Partager

Dans le cadre du lancement de la campagne électorale des législatives, le maire du District, Adama Sangaré, candidat de l’Adema aux législatives en commune III, a accordé une interview au Prétoire, dans laquelle il explique sa motivation, ses chances et la situation des dissidents des rangs de l’Adema.

Le Prétoire : Votre liste vient d’être validée dans le cadre des législatives du 24 novembre. Peut-on connaitre les motivations de votre candidature ?

Adama Sangaré : Nous rendons grâce à Dieu par rapport à la validation de notre candidature. Tous les militants de l’Adema, les leaders de la société civile de la commune III qui ont souhaité et accompagné cette candidature trouvent ici l’expression de ma profonde gratitude. En 15 ans de mouvement municipal, on apprend beaucoup de choses, et on acquiert beaucoup d’expérience dans le cadre de la gestion de proximité.

On voit notamment les forces et les faiblesses de la décentralisation. Notre expérience de 10 ans en commune III, qui s’est prolongée à la Mairie du District, nous a permis d’avoir la certitude que la décentralisation peut faire développer le pays, en général, et des collectivités, en particulier. Il y a une semaine, à travers les états généraux, les limites que nous avons vues et vécues sont en train d’être corrigées.

Nous sommes persuadé qu’avec l’expérience acquise à la base, on peut remonter certaines difficultés, partager certaines perspectives de créations nouvelles des textes avec les collègues députés pour appuyer les efforts des élus locaux.

Nous disons que face au mandat local, on peut avoir un mandat national pour consolider ces acquis. Dans la mesure où le parti a passé deux mandats législatifs sans parvenir à avoir de député en commune III, la conférence de section de l’Adema a décidé que compte tenu de mon expérience, je peux relever le défi. C’est donc un challenge que j’ai accepté.

Avec l’accompagnement de tous les militants et toutes les populations de la commune ainsi que celui de la presse, nous pourrons relever le défi.

Quelles sont vos chances face à d’autres candidatures non négligeables telles que celles de l’URD, Boubacar Sidiki Samaké, et la députée sortante, Safiatou Traoré ?

Safiatou est ma sœur, Boubacar, un frère, tous des notables de la commune III vis-à-vis desquels j’ai beaucoup de respect. Nous souhaitons que le meilleur gagne ! Ceci, étant, je tiens à souligner que l’Adema est un parti bien structuré en commune III, je pense que cela est une chance. Nous avons 12 sous-sections, 35 comités, un mouvement de femmes, un mouvement de jeunes, nous travaillons beaucoup avec la société civile, les organisations non gouvernementales, les associations caritatives.

Comme je le dis, un parti comme ça a naturellement des relais au niveau de la distribution et de la supervision, cela est une chance. En plus, le logo de l’ADEMA, à savoir, l’abeille, le rouge et le blanc sont des visualités auxquelles les populations sont habituées. Cela aussi est une chance. Les 15 années d’expérience faites au niveau de la municipalité m’ont permis de rester en proximité avec 80% des populations de ma commune, cela constitue aussi une chance.

Je suis présentement en train de saluer les chefs de quartier, les imams, les leaders qui m’ont déjà vu à l’œuvre. Toutefois, je pense que la politique, c’est un sport. Nous partons en compétitions, nous comptons gagner. Nous comptons sur la mobilisation non seulement des militants de l’Adema, mais aussi des partis comme les Fare, le Cnid. Depuis 15 ans, nous travaillons avec le Parena et nous comptons sur ses voix. Tout compte fait, nous allons respecter les résultats quels qu’ils soient.

Parallèlement à votre candidature qui est celle de l’Adema, on enregistre des dissidences dont celle de l’actuel maire de la commune III, Abdoul Kader Sidibé. Ne pensez-vous pas que cette situation fragilise le parti ?

Je suis parfaitement d’accord avec vous que rien que la seule voix de Kader va nous manquer, rien que la seule voix de Salif Sissoko et celle de Mamadou Diallo vont nous manquer. C’est vraiment déplorable.

Car le candidat de l’Adema a été le premier candidat désigné à la suite de notre conférence de section. Notre candidature a été validée en avril 2013 parce que le 1er tour des législatives couplait avec le 2ème tour de la présidentielle. Lorsque le Comité exécutif nous a envoyé une correspondance, les 12 sous-sections ont fait leur conférence de sous-section.

Mon grand frère Kader a fait trois fois des conférences de sous-section au niveau de sa base, mais ça n’a pas passé. Ils ont amené les armes blanches. Ça été réellement une situation déplorable. Et nous sommes partis à la conférence de section. Il y avait 9 candidats, car les sous-sections de Samé, Sirakoro Dounfing et Kouloniko n’avaient pas de candidat. Badialan II est la seule sous-section qui n’a pas pu se réunir à la suite de problèmes internes.

