était devenue celle de tout le monde. C’est peut-être pourquoi, ces derniers moments, plusieurs partis politiques ont subi des désertions en leur sein au profit de groupuscules se réclamant du Chef de l’Etat ou de quelques parrains du Mouvement Citoyen.

C’est toutes ces dérives que l’Adéma et d’autres partis veulent combatre pour se donner un sens et une essence. Car, dit-on, bien mal acquis ne profite jamais. L’espoir est donc que le changement se fasse, et que les acteurs politiques soient à présent conscients de leurs erreurs, pour ne plus accepter de tomber dans celles du passé. En tout cas, pour ce combat qui sera mené, le parti de Dioncounda semble avoir pris de l’avance.


Laya DIARRA

18 Juillet 2008