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Elles ont été une bonne centaine les femmes qui ont répondu à l’appel de
Mme Diallo, M’Bodji Sène, ministre de la Promotion de la Femme, de
l’Enfant et de la Famille qui a pris l’initiative d’inviter le général
Kafougouna Koné à venir expliquer le contenu de l’accord aux femmes. « Il a
été au début et à la fin de ce processus. Raison pour laquelle je lui ai
demandé de bien vouloir venir lui-même nous expliquer cet accord
« , a
déclaré le ministre de la Promotion de la Femme. Selon elle, face à cette
importante question, les femmes doivent aussi être au même niveau
d’information.
« L’accord d’Alger est un dossier qui, depuis un certain temps, anime la
presse
 » , a laissé entendre pour commencer le général Kafougouna qui est
revenu sur les événements du 23 mai ayant conduit à l’attaque de deux
garnisons à Kidal avec enlèvement d’armes et munitions. Pour lui, avant
ces événements, un des chefs des insurgés, Iyad Ag Ghaly était de passage
à Bamako où il a rencontré le Président de la République sur certaines
préoccupations formulées par les jeunes de Kidal. Au nombre desquelles une
autonomie pour la région voire la mise en oeuvre d’un système fédéral au
Mali ; la reprise du processus de réinsertion des ex-combattants…
De toutes ces revendications, le général Kafougouna a déclaré que le Mali
a exclu toute possibilité quant au premier point ayant trait à
l’autonomie.

Pour lui, sous l’impulsion de l’Algérie, un Etat voisin et
ami, les négociations ont été nouées avec les insurgés et ont abouti aux
dits accords qui ont la particularité, a t-il dit, d’avoir réussi à
accorder les positions surtout quant au caractère non négociable de
l’intégrité du territoire. Par la suite, le Ministre de l’Administration
territoriale et des Collectivités locales a expliqué le contenu de
l’accord et a mis l’accent sur les implications de chacune des quatre
parties qu’il contient. En signant l’accord, le gouvernement du Mali était
face à deux options : suivre les mutins jusque dans les collines pour les
déloger, avec tout ce que cela peut présenter comme coût humain et
financier.

Naturellement, notre pays n’a aucun intérêt dans cette option,
a déclaré le général pour qui l’option de la négociation adoptée était la
plus salvatrice. Car, a-t-il expliqué, notre pays n’a rien à gagner dans
une guerre dont on peut difficilement maîtriser et les conséquences et la
durée.

Pour le reste, indique le général, toutes les autres revendications
des insurgés trouvent déjà une solution dans le pacte national signé en
1992 et qui fait cas d’un statut particulier des régions du Nord. Ce qui,
dira-t-il, a conduit le gouvernement à deux reprises à mettre sur pied un
programme pour la réinsertion des ex-combattants. Dans tous les cas, a
précisé le général Kafougouna Koné, face à la question l’Etat a préféré
recourir plus à la raison qu’au coeur pour le gérer. Et aujourd’hui, il
est important que la population accepte cet accord et ne faire face qu’à
la seule guerre qui vaille d’être menée : celle de la lutte contre le
sous-développement. Toute chose qui ne peut être gagnée sans l’unité et la
cohésion, a-t-il conclu.

La cérémonie s’est achevée par une série de questions et réponses à la fin
desquelles la salle a subitement été envahie par des ovations nourries
accompagnées par des slogans : « vive les accords d’Alger, vive la
paix…
« .

Oumar Diamoye

25 juillet 2006