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Au cours de sa réunion tenue mercredi dernier à son siège à Bamako-Coura, le Comité exécutif de l’Adéma-Pasj a décidé de lever les sanctions contre Soumeylou Boubèye Maïga, Issa Diarra, Binta Yatassaye, Oumar Ag El Mehdi et Ibrahim Kantao. Ces militants sont appelés à rejoindre leurs postes respectifs dans la Ruche. Des lettres, selon nos sources, leur seront adressées pour leur signifier la décision.

Cette mesure fait suite aux résolutions issues de la 9ème conférence nationale du parti tenue le 15 mars au Centre international de conférences de Bamako. Après avoir exprimé toute sa satisfaction suite aux nouvelles adhésions massives au parti, la conférence nationale avait donné mandat au Comité exécutif pour examiner le dossier de réintégration dans le parti des militants et anciens responsables ayant fait l’objet de sanctions lors des assises de la 8ème Conférence nationale qui en exprimeront le désir.

Une lettre circulaire devait être envoyée à toutes les sections dans ce sens et la Commission centrale de contrôle administratif et de gestion des conflits avait été invitée à trancher les cas en instance. Elle avait, de même, recommandé aux structures de base de poursuivre des actions politiques tendant à enregistrer de nouvelles adhésions dans le parti et d’entreprendre le renouvellement dans le calme, des organes de base du parti (comités, sous-sections, section). La conférence nationale avait, aussi, recommandé d’organiser, à tous les niveaux, des activités politiques afin de consolider la mobilisation des militants du parti.

Le député Oualy Diawara de l’Adéma-Pasj que nous avions interrogé dans les coulisses, le jour de la tenue des assises de la 9ème conférence nationale, avait déjà annoncé que le cas des militants sanctionnés devait être examiné. Car, a-t-il ajouté, ils avaient hâte que ce problème soit réglé.

M. Diawara avait précisé que les questions relatives à la levée des sanctions infligées à Soumeylou Boubèye Maïga- qui n’est pas n’importe qui dans le parti, avait-t-il ajouté et à certains de ses camarades – seraient vivement débattues au cours de ces assises. “Le retour de Soumeylou sera vite bien accueilli”, avait affirmé le député en expliquant qu’il y avait un élan général dans le parti pour lever les suspensions.

La conférence nationale, a indiqué M.Oualy Diawara, était souveraine pour décider de la levée des sanctions. D’ailleurs, avait-il ajouté, c’est lors de la 8ème conférence nationale que leurs camarades avaient été suspendus. L’avis de Dioncounda Traoré était plus nuancé. Il avait parlé de “camarades sanctionnés pour avoir posé des actes qu’eux-mêmes reconnaissent aujourd’hui comme incompatibles aux textes et qui sont des erreurs de leur part”.

Dans le souci d’élargir la base politique et électorale, avait-t-il souligné, le parti, dans une logique de dialogue et de pardon, est prêt à reconsidérer les sanctions pour ceux qui manifestent leurs désirs de revenir dans la famille. Pourtant, ce jour là, dans la salle, au cours de la cérémonie d’ouverture, des voix discordantes s’étaient fait entendre contre la levée des sanctions.

Certains avaient même déclaré que les indisciplinés devaient être exclus. On peut dès lors parler de victoire de Soumeylou Boubèye Maïga et de ses camarades puisque les sanctions ont été levées sans qu’ils soient tenus d’envoyer des lettres expliquant leur volonté de revenir dans la Ruche. Au contraire, c’est le C.E. qui s’engage à leur adresser des courriers leur notifiant la levée de leurs sanctions.

Au demeurant, leur suspension n’a entraîné aucune mesure tendant à les déchoir des postes qu’ils occupaient au sein du parti. En fait, par cette levée des sanctions, le C.E. a-t-il voulu couper la poire en deux ou tout simplement reconnu la justesse de la position des militants suspendus ? La question est diversement interprétée dans la Ruche.

En décidant de ne pas soutenir la candidature d’Amadou Toumani Touré, Soumeylou Boubèye et ses camarades étaient en parfaite harmonie avec les statuts et règlement intérieur du parti mais en présentant leur candidature à l’élection présidentielle sans l’aval des instances du parti, ils enfreignaient aux règles de discipline de l’Adéma. Par cette levée des sanctions, on peut dire que le C.E. a coupé la poire en deux. C’est donc la thérapie des torts partagés.

Le président de l’Adéma-Pasj avait signalé, au cours de la 9ème conférence nationale, qu’ils avaient entamé le diagnostic de l’état du parti qui a traversé plusieurs crises depuis le congrès de 1994 – qui a vu la naissance du MIRIA – et d’autres qui ont abouti à la création du RPM et de l’URD. Le travail fractionnel et les actes d’indiscipline au sein de la Ruche, avait-il laissé entendre, avaient créé un déficit de confiance qui a poussé des militants à se réfugier au Mouvement citoyen.

Le nouveau programme ambitieux du Comité exécutif entend retourner aux valeurs fondatrices de l’Adéma-Pasj pour en faire un parti de militants qui maîtrise son programme. C’est pourquoi, avait-t-il soutenu, le Comité exécutif a commandité des missions dans les structures de base pour préparer le congrès de la refondation.

Baba Dembélé

04 avril 2008.