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Pourquoi cet accord ? Quelles ont été les étapes de la négociation ? Le Pacte national et l’accord ? Sur toutes ces questions, le ministre a apporté des réponses. Et le général Kafougouna Koné a rassuré.

Vendredi 14 juillet 2006, le ministre de l’Administration territoriale était enfin devant les journalistes pour expliquer le contenu de l’accord d’Alger. Le général Kafougouna Koné, faisant la genèse des événements ayant conduit à l’accord, a rappelé qu’il s’était rendu à Kidal avant le 23 mai 2006. L’objectif de cette mission « était de répondre aux préoccupations des Kidalois« , a expliqué le ministre de l’Administration territoriale.

A l’occasion, Kafougouna Koné avait eu comme interlocuteurs les représentants des ex-combants et ceux des chefs de fraction. En réalité, cette rencontre avait la valeur d’un round des négociations qui ont conduit à l’accord d’Alger. En effet, les interlocuteurs du Général Kafougouna Koné étaient au rendez-vous de Kidal avec des doléances à l’emporte-pièce. D’abord, ils avaient demandé l’autonomie de la région de Kidal ou, à défaut, la constitution d’une fédération. La deuxième revendication avait trait à l’insertion et la réinsertion des ex-combattants des MFUA.

Les interlocuteurs du ministre de l’Administration avaient également sollicité la réinsertion des déserteurs.
Enfin, comme dernier point des doléances soumises à l’appréciation du général Koné, il y avait l’emploi des jeunes. Réagissant à la première revendication, Kafougouna Koné avait rétorqué que l’idée était non négociable.

Car, a-t-il expliqué, dans le cadre du Pacte national les idées indépendantistes avaient été remplacées par la décentralisation. Par rapport au deuxième point, la réinsertion des ex-combattants, le Ministre de l’administration territoriale affirma qu’il avait précisé à ses interlocuteurs que, toujours dans le cadre du Pacte national, tous les mouvements ont souscrit à la démobilisation en livrant au gouvernement d’alors les listes de leurs combattants et leurs armes.

Les ex-combattants avaient accepté leur démobilisation contre la somme de 700 000 F Cfa pour chaque démobilisé. La seconde phase de l’opération de démobilisation était l’insertion des ex-combattants dans les corps militaires et paramilitaires de l’Armée nationale. « Certains ont accepté et d’autres ont refusé« , a rappelé Kafougouna Koné. Ceux qui avaient refusé les rangs de l’armée ont reçu des financements pour leurs projets avec un taux de remboursement de 8 %.

Ce programme jugé moins bon fut remplacé par l’Agence pour le développement du Nord. « Les préoccupations des ex-combattants pourront connaître leur solution à travers cette agence », a promis Kafougouna Koné. Pour ce qui concerne le quota, le principe avait été accepté par le gouvernement lors de la rencontre de Kidal. Quant à la réinsertion des déserteurs, le gouvernement se propose de les étudier au cas par cas. C’est dans ces conditions que le ministre de l’Administration a quitté Kidal.

Vraisemblablement les négociations de Kidal avaient laissé les interlocuteurs du général Koné sur leur faim. Iyad Ag Ghaly, chef de file des requérants, décida de passer outre le ministre de l’Administration territoriale pour se rendre à Koulouba afin de discuter de ses préoccupations en tête à tête avec le chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré lui-même. Retourné bredouille de cette randonnée, il décide la rupture. A son instigation, les événements du 23 mai se sont déclenchés. Face à cette situation, reconnut le ministre de l’Administration, le gouvernement avait deux options : la solution militaire ou le choix politique « Nous pouvions aller à la guerre, mais elle a des conséquences tout comme des avantages« , a affirmé Kafougouna Koné.

A la décharge du gouvernement, le ministre de l’Administration signifia aux journalistes que l’un des inconvénients de l’option militaire est la durée de l’opération que l’Etat peut ne pas maîtriser à partir du moment où les insurgés pourraient se disperser et écumer dans d’autres régions. Un autre inconvénient de la guerre, selon le général Koné, est le coût humain et financier, et bien entendu les effets collatéraux.

S’agissant de l’accord d’Alger proprement dit, le général Koné a tenu à rassurer les journalistes qui ont toujours estimé que l’Etat s’est fait léser. Pour le ministre de l’Administration territoriale, l’accord dit d’Alger ne saurait aucunement constituer une « entorse » à l’intégrité territoriale du Mali. La preuve de cette conviction du général Koné est le préambule de l’accord où toutes les parties réaffirment « leur attachement à la troisième République du Mali » et leur respect de « l’intégrité territoriale et de l’unité nationale ».

Soumaïla T. Diarra

17 juillet 2006