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Le gouvernement malien et les insurgés de Kidal ont-ils signé des Accords ? Hier, la question était encore sur toutes les lèvres. Et ce n’est qu’en fin d’après midi, que l’information a été confirmée. En effet, les deux parties étaient déjà à Alger en vue de participer à une cérémonie consacrant à la fois la signature et le coup d’envoi de l’application des accords tel que diffusés, en début de semaine, par les insurgés. A en croire nos sources, c’est effectivement le document portant le titre « Accord d’Alger pour la restauration de la paix, de la sécurité et du développement dans la région de Kidal » qui avait été paraphé par les deux parties, la semaine dernière, qui a fait l’objet de la cérémonie d’hier.

Un communiqué de la présidence de la République l’a confirmé en fin d’après-midi hier.

Ainsi, à Alger les deux parties ont officiellement apposé leurs signatures sur ce document déjà publié dans le Républicain (N°2183 du lundi 03 juillet 2006). Selon nos sources, les insurgés auraient fait le déplacement à Alger sans leur chef Iyad Ag Ghaly. Ils ont été rejoints par le ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, le général Kafougouna Koné qui a quitté Bamako hier, tôt dans la matinée, a-t-on appris de sources officielles.

Jusqu’à hier soir, du côté du gouvernement, c’était le black out. Aucune information ne filtrait sur les tractations qui se déroulaient aussi bien à Bamako, Kidal qu’à Alger. Au ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, aucune nouvelle sur les négociations et sur la signature des accords ne filtrait. Dans ces conditions, comprenez toutes les difficultés que rencontraient les médias pour recouper ou vérifier les informations (souvent contradictoires) sur le contenu des accords. Est-ce réellement le document diffusé qui a été adopté ? Voilà la question qui revenait sans cesse. Par ailleurs, une source nous a indiquée que certains responsables maliens avaient souhaité que la cérémonie de signature ait lieu à Bamako. De leur coté, les Algériens ont voulu la coïncider avec leur fête nationale prévue ce jour 5 juillet. Une demande algérienne finalement acceptée par le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré.

D’autre part, il semble que de sérieuses divergences opposent actuellement les insurgés eux-mêmes à propos des accords conclus avec le gouvernement.

Selon des informations, une dissidence serait sur le point d’éclater à Teghargat. Ce qui expliquerait l’absence de certains chefs de l’insurrection à Alger.

En définitive, le gouvernement aura fort à faire pour convaincre l’opinion nationale qui assimile déjà cette signature à une capitulation de sa part face à un groupe armé qui le 23 mai dernier avait attaqué deux garnisons militaires de Kidal.

C.H Sylla

5 juillet 2006