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Des Maliens se félicitent de l’accord de Ouagadougou baptisé « accord préliminaire à l’élection présidentielle et aux pourparlers inclusifs de paix au Mali« et estiment que notre pays a fait un bond qualitatif et décisif vers la paix.

Mme Diallo Assa Diagouraga (Cellule d’appui à la décentralisation de l’Education) :

« Je me félicite du fait que l’Etat n’a pas signé d’un seul coup. Il a fallu des va-et-vient, des amendements. Pour un départ, il fallait cet accord afin de décanter la situation. Si l’accord préliminaire de Ouaga est un point de départ, un début de solution pour une sortie de crise, il y a lieu d’espérer ».

Alimata Coumaré (assistante Securing your World G4S) :

« Je pense que c’est un bon accord dans la mesure où les parties se sont mises d’accord sur l’essentiel comme l’unité et la sécurité dans le Nord du pays. C’est une manière d’entamer les démarches pour les négociations. Désormais on a un Mali un et indivisible. Je ne sais pas si on va diviser le Mali. Mais il y a un sentiment que l’accord ne comble pas toutes les aspirations des Maliens. Il faut comprendre qu’un mauvais arrangement vaut mieux qu’une guerre. Donc, signer un accord est un pas, mais l’appliquer dans toute sa rigueur en est une autre. Si la France est derrière cet accord pour l’intégrité et l’unité nationale du Mali, je suis satisfaite de la signature ».

Fatou Traoré (assistante USAID) :

« Il y a un petit point positif étant donné que dans certains points il est dit que le Mali gardera son intégrité territoriale. Ensuite l’armée ira à Kidal où les élections seront organisées. Dans cet accord, les poursuites sont prises en compte parce qu’il faut que chacun paye ses actes. Concernant les autres points que j’ai pu noter, on peut parler d’une porte de sortie et j’aurai préféré également un accord définitif en lieu et place d’un accord préliminaire. Mais il faut toujours commencer et le reste viendra après. J’apprécie l’accord qui est un bon départ ».

Niantigui Dembélé (permanent Lacim-Mali) :

« Dans les conditions de signature, il est très difficile pour un citoyen ordinaire de faire la part des choses. Parce que le problème est très complexe. Un conflit qui dure des années. Mais en tout état de cause, il est mieux de vivre en paix dans ce pays. Un pays dont tous les enfants doivent regarder dans la même direction et avancer dans le développement socio-économique. Cet accord qu’il soit un arrangement ou un accord de paix, l’objectif est la recherche de la paix et une fois que cette paix est là, il faut à tout prix la consolider pour le bonheur de tous les citoyens ».

Abdallah Yattara (consultant) :

« Le président par intérim et le gouvernement de transition ont capitulé. Parce qu’on nous a dit qu’il n’y a pas de prime à l’impunité. Aussi l’accord contient 25 articles et aucun de ses articles n’en fait cas. Deuxièmement, on nous a fait croire que l’armée sera à Kidal. Mais elle sera avec les militaires de l’opération Serval et de la Minusma, or l’armée est le symbole de la souveraineté. Mais où est cette souveraineté ? Aussi à travers les médias, nous avons des interprétations de l’accord. Ce que nous apprenons par la télévision nationale est différent de ce que nous avons des médias comme radio France internationale et la BBC. Sur les deux dernières on parle d’un déploiement minimum de l’armée. Je ne voulais pas une signature sans que l’accord, fut-il préliminaire, fasse l’objet d’un débat à l’Assemblée nationale ».

Propos recueillis par

Boubacar Diakité Sarr

Les Echos du 20 Juin 2013