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Le congrès annoncé de l’Adéma-PASJ, qui devait se tenir en ce mois de Juillet, vient d’être reporté, pour la énième fois, au mois… d’Octobre prochain. Ce report, qui était prévisible -du moment que le planning élaboré à cette fin a été un peu bouleversé, avec les dernières adhésions dues au sabordage de certains partis fondus dans le parti de la Ruche- suscite aujourd’hui des interrogations.

En effet, y aurait-il un rapport entre le décalage de la date du congrès et les vagues d’adhésions engrangées par le parti, ei qui aura poussé les responsables ruchers à revoir le calendrier de renouvellement des structures de base? Si oui, n’est-ce pas là l’évidence d’un problème à l’interne?

Toujours est-il que sur les 55 sections que compte le parti, le quart de ces structures ne sont pas encore renouvellées. Il y a même des clashs en certains lieux, à l’image de Kati et de Kita. Et des velléités non encore élucidées mineraient le parti en certains endroits, au point de polluer les rapports entre les militants.

Un combat de légitimité entre trois tendances : ceux qui, depuis la création du parti, sinon depuis leur adhésion au parti, y sont toujours; ceux qui étaient partis tenter leur chance ailleurs, pour revenir ensuite, insatisfaits; et ceux qui viennent juste d’arriver. Ce combat de légitimité est renchéri par certains caciques de l’Adéma, au point de prendre le dessus sur les principes fondamentaux du parti.

Et les reponsables du Comité Exécutif ont beau affirmer qu’à l’Adéma, il n’y a pas de militants de premier ou de deuxième dégré, des esprits malins trouveront toujours de quoi faire révolter les militants. Ainsi, la situation est telle qu’on pourrait plaindre les responsables de l’Adéma. Est-ce donc à dire alors, comme dirait l’autre, après la pluie et le beau temps vient… le temps de boire le calice jusqu’à la lie?

En effet, que de joie, souvent de fanfaronnades et de vantardises ont été manifestées par les responsables ruchées en accueillant, à bras ouverts, ces partis politiques qui ont préféré enterrer, pour de bon, leurs idéaux et convictions pour le Mali ! Aussi, beaucoup d’observateurs se demandaient vers où toutes ces subites amours pour l’Adéma pourraient bien mener.

Le parti saura-t-il gérer toutes ces nouvelles adhésions? Les responsables de l’Adéma ont-il à gagner dans ce brusque regain d’intérêt pour le parti de la Ruche? Une hémorragie due à une “hypertension artérielle ” (comme l’a dit Tiébilé Dramé), c’est-à-dire structurelle, n’est-elle pas à craindre au sein du parti? Telles furent, en son temps, les quelques interrogations soulevées par les observateurs.

Le fait qu’on est loin de la moitié des structures de base renouvellées. La décision du report du congrès n’est-elle donc pas un signe annonciateur de secousses à l’Adéma? Dans ce cas, n’est-on pas en droit de craindre l’asphyxie générale avant le congrès d’Octobre prochain? De toutes les façons, le pire est à craindre, surtout pour un parti qui ne jure aujourd’hui que par sa victoire, et aux communales de 2009, et à la présidentielle de 2012.

Cela est d’autant plus pertinent qu’avant celle de ces échéances, la première manche du combat à gagner par l’Adéma passe par le bon déroulement du congrès : dans le calme, la sérénité et l’unité retrouvée. Dans ce cas, dormir sur ses lauriers, ou rester calfeutré dans l’aisance et la facilité ne sauraient plus être pardonnés à Dioncounda et ses camarades, qui feraient mieux (pourquoi pas?) d’envoyer vite sur le terrain des missions de sensibilisation, d’information, de conciliation, ou de bons offices. Et cela, pour espérer voir leur rêve devenir réalité en 2012.

Adama S. DIALLO

09 Juillet 2008