Partager

Prévu pour les 24, 25 et 26 Octobre 2008, le 4è congrès ordinaire de l’ADEMA-PASJ ne sera pas reporté. Le Comité Exécutif et la commission d’organisation sont à pied d’oeuvre pour les derniers réglages. Mais ce congrès risque de se tenir sans la participation de toutes les 55 sections du parti. Puisque le CE se dit prêt à ne pas accueillir au congrès des sections qui n’auront pas corrigé leurs bureaux, conformément aux textes du parti. Quelles sont ces sections à problèmes ? Combien sont-elles ?

Des sections dans le collimateur

En route pour le 4è congrès ordinaire de l’ADEMA-PASJ, le Comité Exécutif multiplie des réunions à son siège sis à Bamako-Coura. Cela se comprend si l’on sait que l’on est à une semaine de ces assises. C’est dire que le congrès aura bel et bien lieu aux dates indiquées. La commission d’organisation, elle aussi, se réunit régulièrement au siège du parti. Si tout est en train d’être mis pour aller à un congrès apaisé, l’arbre ne doit pour autant pas cacher la forêt.

En effet, l’affluence des barons du CE aux réunions -sur les 53 membres du CE, c’est à peine si 35 participaient régulièrement aux réunions- est loin d’occulter les tensions dans certaines sections, à cause des problèmes nés lors du renouvellement des organes des structures à la base. A part kita dont le renouvellement est prévu le 18 Octobre, et Kangaba dont le bureau vient d’être invalidé, toutes les autres sections ont leurs nouveaux bureaux.

Seulement, parmi ces sections renouvelées, certaines ne sont pas assurées de prendre part au congrès. Il s’agit des bureaux qui ont été mis en place, en violation flagrante des textes du parti. Et le Comité Exécutif, au cours de sa réunion du 14 Octobre 2008, a décidé de ne pas accueillir au congrès chaque section dont la mesure corrective ne lui est pas communiquée “dans les plus brefs délais et en tout cas, avant le dépôt de la liste des délégués” à ce congrès.

Pour que cette décision soit appliquée, une lettre est envoyée par le secrétaire général du Comité Exécutif aux secrétaires généraux des sections concernées. Il s’agit des sections de Kati, Gao, Tominian et Baraouéli. On apprend que San est corrigé. Comment? Au cours d’une conférence ou d’une réunion du bureau?…

En fait, ces sections ont, chacune, mis en place des bureaux dont l’effectif dépasse le nombre fixé par les textes. Cela est étonnant de la part des membres du CE envoyés comme superviseurs de ces conférences. Les textes sont clairs : chaque bureau de section ADEMA est composé de 35 membres, dont 33 élus en conférence de section et les deux autres, à savoir, le secrétaire général des jeunes et la présidente des femmes nommés après. Alors, de deux choses l’une : soit les superviseurs acceptent sciemment la violation des textes dans l’intention d’aider quelqu’un dans son complot, soit ils ignorent les textes. Ces barons méritent-ils leurs places dans le nouveau CE?

Les interprétations de la décision du CE

En apprenant cette décision du CE, chacun y va de son interprétation. Pour les uns, “la mesure corrective” veut dire qu’il faut “casser le bureau irrégulier mis en place pour être conforme aux textes”. Ce qui passe par la tenue d’une nouvelle conférence de section pour mettre en place le bureau, avant de choisir les cinq délégués au congrès. Selon eux, on ne saurait enlever du bureau des gens élus par une conférence. Pour le faire, il faudrait passer par une autre conférence de section pour régler le problème.

Par contre, pour d’autres, corriger conformément aux textes du parti,“ne veut pas dire reprise de la conférence de section”. Pour corriger le bureau, il faudrait diminuer l’effectif pléthorique pour avoir les 33 membres élus, sans passer par une conférence, à qui s’ajouteront les représentants des jeunes et des femmes. Car le bureau d’une section comprend 35 personnes; et une fois cette correction apportée, on choisit les délégués au congrès, mais cette fois-ci, en conférence de section.

Alors questions : Qui de ces deux tendances a raison? En demandant aux uns et aux autres de corriger leurs bureaux sans donner d’indication, le CE a-t-il arrangé la situation dans lesdites sections? Ceux qui convoqueront une nouvelle conférence de section, comme “mesure corrective” violeraient-ils les textes du parti ? Quid des autres qui se contenteront tout simplement de raboter leur bureau sans passer par une conférence?