Au-delà de la candidature du jeune Mamadou Diallo, les autres candidats ont reporté leur voix sur le secrétaire général de l’époque, qui était le candidat. Ce qui a fait qu’on est allé au vote lors duquel un candidat a été désigné. Je ne comprends pas la candidature de mon grand-frère Abdoul Kader Sidibé, mais il a des explications, peut-être il sait pourquoi il est candidat. Si on avait les moyens pour l’éviter, on l’aurait fait.

Comme vous le dites, une voix de moins est toujours un manque à gagner pour le parti. Mais j’ai souhaité au niveau de la section qu’on n’aille pas à une procédure judiciaire, qu’on écrive au comité exécutif pour que les textes soient appliqués par rapport à ses différents camarades. Salif Sissoko, un élu de la commune, a démissionné du parti. Mamadou Diallo et Kader n’ont pas démissionné, ils ont déposé des candidatures indépendantes, c’est vraiment déplorable.

Il y a une seule place à pourvoir en commune III, est-ce que vous êtes seulement le candidat de l’Adema ou de toute la commune car vous êtes crédité d’un bon bilan social. Comptez-vous sur d’autres voix pour relever le défi ?

Je compte sur l’ensemble des populations. Je vous ai dit que ça me fait 15 ans de vie municipale, ce qui voudrait dire beaucoup d’actions de proximité, de contacts et de collaboration avec la société civile. Naturellement, j’invite toute la population, toutes les associations, tous ces leaders et les ONG avec lesquelles nous avons travaillé à partager notre projet de société afin que nous puissions davantage contribuer au mieux-être de nos populations.

Quels sont vos rapports avec les autres candidats sortis des rangs de l’Adema ?

Sur les 18 candidats en commune III, au-delà des trois de l’Adema, je ne connais que quatre candidats. J’ai les meilleurs rapports avec tous les candidats. Kader demeure un grand-frère, Salif Sissoko, dit brillant, est un ami, Mamadou Diallo est un fiston, et on a les meilleurs rapports sociaux. Mais ils ont des ambitions que je respecte. Je pense que cela permettrai aux un et aux autres de savoir ce que vaut le parti.

Ne croyez-vous pas que derrière les soucis judiciaires auxquels vous faites face se cache une main politique ?

Je n’ai pas la preuve de cela. Je fais confiance en la justice du pays et j’espère que le droit sera dit.

Politiquement, vous êtes considéré comme un élément qui dérange par votre notoriété. La preuve, on vous a incarcéré à la veille de la présidentielle pour que vous ne soutenez pas un candidat. Et on a tout fait pour que votre candidature ne soit pas retenue au compte des législatives du 24 novembre. A-t-on peur de vous où qu’est-ce que vous représentez comme danger sur l’échiquier politique ?

Je fais confiance en la justice de mon pays. Je souhaite que personne ne connaisse de tels ennuis judiciaires. Je pense que le droit sortira grandi de tout cela.

N’êtes-vous pas inquiets par rapport à la crédibilité du scrutin d’autant plus que le parti au pouvoir (RPM) ambitionne de placer ses hommes un peu partout ?

Je pense qu’il faut être positif. Si cela était le cas, je ne pense pas que le RPM allait accepter une alliance quelle qu’elle soit. Quant vous regardez les listes, le RPM est en alliance avec beaucoup de partis. Cela signifie qu’il veut des hommes crédibles pour l’élaboration des textes pour le bien-être des populations. Dire réellement que le pouvoir en place va tripatouiller ou faire ceci ou cela, je ne crois pas. Je fais confiance aux institutions, et je suis certain que les militants et les électeurs feront la différence.

En cas de ballotage, si vous ne parvenez pas à passer dès le 1er tour, est-ce que vous envisagez des stratégies d’alliances. Si oui, lesquelles ?

Monsieur, je vous ai dit que la politique est un sport, nous partons pour gagner, mais si nous perdons nous accepterons. Si, par extraordinaire, nous devons être au second tour, nous verrons quels sont les alliés de l’Adema sur le plan local, et verrons ce qu’il y a lieu de faire.

Nous souhaitons que votre journal, « Le Prétoire», nous accompagne jusqu’au bout. Je suis très confiant dans la mesure où mon parti est le mieux structuré de la commune. Ce ne serait pas un miracle, mais je dirais plutôt un tsunami que nous soyons au second tour. Car, depuis les élections de 2009, les choses ont changé. Il y a 10 ans, l’Adema n’avait que 8 ou 9 élus au niveau de la municipalité. Nous avons aujourd’hui 19 élus municipaux, donc les choses ont positivement changé.

Un appel à l’endroit des populations de la commune III ?

Avec l’ouverture de la campagne, je lance un appel à toutes les forces vives de la commune III pour soutenir le candidat de l’Adema, qui a non seulement de l’expérience, mais parce qu’il est resté aux côtés de la population et a assez travaillé pour l’épanouissement de celle-ci. Cet appel est aussi valable pour la presse pour faire élire un candidat capable de contribuer à la consolidation des acquis démocratiques et la promotion de la paix dans notre pays.

Réalisée par

Oumar KONATE

Le Prétoire du 04 Novembre 2013