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Voici les nouvelles mesures !


Est-ce la fin de certaines pratiques dans les deux principaux hôpitaux nationaux, Gabriel Touré et Point G ? Tout porte à le croire. Les administrations au niveau de ces deux centres hospitaliers universitaires viennent concomitamment, de prendre une série de mesures au sujet de l’accueil et de la prise en charge des malades.

Au-delà, les responsables veulent rompre avec le laxisme, le laisser-aller et surtout la pagaille généralisée qui caractérisaient les deux établissements hospitaliers. Quelles sont alors les nouvelles mesures prises ? Réponse.

Au niveau de ces structures sanitaires, le laisser-aller avait atteint un tel seuil que toutes les formes de manquements à la déontologie et à la réglementation étaient devenues le lot quotidien.

« Le désordre au Gabriel Touré est une situation qui n’échappait à personne, pas même aux premiers responsables du département de la santé », dénonce Ali Traoré un architecte. Pour lui, un ancien ministre du département avait surpris un gardien entrain de s’occuper d’un malade en l’absence du médecin de garde.

Cette anecdote, précise notre interlocuteur, justifie, à lui seul, les mesures nouvellement prises par les deux centres hospitaliers. Il faut espérer maintenant que ces mesures soient suivies dans leur application et pérennisées.

« Ces mesures méritent l’accompagnement et le soutien de tous les usagers pour que le citoyen malien, qui n’a pas les moyens de se soigner en Europe, puisse, enfin, bénéficier d’une meilleure prise en charge sur place », conclu notre interlocuteur.

Heures de visite : ce qu’il faut savoir

A l’hôpital du point G, les usagers, depuis quelques jours ont appris à s’habituer à la nouvelle réglementation, basée sur un certain nombre de restrictions. Une des mesures capitales concerne les heures de visites aux patients. Ces visites ont lieu du lundi au samedi de 12h à 14h30mn et de 18h 30 à 21h30. Les dimanches et jours l’accès est libre de 8h à 21h.

L’accès des véhicules de particuliers, comme l’indique un panneau à l’entrée, n’est plus admis, sans motif, dans l’enceinte de l’hôpital.

« En plus de ces mesures qui ne sont pas si nouvelles que ça, nous avons institué un service d’accueil à l’entrée de l’hôpital », explique le médecin colonel Charles Fau, directeur général de l’hôpital du point G.

Selon lui, désormais, tous ceux qui rendent visitent à des parents au Point G, doivent au préalable se faire identifier au niveau de ce service.

En plus, doivent-ils remplir certaines formalités administratives avant d’avoir accès à l’intérieur de l’hôpital.

Au Gabriel Touré, le constat est presque le même.
« Nous avons été obligés de prendre ces mesures dont le caractère impopulaire ne nous échappe point ; mais pour nous, il s’agit de mesures que nous assumons pleinement, car, il y va de la sécurisation des patients, du personnel et de leurs biens », justifie, de son coté, le Dr Abdoulaye Néné Coulibaly, directeur général de l’hôpital Gabriel Touré.

Avec sa situation géographique (implanté entre les communes II et III en plein centre commercial), le Gabriel Touré, selon son premier responsable, accueille, tous les jours, un monde fou. Sans compter son personnel de 589 agents, auquel il faut ajouter quelques 400 stagiaires.

« Avec un tel monde, vous comprenez que, si chaque agent de l’hôpital devait venir avec une voiture, il nous sera impossible de les parquer tous dans la cour ». Autant de raisons qui ont motivé la réglementation de l’accès des véhicules dans l’enceinte du Gabriel Touré.

Le DG de l’hôpital admet que la négligence, le laisser-aller avaient atteint une telle proportion que certains commerçants garaient leurs véhicules toute la journée durant dans la cour de l’hôpital. Aujourd’hui, Abdoulaye Néné Coulibaly est bien décidé à redorer le blason de sa structure en partant en guerre contre toutes ces mauvaises pratiques.

