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Le 26 septembre dernier, les groupes armés du Nord (le MNLA, le HCUA et le MAA), prétendant un non-respect par le gouvernement des engagements pris par lui dans l’Accord préliminaire de Ouagadougou, décidaient de suspendre leur participation aux travaux du Comité de suivi de l’Accord. Ces groupes armés dont la marque de fabrique semble être de souffler le chaud et le froid viennent de revenir sur leur décision. Ils ont annoncé lundi dernier qu’ils reprenaient leur participation aux travaux du Comité.

« Nous annonçons la fin de la suspension de notre participation aux négociations », est-il écrit dans un communiqué signé par le Mouvement national de libération de l’Azawad, le Haut Conseil de l’unité de l’Azawad (HCUA) et le Mouvement arabe de l’Azawad. Le vice-président du MNLA, Mahamadou Djeri Maïga, a cependant réclamé le report des élections législatives prévues le 24 novembre soutenant qu’une grande partie de la population du nord avait été déplacée à la suite de la crise.

Les groupes rebelles disent avoir pris «acte des engagements récemment pris par les nouvelles autorités maliennes et la main tendue » du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta « en vue d’une pleine et entière mise en œuvre des mesures de confiance prévues par l’accord». En parlant des engagements récemment pris par le gouvernement, les mouvements rebelles se réfèrent certainement à la libération il y a quelques jours à Bamako, de 23 des leurs et celle de 12 autres intervenue plus tôt.

Le gouvernement a réagi à l’annonce des groupes armés par le biais d’un communiqué. « Le gouvernement du Mali prend acte de l’annonce faite par les groupes armés de reprendre leur participation aux travaux du Comité de suivi de l’Accord préliminaire de Ouagadougou. Le gouvernement poursuivra la mise en œuvre des mesures de confiance en vue de faciliter le dialogue entre les différentes parties prenantes du processus de sortie de crise, tout en respectant les principes de l’Etat de droit », indique le communiqué.

Le texte ajoute que le gouvernement prendra les dispositions appropriées pour que l’ensemble des composantes de la Nation puisse prendre part aux élections législatives du 24 novembre 2013.

Le 5 octobre, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour le Mali et chef de la MINUSMA, Albert Koenders, estimait que les conditions sont réunies pour une reprise des pourparlers entre le gouvernement et les groupes armés. Dans un communiqué, il soulignait ainsi la nécessité de la reprise du dialogue conformément à l’Accord préliminaire de Ouagadougou et dans le contexte de la Résolution 2100 (2013) du Conseil de sécurité des Nations unies.


 Le communiqué expliquait que suite « aux consultations intensives et fructueuses qu’il a menées en sa qualité de président du Comité de suivi de l’Accord préliminaire au cours des derniers jours avec les signataires de l’Accord préliminaire », le représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali estimait que « les conditions pour la reprise prochaine des pourparlers sont maintenant réunies » et que « les libérations progressives de détenus de la part du gouvernement malien et du MNLA ont en particulier permis de rétablir progressivement la confiance entre les parties. »

Le patron de la Minusma précisait que les groupes armés avaient annoncé dans une déclaration remise à la facilitation leur volonté de reprendre leur participation au Comité de suivi et de continuer dans ce cadre à rechercher avec les autorités maliennes une solution durable aux obstacles qui subsistent sur le chemin du retour à une paix durable et définitive.

Albert Koenders a annoncé qu’il fera le point sur la situation sécuritaire et politique dans notre pays lors des prochaines discussions au Conseil de sécurité à New York le 16 octobre 2013.

BREHIMA TOURE

Essor du 10 Octobre 2013.