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La Coalition des alternatives africaines (CAD-Mali) a tenu jeudi au Centre Aoua Kéita, un atelier d’échanges sur le positionnement des acteurs non étatiques (ANE) sur les APE en langue nationale bamanankan.

L’atelier qui était présidé par la présidente de la CAD et le président du Comité de pilotage des ANE avait pour thème : « Positionnement des acteurs non étatiques et l’état des négociations des APE ».

Selon Mme Barry Aminata Touré, présidente de la CAD-Mali, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique d’échanges, d’informations et de sensibilisation sur l’Accord de Cotonou en général et les APE en particulier, amorcée par la CAD depuis quelques années et se déroulait au même moment que le gouvernement et ses partenaires se réunissaient sur le financement du développement du Mali.

Le président du Comité de pilotage des acteurs non étatiques (ANE), Boubacar Tékété, a affirmé que dans la perspective de fournir des arguments contre la signature des APE dans leur forme actuelle que la CAD-Mali a réalisé une étude qui se focalise spécialement sur les impacts des APE sur les services sociaux de base.

« La CAD, après la validation de cette étude a poursuivi des actions d’information et de sensibilisation dans les régions de Kayes, Sikasso, Ségou, Mopti et Gao », a-t-il déclaré avant d’ajouter qu’elle envisage également de rencontrer les parlementaires et la délégation de l’UE, activité qui se situe dans le cadre du projet de campagne contre la signature des APE, financé par Oxfam-Novib.

Les conférenciers, Moctar Coulibaly et Alou Badra Sacko, ont, au cours du débat, évoqué l’impact négatif que joueront les APE sur l’éducation, la santé et l’alimentation si toutefois ils sont signés dans leur formulation actuelle.

Selon eux, avec la suppression des tarifs douaniers dans le cadre des APE, il faut s’attendre à une réduction du budget de l’Etat, au désengagement progressif de l’Etat dans le secteur sanitaire et social.
Les APE, à leurs dires, contraindront l’Etat à se désengager davantage et à libéraliser plus encore le secteur de l’éducation qui connaîtra des problèmes de financement.

Les effets possibles des APE sur la santé et le développement social vont se sentir essentiellement au niveau d’une diminution du financement du secteur de la santé et alors provoquer une prolifération des services de santé privés inaccessibles aux couches sociales démunies.

Ils ont aussi déclaré qu’en cas de signature des APE, nos marchés seront inondés par des produits européens subventionnés et moins chers que les nôtres, ce qui aggravera la dépendance alimentaire et la cherté de la vie sera continuelle.

Les conférenciers se sont également prononcés contre les accords intérimaires signés par la Côte d’Ivoire, le Ghana et craignent que l’Union européenne qui appelait à l’intégration sous-régionale dans les APE ne soit pas elle-même en train de les diviser pour arriver à leur but. La CAD a affirmé qu’elle n’est pas contre les APE, mais q’elle demande certaines modifications afin qu’ils soient profitables à tous.

C’est pour cela qu’ils ont élaboré un document qui comporte plusieurs points notamment l’appel à l’intégration sous-régionale, la mise en œuvre de la politique agricole de la Cédéao, l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan d’action au niveau des entreprises, l’investissement pour la création des nouvelles entreprises, le renforcement des capacités des secteurs publics, l’implication effectif des ANE à tous les niveaux et d’autres.

La rencontre a permis aux participants d’échanger sur les APE et de faire des suggestions et recommandations. Ainsi les intervenants ont demandé à ce que la campagne de sensibilisation sur le contenu et les enjeux des APE soient faits dans toutes les localités et en langues nationales pour une meilleure compréhension de la société civile.


Ramata Kéita

(stagiaire)

16 Juin 2008