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 » Regard des travailleurs de la Comanav sur les actions de développement de la croissance économique : acquisition de bateaux à faible tirant d’eau (flotte légère) «  était le thème de la conférence de presse que la section syndicale de la Comanav Koulikoro a animée le vendredi 19 mars au siège de la CSTM.

Après la cession de 51 % des actions de la Sotelma, le chef de l’État a identifié quelques secteurs dans le cadre de la relance de la croissance économique du pays. Parmi ceux-ci figure le transport fluvial à travers la Compagnie malienne de navigation (Comanav). Dans ce secteur, un investissement est prévu pour acquérir des bateaux de nature à répondre aux conditions hydriques du fleuve et son ensablement progressif d’une part et d’autre part, pour répondre au nouveau dimensionnement du marché de la Comanav.

Selon le secrétaire général de la section syndicale Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) de la Comanav, commandant adjoint du bateau « Kankou Moussa », Mahamadou Sogoba, un montant de 3 milliards a été alloué à la Compagnie par le président ATT en vue de redynamiser ses activités par le renouvellement de sa flotte.

Réjouie par cette annonce, a-t-il poursuivi, la section syndicale a décidé de suivre avec attention tout le processus d’acquisition de la nouvelle flotte compte tenu du fait que les travailleurs de la Comanav, nostalgiques du passé glorieux de leur Compagnie, avaient repris l’espoir de voir leur société prospérer de nouveau.
 » Les informations sur la fourniture de nouveaux bateaux qui nous parvenaient entretenaient notre espoir », a-t-il déclaré.

« Mais, récemment, nous avons constaté un revirement de la situation qui nous pousse à nous confier à la presse afin de prendre à témoin l’opinion nationale et aussi de faire part de notre très grande préoccupation sur la diligence faite par nos autorités hiérarchiques », a-t-il ajouté.

En fait, la section syndicale, dira M. Sogoba, avait déjà pris note d’un contrat de fourniture d’une flotte de 3 bateaux par une compagnie de construction de droit chinois. « Ces bateaux correspondaient parfaitement à la vision de redimensionnement du marché de la Comanav ».

Le syndicat avait accueilli ce marché à bras ouverts en raison des assurances sociales qu’il donne aux travailleurs et liées directement aux conditions de travail, de vie ainsi que les conditions économiques de l’entreprise à travers la réduction de la durée de rotation, l’hygiène au travail, les outils technologiques comme l’échosondeur, le système GPS, etc.

Scandaleux retournement de veste

 » Malheureusement, nous avons aussi l’information que le ministère de l’Equipement et des Transports s’apprête à lancer un nouvel appel d’offres et par un autre mode passer le marché à l’Inacom. Nous ne savons pas exactement ce qui est reproché au premier fournisseur et au contrat de fourniture qui prend en compte l’impact social (formation du personnel, assistance technique, mécanique et de maintenance, transfert de technologies », a laissé entendre M. Sogoba.

Il faut dire que les Chinois avaient promis de fournir pour 2,6 milliards de F CFA 3 bateaux, dont 2 de marque FRP-26 de type VIP très rapides et dotés de chambres confortables, or le fournisseur malien réclame pour 2 bateaux déjà la somme de 3,15 milliards de F CFA, un montant qui dépasse l’enveloppe allouée à la Comanav.

De plus, pendant que les Chinois se proposaient de livrer les trois bateaux à la Comanav cette année à l’occasion de la célébration du cinquantenaire, l’Inacom ne peut les sortir de ses chantiers navals qu’entre 2011 et 2012. Avec les bateaux chinois, la Comanav pouvait réduire la durée de son trajet au grand bonheur de ses clients surtout ceux du Nord du Mali qui mettent 6 à 7 jours avant d’arriver à destination.

Pourquoi avec tous les avantages consentis par les Chinois, le ministère de l’Équipement et des Transports décide d’octroyer le marché à l’Inacom qui n’est même pas spécialisé dans la construction de bateaux et qui entend faire l’apprentissage sur le dos de la Comanav ? Qui du ministère de l’Equipement et des Transports ou de la direction générale de la Comanav est habilité à lancer ce marché ?

Toujours est-il que selon M. Sogoba, la construction et la fourniture de bateau demandent une technicité particulière ainsi qu’une spécificité absolue.

« Au Mali, seule la Comanav dispose des données fiables et suffisantes indispensables à la préparation d’un tel marché. Reprendre toute la procédure déjà effectuée marque une rupture dans le processus tendant à l’acquisition de la flotte suivant des caractéristiques suffisamment discutées”

Face à cette situation, la section syndicale exige la diligence du dossier conformément aux vœux de développement de la croissance économique du chef de l’État.

Il en appelle à l’implication personnelle du président ATT afin que le contrat de construction du bateau tel que conclu avec les partenaires chinois soit exécuté conformément aux clauses techniques.

Ramata S. Kéita

(stagiaire)

22 Mars 2010