Le complot de députés éventré à Gao

Parmi les sections sommées de corriger leurs bureaux, deux retiennent notre attention. La première est celle de Gao qui a une particularité. En effet, avant la conférence de section, toutes les sous-sections n’étaient pas renouvelées, car il restait celle de Sonni Ali Ber. Ce retard était dû aux velléités du député Abouzeidi Ousmane Maiga, accusé de torpiller la sous-section. En devenant majoritaire, son ambition serait de contrôler la sous-section pour les échanges municipales de 2009 et éventuellement, les élections législatives de 2012.

Malheureusement, les acteurs du complot politique dans la cité des Askia ont oublié que les textes de l’ADEMA fixent à 35 les membres du bureau de section. Mais ils avaient du mal à concilier leur volonté d’exclure ceux qui les gènent et aller avec tous les comploteurs.

C’est pourquoi ils étaient enfermés dans une chambre, dans l’un des quartiers populaires de Gao, sous la houlette de Assarid Ag Ambarcaouane, pour dresser une liste de 45 personnes. C’est cette liste qui sera lue à la conférence, au grand dam des exclus. Sadou Diallo a joué le jeu, car il est prêt à composer avec tous ceux qui seraient en mesure de l’aider à rester secrétaire général de la section.

Seulement, le complot n’a pas porté fruit, puisque le CE dit que les auteurs ont l’obligation de corriger le bureau, conformément aux textes du parti. Faute de quoi, la section ne sera pas accueillie au congrès.

N’est-ce là pas une défaite cuisante pour Assarid et son collègue député Abouzeidi Ousmane Maiga qui à tort ou à raison, se croit proche du président du parti, Dioncounda Traoré, que les autres à Gao?


La supercherie politique à Kati

Le bureau de la section de Kati avait été mis en place au cours d’une conférence contestée. Elle avait été supervisée par Moussa Alassane Touré, le 1er secrétaire administratif du CE. Il avait été appelé pour superviser, non pas par le Secrétaire Général sortant, Daouda Sacko, mais par le Secrétaire Général entrant, Diallo Dagnoko. Donc le superviseur n’avait été sollicité ni par le président du parti, ni par le secrétaire général du CE.

Ensuite, contrairement aux statuts du parti qui font état de 35 membres, dont 33 élus en conférence, plus le Secrétaire Général des jeunes et la présidente du mouvement des femmes, la conférence avait mis en place un bureau de 62 membres. Mais cette liste avait été falsifiée et remplacée par une seconde, déposée au CE par les soins du chef de cabinet Diallo Dagnoko, sans passer par une conférence ou la réunion de bureau. Alors qu’en déposant son rapport de supervision, le superviseur Moussa Alassane Touré, en plus de son PV, avait bien communiqué une liste de 62 membres.

Si la liste de 38 membres circulait un peu partout, à Kati, Dialla Dagnoko continuait de faire comprendre aux militants, qui ne cessaient de l’interpeller, que la liste des 62 restait toujours la seule valable. Or, ils ne sont pas nombreux, les membres du bureau qui ont encore vu cette liste.

Dans cette supercherie politique, Dialla Dagnoko qui, jusqu’ici, se faisait passer pour un homme de principe et respectueux de la procédure, a oublié qu’un document officiel de supervision d’une conférence de section ne doit comporter que la signature du superviseur et non celles du Secrétaire Général rentrant et du secrétaire de séance, car les deux sont électeurs et éligibles.

Malheureusement, c’est Diallo Dagnoko et Moussa Diaby, en leur qualité de SG et de secrétaire de Daouda Sacko, qui ont apposé leur signature en bas de la liste des 38 membres du bureau, en plus de celle du superviseur Moussa Alassane Touré. Est-ce un oubli, une méconnaissance ou un acte délibéré, avec la complicité du 1er secrétaire administratif du CE?

En tout cas, c’était la première fois que le secrétaire de séance se retrouve au poste de secrétaire politique du bureau. Sans oublier que sur cette liste de 38 personnes, 16 sous-sections sont exclues du bureau par Dialla Dagnoko et ses hommes de main, dont 21 membres, ainsi que les députés, 3 sont exclus par Diallo Dagnoko.

Que le CE demande de corriger ce bureau s’avère un désaveu infligé à tous ceux qui ont leurs noms mêlés à ce complot politique. On ne sait plus si les militants continueront de croire en des hommes qui étaient venus leur dire que le président du CE a dit ceci, alors qu’il n’en était rien.

Toutes les sections sommées de corriger leurs bureaux, conformément aux textes, prendront-elles au sérieux cette menace du CE?


Oumar SIDIBE

17 Octobre 2008