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Depuis l’annonce d’un accord entre les partis Adema et URD sur la constitution du nouveau bureau de l’Assemblée nationale, de nouvelles veilléités ont apparues au grand jour, tant au sein de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) qu’au sein des partis politiques eux-mêmes.

C’est ainsi que certains responsables politiques se sont déclarés candidats, nonobstant le fait majoritaire, et d’autres se sont tout simplement opposés à cette idée d’accord, tels que Mes Mountaga Tall et Kassoum Tapo, pourtant membres de l’ADP. Mais c’est au moment où l’on pensait que tout est fin prêt pour sceller le pacte que surgit une autre opposition venant d’un candidat malheureux de l’URD.

En effet, l’ex- honorable Cheickna Hamalla Bathily n’en finit plus de fustiger l’attitude de Younoussi Touré. Il reproche au président du parti de la “poignée de mains” d’avoir trop facilement capitulé face à l’Adema.

Selon M. Bathily, Younoussi est “trop simple et facile à manipuler”. Du coup, tout le monde s’interroge sur le mobile de cette attaque subite et inattendue de Cheickna Bathily et ses partisans.

Pourtant, l’homme de Nioro est jugé très partant pour accompagner les actions d’ATT, durant les cinq ans à venir. Mais selon les observateurs politiques avertis, Cheickna Hamalla Bathily n’a jamais pu pardonner, à ses alliés de l’URD, de n’avoir rien fait pour empêcher Me Hassan Barry de faire annuler sa liste à Nioro.

On se rappelle que c’est grâce aux requêtes introduites par le président de l’UDD que M. Bathily a été disqualifié pour possession illégale de 5 pièces d’identité. Et depuis, l’ancien élu de Nioro se serait juré de ne jamais l’oublier, pour avoir été humilié aux yeux de l’opinon nationale et internationale.

Selon nos sources, une réconciliation aurait eu lieu entre les deux protagonistes. Mais au delà de cette histoire, d’autres sources soutiennent que Cheickna Hamalla Bathily pense que l’homme de ses rêves- ATT- n’a rien pu faire pourqu’il puisse obtenir un autre mandat législatif.

Aujourd’hui, on comprend mieux pourquoi Me Tall déclare avoir obtenu le soutien de 80 députés pour sa candidature à la présidence de l’Assemblée. Toute chose qui explique son entêtement à maintenir ladite candidature, jusqu’à preuve du contraire. Ce qui, du reste, a été confirmé par le comité permanent du CNID, selon les mêmes sources.

Pour Bathily, il est absurde d’accepter cet accord qui permet à l’Adema de posséder la présidence et la questure. L’ex-élu de Nioro assimile tout simplement ce fait à de la marginalisation, et il n’entend pas désarmer de sitôt. “L’Adema ne doit pas tout avoir, alors qu’il est membre d’une alliance. Il doit être solidaire vis-à-vis des autres partis politiques. Je me battrai jusqu’au bout pour la cause que je considère comme juste”, aurait-il martélé.

L’attitude de Cheickna Hamalla Bathily n’est ni plus ni moins qu’une rancoeur contre le président Younoussi Touré, surtout qu’il vient de perdre son statut de député. Aussi, a-t-il peut-être décidé de s’ériger en faiseur de rois. Toujours selon nos informations, M. Bathily serait à la tête d’un important groupe de responsables politques de l’intérieur et de l’extérieur, pour escamoter cet accord en vue de décrocher peut-être quelques postes justeux, même s’il se glorifie souvent de ne pas avoir besoin des intérêts provenants de la politique. Ce qui fera réagir un membre du bureau politqiue de l’URD : “Je suis convancu que si Cheickna Hamalla Bathily était élu député, je parie qu’il ne réagirait pas de la sorte

Toujours est-il que le vice-président du parti de la “poignée de mains” ne peut pas comprendre que son parti, qui a gagné 34 députés, ne puisse pas prétendre au perchoir, au moment où d’autres, qui n’ont même pas eu 10 députés, prétendent briguer pour l’obtenir. Qui sait si, d’ici le 3 septembre, M. Bathily ne soutiendra pas Me Mountaga Tall ou Kassoum Tapo, s’il estime qu’il possède un nombre important de députés avec lui? C’est dire que celui qui avait été élu sous les couleurs de l’UDD, et qui s’est retrouvé à l’URD, serait prêt à rallier d’autres partis politiques au cas où il venait à échouer dans sa tentative de destablisation du président de l’URD.

Le ridicule dans tout cela, c’est lorsque Cheickna Hamalla Bathily prétend qu’il veut vaincre la fatalité qui, selon lui, est en train de s’installer dans les moeurs politiques.

Une telle déclaration serait mieux perçue, si elle venait de quelqu’un qui, malgré les difficultés, est resté fidèle à son parti d’origine. Mais lorsque la politique politicienne nous tient…

Sadou BOCOUM

31 août 2007.