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Son corps criblé de balles a été retrouvé à 10 km de Aguelhoc. “Sidi Mohamed Ag Metky est un digne fils du Mali. Il est mort pour ses convictions, pour la patrie… », nous a confié un haut gradé de l’armée malienne.

Sidi Mohamed Ag Metky, un viel homme d’une cinquantaine d’années et respecté par tous dans le village d’Aguelhoc, a été assassiné par des individus armés circulant à moto. Son corps criblé de balles a été retrouvé à 10 kms du village d’Aguelhoc, le vendredi 11 avril 2014.

La mort tragique de ce sage, presenté par tous comme un touareg qui n’a jamais caché son opposition à l’occupation des villes du Nord par la rébellion, a suscité un émoi tant au nord du pays qu’à Bamako où certains l’ont connu. Il y’a deux ans, ce quinquagenaire était à Bamako pour une hospitalisation au “Point G”, des suites de sévices corporels exercés sur sa personne par Cheick Haoussa, l’adjoint de Iyad Ag Ghaly, chef du Mouvement Ançar Eddine.

Après son traitement, Sidi Mohamed Metky a démandé à retourner à Aguelhoc où il a continué à défier les groupes armés par des actions concrètes. Son refus catégorique de coopérer avec un groupe lui a valu toutes sortes de mauvais traitement de la part des hommes de ce mouvement armé, qui continue de semer la terreur. Chaque fois, il était la cible d’attaques et de vol de son bétail. Malgré son vieil âge, Cheick Mohamed Ag Metky subissait la torture et les enlèvements par les mouvements armés. Les membres de sa famille n’étaient pas épargnés.

Pendant que les régions du Nord étaient sous occupation par Al-Qaïda au Magrheb Islamique (Aqmi), le Mouvement pour l’Unité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (Mnla) et Ansardine, le vieux conseiller hissait les couleurs Vert, Jaune et Rouge du Mali dans sa cour familiale au prix de sa vie et de celui des membres de sa famille. Un acte de défiance que les groupes armés ne lui pardonneront jamais et qui était considéré comme un acte de trahison des siens.

Le vieux Sidi Mohamed Ag Metky était fier d’être malien. Il invitait les jeunes à refuser la compromission en disant “non !” à l’aventure des groupes armés qui voulaient coûte que coûte l’indépendance par la création de l’État dit de l’Azawad. Pour cela, Sidi Mohamed Ag Metki était perçu comme un homme à abbattre. C’est pourquoi, selon certains, sa mort doit être considérée comme une perte pour l’État du Mali pour lequel il est d’ailleurs mort.

Sidi Mohamed Ag Metki, aux dires de certains officiers maliens qui l’ont côtoyé à Aguelhoc, est un vrai malien. Il est mort pour la patrie. Sa memoire doit être honorée par les hautes autorités de la République du Mali à qui le défunt voulait tout apporter. Malheureusement, il est tombé sous les balles assassines de cruels individus. C’est un acte barbare et lâche sur un homme qui a tout donné au Mali et qui ne reconnait autre patrie que le Mali.

“Sidi Mohamed Ag Metky est un digne fils du Mali. Il est mort pour ses convictions, pour la patrie…”, nous a confié un haut gradé de l’armée malienne qui a connu l’homme et qui l’a apprécie dans ses actions quotidiennes à Aguelhoc quand personne n’osait poser le moindre acte susceptible d’être perçu par les Mouvements armés comme de la provocation. Mais Sidi Mohamed Ag Metky a osé en dépit des menaces que de cruels individus ne cessaient de proférer à son encontre.

Laya DIARRA

15 Avril 2014