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LES DEMOCRATES ET LES PATRIOTES

S’estiment-ils plus patriotes que ceux qui ont adhéré à l’initiative du gouvernement malien? Ce sont entre autres questions dont les réponses permettent de mieux édifier cette autre frange de l’opinion publique nationale que l’on s’efforce d’emballer dans des raisonnements et argumentations qui ne traduisent en fait que la mauvaise foi des détracteurs de la signature de l’Accord d’Alger.

Certes, l’Accord d’Alger est relatif à la gestion de la situation de Kidal, consécutivement aux attaques du 23 mai des camps de Kidal et Ménaka. Mais, doit-on partir de cette considération pour crier au scandale, à la violation de la loi fondamentale et des principes républicains? Il semble que quelque part on exagère à travers des prises de position partisanes qui, du reste, n’ont rien à voir avec l’intérêt supérieur de la nation.

Véritablement il y en a qui manquent d’objectivité, d’esprit de responsabilité et de discernement sous le coup de la colère, animés surtout de l’esprit revanchard aux conséquences incalculables pour eux-mêmes d’abord, ensuite pour le pays, les millions de Maliennes et de Maliens qui aspirent plutôt à un mieux être. La paix et le développement, ce sont là les véritables combats que les démocrates de ce pays se doivent de pérenniser, afin de donner véritablement un sens à la révolution du 26 Mars 1991, aux sacrifices consentis par les populations pour son aboutissement.

UN INDICE DE REPOSITIONNEMENT DES ACTEURS POLITIQUES

Au regard des attitudes et prises de position en cours, il n’est pas certain que tous oeuvrent dans ce sens; ce qui représente déjà un indice de repositionnement, notamment au sein de la classe politique nationale qui ne profitera certainement pas à notre démocratie. La signature de l’Accord d’Alger devient, de ce fait, une opportunité pour l’opinion publique nationale de mieux déceler les convictions réelles des acteurs politiques en particulier.

En effet, il se pose une problématique de la qualité même des acteurs politiques au Mali. Il est surtout question du degré d’engagement des uns et des autres par rapport à la démocratisation de la société. D’ailleurs depuis les premiers moments de l’ouverture démocratique, on a pris l’habitude de procéder à une sorte de hiérarchisation des acteurs du mouvement démocratique, dans la mesure où, un moment, il a beaucoup été question de démocrates sincères. Qui sont-ils? Ont-ils plus de mérite que leurs compagnons de lutte pour l’ouverture démocratique au Mali?

Ne dit-on pas qu’on reconnaît l’artisan à l’oeuvre? Les débats en cours et ceux qui s’ouvriront sur les questions d’intérêt national permettront de faire la part des choses. D’ores et déjà, l’opinion publique nationale ne semble pas dupe, en raison des expériences accumulées dans notre processus démocratique qui ont permis de disséquer certaines motivations d’acteurs politiques en quête de popularité, de pouvoir. Certains, faut-il le rappeler, ne lésinent sur aucun moyen pour atteindre leurs objectifs, pourvu que les électeurs qui décident acceptent d’aller dans le même sens qu’eux.

AU-DELA DES DECLARATIONS POLITIQUES

Une chose est sûre, c’est que cette qualité qui traduit le degré d’engagement des acteurs politiques ne s’identifie pas par les propos, les déclarations de portée politique tendant à distraire les autorités du pays de la prise en charge des préoccupations essentielles des populations. Or, au stade actuel des débats sur la signature de l’Accord d’Alger, on se rend compte que des acteurs politiques, en manque de sensations et d’arguments véritables de débat politique, s’évertuent à tenter d’en faire une exploitation politicienne qu’ils entendent perdurer et qui, à la longue, se révélera une menace même pour l’atteinte de leurs propres objectifs politiques. Il y a donc le risque de l’effet boomerang.

ACTEURS POLITIQUES ET REPRESENTANTS DE LA SOCIETE CIVILE ADHERENT

Depuis la signature de l’Accord d’Alger, cet événement a ravi la vedette à tous les autres. D’un côté les détracteurs de l’Accord s’activent, de l’autre, les composantes de la population malienne qui adhèrent à la signature de l’Accord, représentant les plus nombreuses s’impliquent de plus en plus dans les efforts d’explication, d’information et de sensibilisation des populations par rapport au sens de l’acte que les autorités du pays viennent de poser.

Les exemples sont nombreux, étant donné qu’il s’agit d’un processus de longue haleine du fait de ceux qui veulent en faire à tout prix un argument de campagne politique dont ils seraient d’ailleurs en train de faire des ébauches. Ils ne peuvent aller loin dans un tel projet, compte tenu de l’adhésion massive des représentants de la société civile. En effet, des séances d’explication ont eu lieu en plusieurs endroits, dans plusieurs communes. Par exemple le maire de la commune V Demba Fané a été sans ambiguïté par rapport à la gestion de cette question d’intérêt national. Pour lui, sans la paix, tous les efforts de développement sont voués à l’échec.

En plus, à la célébration de la Journée Internationale des Femmes, pratiquement toutes les femmes leaders des associations et organisations féminines ont insisté sur leur soutien aux efforts de maintien de la paix au Mali et pris l’engagement de multiplier les efforts d’information et de sensibilisation des populations. Pour elles, ce sont les femmes et les enfants qui sont les plus grandes victimes des situations conflictuelles, en particulier des guerres. En plus, il faut saluer l’esprit patriotique qui anime les responsables de la majorité écrasante des partis politiques qui n’ont pas hésité à exprimer leur soutien à la signature de l’Accord d’Alger.

Moussa SOW

02 août 2006.