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En 18 ans de vie, l’Alliance pour la démocratie au Mali/Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma/PASJ) n’a pas connu que des hauts. Elle a aussi traversé plusieurs zones de turbulences.

L’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma) existe depuis 18 ans. En effet, c’est le 25 octobre 1990 que l’association a été mise sur les fonts baptismaux. Dix-huit ans après, il est bon de faire un regard rétrospectif des grands moments qui ont émaillé la vie de ce parti.

Grand par son nom et par son implantation sur tout le territoire et même à l’étranger, le parti de l’Abeille a connu des hauts et des bas. Comme aime à le dire un vieux routier de la scène politique, l’Adéma, c’est le seul parti où toutes les couches militent. Et de poursuivre : « L’Adéma qu’on le veuille ou non, c’est le vrai des varis ».

L’Adéma/PASJ est une organisation politique nationale à vocation africaine qui ambitionne d’être un parti de militants patriotes et démocrates résolus. Elle regroupe des opposants à la dictature du général Moussa Traoré, alors président de la République.

Cette association regroupait des militants de différentes formations : l’Union soudanaise/Rassemblement démocratique africain (US-RDA), parti de l’ancien président Modibo Kéita, suspendu à la suite du coup d’Etat mais qui continuait ses activités dans la clandestinité, le Parti malien pour la révolution et la démocratie (PMDR), le Parti malien du travail (PMT), d’obédience marxiste-léniniste, le Front démocratique et populaire malien (FDPM), composé essentiellement d’opposants maliens résidant à l’étranger et d’exilés politiques.

Elle regroupait également des militants ne faisant partie d’aucune formation politique. Le 25 mai 1991, alors que le régime de Moussa Traoré était déjà renversé par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré, l’Adéma se transforme en parti politique et prend le nom de Adéma/Parti africain pour la solidarité et la justice.

En 1992, le parti remporte les élections législatives de février et mars (76 sièges sur 116) et son candidat Alpha Oumar Konaré est élu président de la République le 26 avril 1992. Le parti dominera la scène politique malienne pendant dix ans. En 1997, Alpha Oumar Konaré est réélu alors que l’opposition a boycotté l’élection.

La fin du second mandat d’Alpha Oumar Konaré est marquée par des divisions pour la succession du président. Ibrahim Boubacar Kéita quitte l’Adéma/PASJ en octobre 2000 avec une partie des militants pour former le Rassemblement pour le Mali (RPM). Mandé Sidibé, ancien Premier ministre, quitte également le parti pour se présenter à l’élection présidentielle.
En mai 2002, Soumaïla Cissé a été le candidat officiel de l’Adéma/PASJ.

Arrivé second au 1er tour, il est avec 35,65 % des voix, battu au second tour par Amadou Toumani Touré. Il quitta le parti juste après les élections et crée un nouveau parti, l’Union pour la République et la démocratie (URD).
Aux élections législatives d’août 2002 l’Adéma/PASJ se maintient comme première force politique du pays en obtenant 51 députés. Il a obtenu environ 28 % des voix aux élections communales du 30 mai 2004.

Sa devise est « Travail, Solidarité, Justice » et son symbole, l’Abeille. Son président est Dioncounda Traoré. Le 1er vice-président est Soumeylou Boubèye Maïga. Alors que l’Adéma a décidé de soutenir la candidature probable d’Amadou Toumani Touré à l’élection présidentielle de 2007, Soumeylou Boubèye Maïga décide de se présenter.

Lors de la conférence nationale des 24 et 25 février 2007 les délégués votent l’exclusion de Soumeylou Boubèye Maïga et de plusieurs de ses sympathisants : Issa Diarra, Ibrahima Kantao, Binta Yattassaye et Oumar Ag El Méhidi.

L’Adéma/PASJ est membre de l’Internationale socialiste.
Le congrès ordinaire qui s’ouvre ce matin aux yeux des observateurs est celui de la maturité.

Amadou Sidibé

24 Octobre 2008