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Il y a des faits qui frisent le degré de l’ancrage d’une injustice érigée en mode de gestion dans notre pays. Dans la nuit du 17 au 18 mars dernier, une altercation entre deux femmes à l’ACI 2000 s’est terminée dans les locaux du commissariat du cinquième arrondissement.

En effet, ces dames à l’issue d’une vive polémique en sont venues aux mains. L’action allait rester dans le registre des malentendus qui sont le lot quotidien des foyers dans la capitale malienne si leur dispute n’avait pas abouti à l’agression du mari d’une d’entre elles par… des loubards.

Non content de voir son épouse terrassée, M (nous allons le désigne ainsi) s’est invité dans la bagarre qui opposait son épouse à celle du voisin. Après des échanges de coups, M se retira un moment. Quelques minutes plus tard, un jeune colosse et l’un de ses amis font leur entrée dans la concession que partage les parties en conflit. Celui-ci se mêle dans la bagarre, histoire de prendre la revanche de madame M. Il sera suivi quelques instants plus tard d’un autre groupe de cinq à six jeunes de la même corpulence disant venir en aide « à leur ami », c’est-à-dire monsieur M. Cette volonté se buta à la réaction de deux sœurs de la voisine de madame M. Les trois sœurs seront prises à partie par le groupe de visiteurs. C’est alors que se manifesta le mari d’une de ces dernières, la principale concernée. En voulant s’interposer entre le groupe de jeunes et ses belles sœurs, celui-ci sera assommé de coups par le groupe. Il s’en sortit avec une blessure à la tête

Ces faits se sont déroulés aux environs de 20h 30 dans une concession d’ACI 2000. Les parties se sont donc retrouvées au commissariat du cinquième arrondissement où elles n’en sortirent qu’aux envions d’une heure du matin.

C’est à la police que les révélations spectaculaires seront faites. «Je suis un haut cadre de ce pays et je ne peux me permettre de me battre avec la racaille » aurait en substance déclaré monsieur M à la police. En fait de cadre, il serait employé dans un cabinet d’audit international de la place. Selon lui, les jeunes qui l’ont prêté main forte sont des «collègues de services». Mais il ne fait aucun doute qu’il s’agissait bel et bien d’une bande de loubards dont l’employé du cabinet d’audit s’est offert les services. Car la seule personne qui a jusqu’ici été auditionnée par la police parmi cette équipe d’une demi-douzaine n’était autre que l’un de ces professionnels de l’épreuve des muscles bien connu dans ce domaine et qui réside à Hamdallaye. D’ailleurs ce malabar dénommé «BAD» Nimaga aurait déjà une réputation bien édifiée dans le domaine des vols des fils électriques de l’EDM.

Mais ce qui est le plus surprenant, c’est qu’après les différentes dépositions des deux parties et bien que le fameux “collègue” de monsieur M ait reconnu avoir agressé le voisin à son domicile, il ne fut pourtant pas mis en garde a vue par le chef de la délégation judiciaire du commissariat. Pire l’adjudant-chef a tenté de nier à la famille du blessé que BAD Nimaga n’était nullement un loubard et faisant fi de la loi concernant la violation de domicile, le bandit fut relâché au même moment que les deux familles rentraient chez elles.. A quelle fin ? Nous ne saurions le dire. Et Il faudrait souligner d’après plusieurs témoignages recueillis qu’il ne s’agirait pas d’une première épreuve du «cadre» et de sa femme.

Seydou Coulibaly

Le 19 Mars 2012

© AFRIBONE