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La route tue, tue et tue encore. Elle ferait quasiment autant de victimes que le paludisme et le Sida. En effet, annuellement, 1,2 million de personnes à l’échelle mondiale sont victimes d’accidents de la route selon l’Organisation mondiale de la santé

Au Mali, le phénomène est encore inquiétant. Au quotidien, des familles sont endeuillées du fait de l’insécurité routière. Malgré ce constat combien amer, certains événements heureux restent des occasions privilégiées où des usagers de la route n’hésitent pas à manifester leur joie sur la voie publique.

En effet, lors des mariages, et de bien d’autres cérémonies à caractère festif, la circulation routière est très souvent perturbée. Pour cause, le cortège d’engins mis en place pour la circonstance devient ipso facto le « propriétaire incontestable » de la route.

Vitesse, acrobaties zigzagues, laisse guidons, cascades et manœuvres de toutes sortes sont légion pendant ces moments d’euphorie. Et tout cela se fait au mépris du code et des autres usagers « disciplinés » de la route. Le phénomène est en train de prendre, si ce n’est déjà le cas, corps dans le substrat culturel des Maliens. L’incivisme dans la circulation routière de façon générale et pendant les événements festifs en particulier est un problème de sécurité publique.

Combien de personnes sont fauchées innocemment chaque jour que Dieu fait du fait de l’insécurité routière ? Combien de personnes sont quotidiennement victimes d’accidents mortels ou dans une moindre mesure paralysées à jamais pour non respect du code la route ? Pour excès de vitesse ou simplement piquées par le virus de l’alcool, donc de l’ivresse ?

Au vu de des chiffres combien alarmants, il importe de circonscrire le mal pendant qu’il est temps. Surtout quand on sait que certaines occasions (fêtes) sont des moments où la bière, la liqueur, l’alcool de façon générale coule à flot. A cela s’ajoute le fait que Bamako est en passe de devenir s’il ne l’est déjà, « capitale de toutes les roues » Piétons, cyclistes, motocyclistes, véhicules à traction animale, automobilistes se partagent les mêmes voies.

Dans ces conditions de circulation déjà intenses et difficiles qui provoquent pas mal d’accidents, peut-on accepter que des « euphoristes imprudents » mettent en danger non seulement leur vie mais aussi et surtout celle des paisibles usagers de la route ?

Non ! Parce qu’il faut absolument éviter de jouer au médecin après la mort. Alors il convient d’arrêter le navire avant qu’il ne chavire. Le Mali doit impérativement travailler à mettre fin à ces multiples violations du code de la route, ces pratiques déviantes nourries par l’incivisme et l’indiscipline caractérisés.

Ce n’est pas parce que le mariage et autres cérémonies ont une importance dans notre société qu’on doit leur permettre toutes sortes de manœuvres et de pratiques qui contribuent à n’en pas douter à dégrader le bitume.

Et cela, faute de réglementation et contrôle conséquents. Les ministères en charge de l’équipement et des Transports, de la Sécurité et des municipalités doivent ensemble ouvrir l’œil sur ce fléau pour éviter le pire.


Gnimadi Destin

08 Janvier 2009