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Tels sont les verdicts prononcés par la Cour lors de l’audience d’hier lundi 21 mai de la première session de la Cour d’assises siégeant à Bamako. Interrompu à cause de la crise sociopolitique que le Mali connait depuis le 22 mars, les audiences de la première session de la Cour d’assises de Bamako ont repris. C’est ainsi qu’hier lundi, s’est ouvert le procès de Bassidiki Touré, un repris de justice, Abdou Doumbia, Soumaïla Dembélé et Moussa Dembélé. Ces derniers étaient accusés de vols qualifiés, d’associations de malfaiteurs, de détention illégale d’armes à feu et de munitions et de complicité.

Selon l’arrêt de renvoi, il résulte les faits suivants : Dans la nuit du 30 au 31 Août 2009, vers 04 heures du matin, une équipe de patrouille du 3ème Arrondissement de police, de passage à l’hippodrome sur la rue Danfaga, a surpris des individus cagoulés, munis d’armes à feu, tentant de cambrioler le supermarché « Mini Prix ». A la vue du véhicule de la patrouille, ces individus ont pris la fuite, chacun de son côté. Une course poursuite s’est alors engagée entre les policiers et l’un des malfrats sur une moto Jakarta qui fut percuté par le véhicule, abandonnant par la suite son engin. C’est ainsi que ce dernier fut secouru par ses complices à bord d’une fourgonnette blanche. Dans leur fuite, ils ont laissé un sac en plastique contenant deux cisailles, deux pieds de biche, une cagoule, un poste radio, une carte de recharge Malitel déjà utilisée et un pistolet automatique de marque Glock garni de quinze cartouches de calibre 9 mm.

Suite à des investigations, la patrouille de la Brigade de recherche du 3ème Arrondissement, dans la nuit du 22 Septembre 2009 aux environs de 04 heures, a pu interpeller deux individus se nommant Abdou Doumbia et Moussa Dembélé à bord d’une fourgonnette Renault -Express de couleur blanche dont le N° de châssis est CH 8137. Le troisième, Soumaïla Dembélé, étant parvenu à s’enfuir. Les susnommés rodaient autour du marché de N’Golonina en possession de deux pistolets de fabrication artisanale, sept cartouches calibre 14, un tube aérosol anti agresseur et une cagoule.
C’est ainsi qu’ils furent interpellés pour association de malfaiteurs, de vol qualifié, de détention illégale d’armes à feu et de munitions.

Les inculpés ont nié les faits à l’enquête préliminaire et devant le magistrat instructeur. Hier à la barre, Abdou Doumbia, Soumaïla Dembélé et Bassidiki Touré ont catégoriquement réfuté les faits sans ambages. Les deux premiers cités, mécaniciens de leur état, ont affirmé que le jour de leur arrestation, ils étaient en partance pour dépanner le véhicule d’un de leur client. Avant de soutenir qu’à bord du véhicule se trouvaient une arme à feu et des munitions qui appartiennent au propriétaire dudit véhicule.

Quant à Bassidiki Touré, il a soutenu qu’au moment des faits, il se trouvait à Macina.

Le ministère public, représenté par Hamèye Sam, Substitut général près la Cour a, dans sa réquisition, demandé à la Cour de les retenir dans les liens de l’accusation. Avant de la solliciter de les condamner à une peine exemplaire. La défense de la partie civile, quant à elle, abonda dans le même sens que le parquet général avant de demander l’indemnisation de ses clients.

Après la plaidoirie de la partie civile et le réquisitoire du parquet général, les conseils des accusés, pour leur part, ont déclaré que les accusés présents à la barre ne sont pas les auteurs de ces crimes. Selon eux, la seule constance dans ce dossier, c’est la détention d’armes à feu et de munitions. «Lors de la Cour d’assises, on s’attaque parfois à des innocents, on viole leur droit et les dossiers sont mal ficelés. Au nom de la justice, on ne doit pas commettre l’injustice» a plaidé Me Alassane Diop, l’un des avocats des accusés. Au bénéfice de l’absence de toute preuve, ils ont sollicité l’acquittement pur et simple de leurs clients.

La Cour qui était présidée par Badra Nana Kassé, après délibération, a déclaré non coupables les accusés avant de prononcer leur acquittement. Par ailleurs, elle a retenu Soumaïla Dembélé coupable pour détention illégale d’armes à feu et de munitions qui est un délit au Mali. Il a été condamné à 18 mois de prison.

Moussa Dembélé, n’ayant pas comparu, a été jugé par contumace. Il a écopé de 20 ans de réclusion criminelle.

Bandiougou DIABATE

L’Indépendant du 22 Mai 2012