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Si à Bamako le gouvernement, dès le lendemain de la signature de l’accord, a initié une série de rencontres pour l’expliquer, au Nord on ne sait pas exactement ce qui a été signé à Alger, comme le montre cette statistique : 3 personnes sur 4 enquêtées ont entendu parler de l’accord mais en ignorent le contenu.

Le collectif des femmes du Nord pour la paix et le développement

En tant qu’association oeuvrant pour la paix et le developpement du nord, nous ignorons totalement le contenu de l’Accord d’Alger. C’est seulement à travers les antennes que nous avons appris qu’ils visent à promouvoir la paix et le développement dans les régions nord du Mali et dans la région de Kidal. Nous ne sommes pas la seule organisation à ignorer le contenu des Accords, il en existe plein d’autres.

Bandian Traoré, chef de la délégation de Tombouctou au Forum

Je ne connais pratiquement pas grand’chose à l’Accord d’Alger, mais je sais que c’est un accord de plus. Déjà que le Pacte National existe, on devait s’y tenir pour résoudre le problème. Je ne peux pas me prononcer par rapport à la dénonciation des Accords parce que je n’ai jamais lu le document. Pour dénoncer une chose, il faudrait d’abord en avoir connaissance. Donc le gouvernement doit faire en sorte que la population ait largement accès au contenu des Accords, si non on pourrait être tenté de dire qu’il est en train de faire avaler des choses aux gens.

Selon deux autres Nordistes qui ont voulu garder l’anonymat : “L’opinion nationale ne comprend pas toujours réellement ce qui a amené les autorités à signer ces accords ni avec qui. Celui qui a paraphé au nom des insurgés n’est même pas connu. Cela n’est pas du tout sérieux, surtout quand on sait que c’est un acte qui concerne la nation entière. Contrairement à tout ce qu’on dit à la radio et à la télévision, à savoir que les Accords d’Alger viseraient à promouvoir la paix et le développement dans les régions du nord…, quand on lit le document, on se rend automatiquement compte que les Accords d’Alger sont signés au nom de Kidal, au nom d’une communauté: bref c’est une autonomie qui ne dit pas son nom. Chose que les autres régions du Nord n’ont pas appréciée. Peut-être qu’on va donner des explications après, sinon jusqu’a preuve du contraire, les populations ne sont pas convaincues de ce que dit le gouvernement.

Le gouvernement ne devrait pas se limiter aux seules villes de Bamako et de Ségou pour sa campagne d’explications sur les Accords d’Alger: il doit aller dans toutes les régions du Nord, qui sont les principales concernées.

Moussa TOURÉ

21 juillet 2006