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Le principe de l’organisation de la présidentielle du 28 juillet à Kidal, la présence de l’administration et des forces armées et de sécurité sont des acquis dans l’accord en gestation entre le gouvernement du Mali, le MNLA/HCUA et la CMFPTR. Les préoccupations du gouvernement malien sont en train d’être prises en compte pour la signature définitive de l’accord.

Les négociations entre le gouvernement malien, la délégation conjointe du Mouvement national de libération de l’Azawad et du Haut conseil de l’unité de l’Azawad (MNLA/HCUA) ouverte le 8 juin 2013 dans la capitale burkinabé et qui s’était transportée à Bamako le mercredi est retournée à Ouaga depuis le jeudi 14 juin.

Les autorités de Bamako sont restées fermes sur les amendements portés sur le projet d’accord qui leur a été apporté par l’émissaire spécial du président de la République pour la question du Nord, Tiébilé Dramé.

Les points qui n’ont pas été acceptés par Bamako sont la suspension des poursuites judiciaires contre des membres du MNLA, leur désarmement et cantonnement, la formation de la commission mixte de sécurité, le déploiement « progressif » de l’armée à Kidal et le concept « Azawad ».

Yépèné Djibrill Bassolé, dépêché par le médiateur de la Cédéao à Bamako à la tête de la médiation internationale (les hauts représentants du secrétaire général de l’ONU, de l’UE, de l’UE) a renoué avec les négociations à Ouaga depuis jeudi dernier dans l’après-midi après avoir passé plus de six heures de discussions avec le président Dioncounda Traoré le mercredi dernier à Bamako sur les points de divergences.

Les nouvelles discussions engagées à Ouaga l’ont été dans un premier temps avec la médiation internationale, ensuite le MNLA/HCUA. Elles se sont élargies le vendredi aux groupes d’auto défense qui ont formé une alliance au nom de Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) et la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance (CMFPR).

La nouvelle alliance, dans un communiqué de presse conjoint, a dit se fondre en un seul mouvement et revendique des négociations inclusives et la prise en compte de leurs préoccupations sans laquelle ils disent ne pas se reconnaître dans l’accord et menacent d’être prêts à toutes les éventualités et même à reprendre les hostilités et ou prendre en otage les élections au nord. La menace a été prise au sérieux puisque le médiateur de la Cédéao promet de les rencontrer.

Côté gouvernemental, les forces armées ont été associées aux négociations pour des aspects militaires. Trois experts militaires qui sont des officiers supérieurs désignés par le ministère de la Défense et des Anciens combattants sont arrivés de Bamako en compagnie de l’émissaire spécial Tiébilé Dramé dans la nuit de jeudi à vendredi.

Ils ont pris part aux travaux qui se sont poursuivis vendredi et samedi avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Faso, M. Bassolé, la médiation internationale, le MNLA/HCUA et l’émissaire spécial du président Dioncounda Traoré.

« Les points de divergence vont être levés et l’armée nationale fera immédiatement son retour à Kidal dès la signature de l’accord et le drapeau malien flottera dans cette partie du territoire national », a indiqué M. Dramé au cours d’un point de presse le vendredi à son hôtel.

Aussitôt après, il a entamé sa troisième réunion avec les forces patriotiques. Il tient au fait que les négociations restent inclusives. « Le Mali est en phase avec la communauté internationale, qui s’est généreusement mobilisée à notre faveur », a-t-il dit.

Le samedi en fin de journée, Djibrill Bassolé a fait savoir que chacune des parties avait une copie du projet d’accord définitif. Les discussions devaient encore se poursuivre dans la nuit de samedi.

Au moment où nous mettions sous presse, le médiateur de la Cédéao, président du Faso, Blaise Compaoré revenu de son voyage d’Autriche dans la nuit de vendredi à samedi devrait recevoir les parties concernées par les négociations le dimanche ou lundi dans la journée.

Le président Compaoré a expliqué depuis Vienne où il avait pris part au sommet d’une organisation internationale sur les essais nucléaires qu’il a « voulu d’un accord juste, équitable et équilibré pour toutes les parties et respectueux des institutions maliennes ».

Abdrahamane Dicko

(depuis Ouagadougou)

17 Juin 2013