« Nous ne voyons aucun inconvénients à ces mesures qui sont du reste salutaires. Seulement, nous ne comprenons pas que malgré l’état, souvent très critiques, d’un patient, les gardiens s’évertuent à vouloir soumettre les parents à d’interminables formalités», observe un usager du Gabriel Touré, venu rendre visite à un ami alité.

A la petite porte de sortie de l’hôpital, donnant sur la voie allant au grand hôtel, les disputes sont monnaie courante entre les vigiles et certains usagers qui ne comprennent toujours pas qu’en dehors des heures de visite l’entrée de l’hôpital soit dorénavant règlementée.
Venue de la Côte d’Ivoire pour rendre visite à sa maman malade, une dame s’est vue renvoyée par les gardiens, insensibles aux supplications de la dame.

« Je viens de sortir de l’hôpital pour juste acheter des oranges pour ma tante qui m’attend … », explique, avec un air préoccupé, un autre jeune qui fait le pied de grue près des vigiles.

A bout de patience, une autre dame venue apporter un repas à un parent hospitalisé n’a pu contenir sa colère à l’endroit des vigiles qui lui demandaient de repasser à la prochaine heure de visite.

« Tout changement est accompagné d’humeurs. Mais ce sont des choses qui ne tarderont pas à rentrer dans l’ordre », tempère le Directeur général du Gabriel Touré, qui apprécie déjà les résultats des mesures prises. Il s’agit en l’occurrence d’une très nette amélioration des conditions d’hygiène et environnementales.

Nette amélioration des conditions d’hygiène et d’accueil
En effet, depuis l’interdiction de cuisiner et de faire du thé dans la cour, Gabriel Touré a un cadre assaini. « Avant, il y avait une ferme résistance des accompagnants à aller faire leurs ablutions et prières au niveau de la mosquée. Mais aujourd’hui, le constat est que les choses bougent positivement».

Avec l’adoption de ces nouvelles mesures, il ne fait aucun doute que la question de l’accueil connaîtra une amélioration significative au niveau du Gabriel Touré où l’accent sera désormais mis plus sur l’accueil du patient par le médecin que sur l’accueil à l’entrée de l’hôpital qui lui-même est appelé à s’affiner dans les jours à venir quand commencera à travailler l’équipe du service d’accueil des urgences.

Seuls les patients en situation d’urgence seront désormais admis dans ce service, confie Abdoulaye Néné Coulibaly, pour qui, les autres cas seront admis directement en consultation externe. Ce qui contribuera à beaucoup réduire le flux à l’entrée de l’hôpital.

Accompagnants de malades : la règle de Un

Une autre situation contre laquelle l’administration des deux hôpitaux est décidée à apporter un changement, c’est le surpeuplement dans les salles d’hospitalisation qui a toujours posé des problèmes non seulement en terme de gestion des lits, mais surtout de consultations des malades.

Au point G, pour mettre fin à cette situation inconfortable, l’administration de l’hôpital est entrain d’expérimenter une carte d’accompagnant vendue à 100 FCFA. Il s’agit d’une pièce qui permet au parent du malade de se déplacer librement à l’intérieur de l’hôpital et éventuellement de sortir sans problèmes.

Au Gabriel Touré, le phénomène du surpeuplement dans les salles a toujours préoccupée les responsables de l’hôpital. Ici, c’est avec toute sorte d’acrobaties que l’administration arrive à se tirer d’affaire avec les 396 lits que compte l’hôpital face à une demande beaucoup plus importante.

« Dans d’autres pays, il n’y a même pas d’accompagnant.

Mais, avec le niveau actuel de nos effectifs, nous avons décidé de tolérer un seul accompagnant par malade », soutient le directeur général de l’hôpital. La décision, conclut Abdoulaye Néné Coulibaly, a l’avantage de faciliter les examens et consultations des malades qui pourront également bénéficier de meilleures conditions de repos.

OUMAR DIAMOYE

10 Juillet 2008