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La Commission nationale des droits humains  (CNDH) du Niger, a publié, le 2 avril dernier, un rapport qui accuse des soldats tchadiens du G5 Sahel, de viols sur une mineure et des femmes mariées. Des faits qui, illico presto, ont fait réagir la hiérarchie militaire tchadienne qui affirme, par la voix de son porte-parole,   que des mesures conservatoires ont été prises pour suspendre les présumés coupables et ouvrir une enquête aux fins de situer les   responsabilités. En attendant donc de connaître la suite qui sera réservée à cette affaire, l’on peut dire que c’est l’image de l’armée tchadienne qui en prend un sérieux coup. C’est d’autant plus vrai que parmi les victimes, figure une mineure de onze ans. Que s’est-il donc passé à Tera dans la région de Tillabéri pour que des soldats tchadiens que beaucoup tiennent en haute estime, en arrivent à commettre pareils actes aussi ignobles que répréhensibles ? C’est vrai que dans l’histoire du monde, les guerres ont toujours été émaillées de cas de viols. On se rappelle ceux qu’auraient commis des soldats américains pendant l’occupation de l’île d’Okinawa au Japon. Et plus récemment, en République centrafricaine, des soldats français de l’opération Sangaris, avaient été aussi accusés de viols. Bref, la liste de soldats accusés à tort ou à raison, de viols, est longue. Preuve qu’il n’y a pas de guerre propre. Mais, cela ne saurait absoudre à bons comptes, les soldats tchadiens des exactions commises au Niger. Car, au-delà du traumatisme psychologique que pourraient engendrer ces cas de viols, ils pourraient créer un mur de méfiance entre soldats en opération et populations civiles. Or, on le sait, en matière de lutte contre le terrorisme, aucune victoire n’est possible sans une franche collaboration des populations civiles. C’est dire si le contingent tchadien dont la principale mission est de bouter les forces du mal hors des frontières nigériennes, pourrait compromettre ses chances de succès. C’est pourquoi le Maréchal Deby doit discipliner davantage ses boys. 

Punir pour l’exemple

Cela est d’autant plus nécessaire qu’il y va de l’honneur de l’armée tchadienne qui, sans lui jeter des fleurs, donne du fil à retordre aux terroristes. On a vu comment des terroristes qui se croyaient invincibles, ont détalé tels des lapins face à cette armée dans les Ifoghas maliens. En tout cas, le président Idriss Deby Itno doit punir pour l’exemple. Car, comme nous l’enseigne un dicton africain, c’est  « un seul âne qui a mangé la farine et tous les autres ânes ont le museau blanc ». Il faut donc éviter à tout prix qu’à cause des inconduites de quelques soldats, l’armée tchadienne soit indexée, dans son ensemble, comme une armée de violeurs.  C’est en cela qu’il convient de saluer la promptitude avec laquelle la hiérarchie militaire tchadienne a pris le problème à bras-le-corps. Sous d’autres cieux, on aurait versé dans une contestation interminable des faits. En réagissant au quart de tour, la hiérarchie militaire tchadienne fait preuve de fermeté et par ricochet, apporte du baume au cœur des victimes puisque c’est un signe qu’il n’y aura pas de prime à l’impunité. Et c’est tant mieux pour les deux pays dont l’objectif est de déloger les terroristes de la zone dite des trois frontières. Ce n’est un secret pour personne que le Niger subit, depuis quelques mois, la furia des  terroristes. Que ce soit le nouveau président, Mohamed Bazoum ou son Premier ministre, Ouhounoudou Mahamadou, chacun a eu droit à un comité d’accueil sanglant. Car, la dernière expédition terroriste a fait quatre soldats tués et un autre porté disparu. C’est dire si le pays de Hamani Diori a plus que jamais besoin d’alliés sûrs comme le Tchad pour inverser l’ordre de la terreur.

Dabadi ZOUMBARA

Source: Lepays.bf