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Cette science assure la prise en charge de pathologies du tissu mou du système nerveux en particulier.Lapalisse ne dirait pas mieux. La médecine chinoise est citée en référence dans le monde. A juste raison les malades lui prêtent de nombreuses vertus thérapeutiques.

La Chine dispose de la technologie de pointe pour soigner et des compétences dans les différentes disciplines médicales. Mais au-delà de la médecine conventionnelle, le géant asiatique, première puissance démographique du monde, fait aussi autorité dans la médecine traditionnelle. La médecine traditionnelle chinoise repose sur cinq branches.

jpg_acunpunture.jpgCe sont la diététique chinoise, la pharmacopée chinoise (herbes médicinales), le massage (Tui Na), les exercices énergétiques (Qi Gong et Tai-chi) et l’acupuncture. Le praticien Famouké Traoré, est acunpucteur au centre hospitalo- universitaire de Kati. Il explique que l’acupuncture est une technique basée sur l’implantation d’aiguilles spécifiques dans les différents méridiens.

Les méridiens désignent les points de fixation des aiguilles dans le corps, selon l’expression consacrée. Les spécialistes précisent aussi que l’apposition d’aiguilles a pour but d’harmoniser, d’équilibrer toutes les fonctions de l’énergie.

L’acupuncture a acquis droit de cité dans notre pays, notamment, au centre hospitalier-universitaire (CHU) de Kati, depuis plus de trois décennies. Au tout début, seuls les praticiens chinois avaient les compétences requises. Aujourd’hui dans le cadre de la coopération sino-malienne et du transfert des compétences, deux de nos compatriotes ont pu maîtriser cet art. Ils s’emploient à assurer, en collaboration avec un médecin chinois, une prise en charge de certaines pathologies à travers l’acupuncture.

L’un des deux maliens formés Famouké Traoré reçoit quotidiennement dans son unité des malades en rééducation après une attaque cérébrale comme dans les cas d’hypertension artérielle (HTA), d’hémiplégie, la paralysie de la moitié du corps. L’acupuncture a fait ses preuves. Elle permet d’assurer une prise en charge de pathologies du tissu mou du système nerveux en particulier . Après une séance, les malades se sentent plus soulagés. Cet état de fait explique peut être le fait que ceux-ci continuent de se bousculer aux portillons de l’unité d’acupuncture.

Les statistiques données par notre interlocuteur créditent cette thèse. En 2009 par exemple, elle a réalisé plus de 7 162 consultations. Ces statistiques intègrent tous les patients venus de différentes régions du pays. L’hôpital en plus d’être un établissement de 3è niveau de référence en traumatisme, demeure également un hôpital de 2è niveau dans le domaine de l’acupuncture. Mais il faut préciser que dans notre pays, Kati reste l’établissement hospitalier de référence en la matière. Il utilise à merveille cette technique pour soulager les malades.

La séance d’acupuncture coûte 1000 Fcfa. Le dicton enseigne qu’ « il vaut mieux aller au boulanger qu’au médecin », c’est-à-dire que le médicament coûte plus que la nourriture. Mais ce tarif du traitement n’est pas un handicap insurmontable pour le Malien moyen qui a recours à l’acupuncture. Les spécialistes rappellent que la séance d’acupuncture dure environ trente minutes.

L’unité d’acupuncture de Kati, accueille en moyenne plus d’une quarantaine de patients par jour avec parfois un pic de 60 voire 70 malades. Il ressort des explications fournies par Famouké Traoré, que les malades qui y ont recours ont parfois une peur bleue des aiguilles spécifiques de l’acupuncture.

Une autre réalité est d’avoir une bonne maîtrise de la technique. Elle requiert véritablement une précision diabolique. Admettons le, l’acupuncture est loin d’être une chose banale. Le directeur général par intérim de l’hôpital de Kati, le Dr Alioune Doumbia, relève que l’acupuncture vient en appoint dans les soins contre certaines pathologies dont celles du tissu mou, le système nerveux.

Cette technique agit sur tous les organes. La pratique de l’acupuncture par des maliens au CHU de Kati constitue un motif de fierté. L’administration hospitalière entend consolider les acquis. Elle accomplit des efforts pour continuer à soulager les malades dans de nombreuses disciplines médicales ou chirurgicales.

Bréhima Doumbia

L’Essor du 08 Juin 2010.