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Initialement prévu entre le 1er Avril et le 31 Mai 2008, les délais de renouvellement des organes des structures de l’Adéma à Daoudabougou viennent d’être reportés jusqu’au 30 Juin 2008.
Une manière, pour le Comité Exécutif du parti, de permettre aux revenants et aux nouveaux adhérents de participer à ces différents renouvellements. Mais à Daoudabougou, les choses tardent à se dessiner, et pour cause : au sein de la section et de la sous-section, le cas d’Ibrahima Dioné divise.

Comme on le sait, depuis un certain temps, on assiste à une ruée vers le parti de l’Abeille. Ce regain d’intérêt pour le parti, du à l’arrivée de ces personnes, crée du coup un embouteillage monstre au niveau des différentes structures du parti à la base. Pourtant, il y a la nécessité de tenir compte des renouvellements, et cela, dans le delai imparti.

Il ya quelques mois, l’Adéma vient d’accueillir des cadres et militants en provenance de l’Union pour la République et la Démocratie (URD). Mais depuis l’annonce officielle de l’arrivée de M. Ibrahima Dioné à l’Adéma, des divergences ont surgi au sein de la sous-section de Daoudabougou où il habite.


Les hostilités déjà ouvertes

Connaissant le poids et la valeur de Ibrahima Dioné à Daoudabougou, les responsables de la sous-section ont commencé à manifester leur désaccord.Aussi, connaissant parfaitement la popularité de l’homme, ces responsables ont vite fait de renouveller les instances de ladite sous-section, sans la supervision du Comité Exécutif du parti.

Pourtant, l’arrivée de M. Dioné était sous-tendue par une condition sine qua non : il devait être à la tête de la présidence de la sous-section. Du coup, l’enthousiasme suscité par l’annonce de l’arrivée de Ibrahima Dioné et ses partisans semble se buter sur la volonté de ceux qui, jusqu’ici, sont restés fidèles au parti.

Parmi eux, il y a certains qui entendent intégrer les organes des structures, et ce, pour la première fois, car ils étaient toujours restés de simples militants.

D’autres, à défaut de pouvoir se maintenir à leurs postes, sont prêts à rester coûte que coûte dans les différents bureaux de comités, de sections ou de sous-sections, quelles que soient les places qu’ils y occuperont. C’est donc à de féroces batailles de positionnement qu’on est en train d’assister à Daoudabougou. Or, après ses attentes non comblées au CNID puis à l’URD, Ibrahima Dioné entend relancer sa vie politique au sein du parti des Abeilles.

L’actuel premier Adjoint du Maire de la Commune V avait démarré sa carrière politique au sein du CNID. En effet, de 1992 à 1994, M. Dioné a été Maire de la Commune V sous les couleurs du parti du Soleil levant, avant de tomber en disgrâce. Abandonné et lâché par les responsables du parti, Ibrahima Dioné décida de quitter le CNID pour rejoindre le parti de Soumaïla Cissé, l’URD.

En 2004, grâce à sa popularité, il parvient à s’y faire élire conseiller municipal, et mieux, premier Adjoint du Maire. Mais malheureusement pour lui, il sera victime des querelles de leadership. Pour n’avoir pas été retenu sur la liste URD, Ibrahima Dioné, s’estimant trahi, claquera la porte de ce parti, et cela, à la veille des législatives de 2007.

Malgré tout, il décidera de se présenter sur la lsite RPM-MIRIA- RPJ qui arrivera 3e derrière les listes ADEMA-CNID-URD et MPR-PDR. Après ces élections, tous les observateurs politiques avaient cru qu’Ibrahima Dioné allait créer son propre parti.

Certaines rumeurs avaient cependant fait croire que l’homme allait retourner au CNID ou à l’URD. “Je ne retournerai jamais ni au CNID, ni à l’URD ,pour ma dignité et mon honneur. Pour le moment, je n’ai pas choisi de parti ; mais le moment venu, chacun sera informé”, avait-il déclaré, coupant court à toutes ces rumeurs.

Nos informations font ressortir que la sous-section de Daoudabougou compte uniquement cinq comités. Alors qu’à Kalaban Coura, Sabalibougou et les autres quartiers de la Commune V, il en existe environ une vingtaine. Pour combler cet écart, Ibrahima Dioné et ses partisans ont suggéré la multiplication des comités jusqu’à dix-sept. Ce qui n’a pas été du goût des responsables de la sous-section, qui sentaient ainsi la présidence leur échapper.

En fait, l’objectif d’Ibrahima Dioné serait de pouvoir déloger le Maire, M. Demba Fané, lors des élections communales prochaines de 2009. Pour cela, il lui faut la présidence de la sous-section. Mai selon nos sources, grâce à l’intervention de la section et de son Secrétaire Général, M. Boubacar Bah “Bill”, tout est en train de rentrer dans l’ordre. Ainsi, comme prévu, les renouvellements seront effectués d’ici le 30 Juin 2008.

Selon nos sources, si Ibrahima Dioné est parvenu à imposer ses idées au sein du parti de l’Adéma, un autre problème l’attend, par rapport à sa transhumance politique. En effet, certains de ses militants n’ont pas apprécié sa façon de passer d’un parti à un autre. “Nous sommes fatigués d’être trimballés à chaque élection . Cela nous prouve que Dioné défend uniquement ses intérêts. En tout cas, nous, on n’est pas prêts à le suivre dans sa nouvelle conquête”, a déclaré un des militants, découragé.

Et un autre, d’enchaîner : “On était au CNID, puis à l’URD, puis au MIRIA, puis au PDR. Aujourd’hui, on veut nous amener à l’Adéma. Cela n’est pas à notre honneur et à notre crédibilité. Que Dioné comprenne que trop, c’est trop”. Comme on le constate, Ibrahima Dioné a donc beaucoup de chemin à parcourir avant de voir le bout du tunnel.

Sadou BOCOUM

23 Juin 2008