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C’est pour rattraper le temps perdu que le Mali et l’Union européenne ont, le jeudi 24 avril 2008 organisé un séminaire de validation de l’étude d’une offre d’accès aux marchés dans le cadre des négociations des Accords de partenariat économique entre l’Afrique de l’Ouest et l’Union européenne.

Président la cérémonie d’ouverture des travaux, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Al Maamoun Baba Lamine Kéita, dira que la négociation d’une offre d’accès au marché constitue la pierre angulaire dans les négociations de l’Accord de partenariat économique qui vise, selon lui, à mettre en place, à terme, une zone de libre-échange entre l’Afrique de l’Ouest et l’Union européenne où l’essentiel des échanges entre les deux parties seront libéralisés.
Pour lui, l’offre d’accès au marché de l’Afrique de l’Ouest devrait préciser le rythme de démantèlement tarifaire (niveau de baisse annuelle des droits de taxes assimilés) pendant la période de transition et les mesures de défense commerciale que la région appliquera à ses importations en provenance de l’Union européenne.

« Enfin, elle fera ressortir la liste des produits qui ne feront pas l’objet de mesures de sauvegarde », a précisé M. Kéita.

Le chef de la coopération de la Commission de l’UE, Gabin Hamann, a rappelé que l’offre d’accès au marché est la dernière étape pour relancer le processus de négociation de l’APE à partir du mois de juillet.
Amadou Waïgalo

Ce que l’UE propose

Les Accords de partenariat économique qui ont suscité remous et controverses au sein des gouvernements et des populations, ont, selon l’UE, des enjeux importants pour des pays comme le Mali, mais également une opportunité à saisir pour une intégration progressive et maîtrisée dans l’économie internationale.

Dans le cadre des négociations UE/ACP, les pays ACP ont souhaité obtenir des mesures d’accompagnement et des solutions créatives qui fassent des APE un instrument utile pour le développement et l’intégration régionale. Voici ce que l’UE propose :

Sur l’intégration de la dimension développement aux APE, l’objectif, selon les termes finaux, est le développement des ACP. « Les APE comporteront des dispositions solides sur la coopération au développement et finiront clairement les objectifs et les domaines de la coopération au développement en vue d’optimiser les avantages des APE, sans toutefois faire double emploi avec l’accord global de coopération, Cotonou », disent-ils.

Sur le plan financier, le 10e Fed a été renforcé de 30 % par rapport au 9e pour l’ensemble des pays ACP. L’intégration régionale reçoit un renforcement encore plus important à travers des enveloppes régionales et à travers un effort particulier pour améliorer l’infrastructure. Le programme indicatif national pour l’Afrique de l’Ouest a doublé, passant de 10 % du montant du 9e Fed à 15 % du 10e Fed.

Sur le plan qualitatif, il faut noter les dispositions concernant le renforcement des capacités, les pertes budgétaires, l’appui technique à la facilitation des échanges et pour les normes sanitaires et phytosanitaires (SPS).

S’agissant de la demande de ressources supplémentaires, l’UE s’est engagée à mobiliser au total 2 milliards d’euros par an à partir de 2010 pour l’aide liée au commerce dont la moitié sera destinée aux pays ACP.
Sur l’amélioration de l’efficacité du transfert des fonds, l’UE propose deux mécanismes de transfert, l’appui budgétaire et les fonds régionaux pour atteindre cet objectif. Ces mesures ont en outre l’avantage de faciliter les contributions d’autres donateurs, notamment les Etats membres de l’UE.
A. S.

29 avril 2008