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De retour de Ouagadougou où un accord préliminaire a été signé mardi entre le gouvernement et les groupes armés de Kidal, l’émissaire du président de la République, Tiébilé Dramé, a animé hier une conférence de presse à l’hôtel de l’Amitié pour parler de l’accord. Une explication de texte fort utile parce que nos compatriotes sont très demandeurs de précisions sur le contenu du document. Cette curiosité a été exacerbée par certaines critiques émises par des détracteurs de l’accord.

Tiéblé Dramé qui a mené avec habileté le processus à Ouagadougou, a voulu couper court à cette « campagne de sabotage », en indiquant que la seule chose qui a guidé les négociateurs a été le retour de la paix dans notre pays. « Si l’on veut comprendre les accords signés à Ouagadougou, il faut se rappeler qu’on vient de très loin. Des enfants du pays se sont révoltés pour prendre des armes et se mettre contre le pays et dire qu’ils ne sont pas des Maliens. Après d’autres personnes s’y sont ajoutées pour chasser l’Administration. Aujourd’hui, tout le monde est d’accord sur l’intégrité territoriale. Ils seront cantonnés et désarmés », a assuré l’émissaire de Dioncounda Traoré.

Il a dit avoir été très affecté par les contenus de certains articles de presse. « Certains ont écrit que l’accord prévoit la réintégration des groupes armés. Il n’en a jamais été question au cours des discussions à Ouagadougou», a dit le conférencier, précisant qu’il a été plutôt question de réinsertion socio-économique. « Les mots ont leur sens dans votre langue de journaliste. Il s’agit de trouver des activités économiques pour eux », a-t-il insisté.

« Nos experts y travaillent d’arrache pied, croyez-moi, ils ont une conscience aigue de l’importance et de l’urgence de toutes ces questions, de l’attente du peuple malien, de l’attente des pouvoirs publics malien, de l’attente de la communauté internationale. Et nous y avons des officiers de très grande valeur qui vont y travailler», a ajouté Tiéblé Dramé qui a vivement salué la mobilisation exceptionnelle de la communauté internationale autour de notre pays.

Pour lui, les autorités de la transition ont négocié au mieux à Ouagadougou. « J’ai entendu beaucoup de choses. Que le Mali est sous tutelle, que notre armée est sous tutelle… Je crois qu’il est important de calmer le jeu, de calmer la situation car notre pays revient de très loin, d’une situation très difficile. Nul n’a le droit, il me semble, de contribuer à le remuer davantage », ajoutera le conférencier pour qui l’accord de Ouagadougou permettra de « ramener le calme au Mali ».

Le plus important pour Tiéblé Dramé est que toutes les parties soient d’accord sur le fait que Kidal soit une partie du Mali. « Mêmes ceux qui avaient cru que Kidal n’était pas au Mali, acceptent que Kidal est au Mali. Alors, au lieu d’applaudir ça, je lis que c’est les accords de la honte. Où est la honte ici ? », s’est indigné l’orateur.

En définitive, Tiéblé Dramé se félicite de l’accord de Ouagadougou et appelle tous les acteurs à jouer un rôle positif pour mener à bien le processus de stabilisation de notre pays.

A. M. C.

Essor du 21 Juin 2013