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Selon les résultats d’une enquête de l’Amapros, le BRCTU de la mairie centrale de Bamako a comptabilisé pour l’année 2005, 2349 accidents corporels, ayant fait 190 tués, 887 blessés et 1348 blessés légers. La protection civile fait état de 2424 accidents, dont 231 morts et 3730 blessés, en 2006.

Dans le cadre de l’exécution du Projet d’appui à l’amélioration de la sécurité routière au Mali (PAASER), l’équipe de l’ONG Amapros projet a mené une activité de collecte des données de référence sur les accidents de la route dans la zone d’intervention du projet, à savoir les 6 communes du district de Bamako et les communes de Ségou, San et Sevaré, plus précisément sur la route nationale 6 (RN6). La collecte des données de base a été réalisée par les 10 animateurs du projet sur une période de 1 mois, en juin 2007.

Cette enquête a permis de dévoiler des chiffres terrifiants sur les accidents de la route. Le Bureau de régulation de la circulation et du transport urbain (BRCTU) de la mairie centrale de Bamako relève pour l’année 2005, 2349 accidents corporels, qui ont occasionné 190 morts, 887 blessés et 1348 blessés légers. Le BRCTU constate également que le nombre d’accidents a doublé en 5 ans. La protection civile fait état de 2424 accidents, dont 231 morts et 3730 blessés, en 2006.

Quant à la direction nationale des transports (DNT), elle fournit une répartition des accidents pour l’année 2006. Sur les 168 accidents qu’elle a recensés, 39 % d’entre eux impliquaient des chauffeurs, 75 % se sont déroulés en ligne droite et 92 % d’entre eux ont eu lieu en conditions atmosphériques stables, en plein jour et sur un goudron en bon état. Par contre 53 % se sont produits en zone urbaine et 40 % sur des routes nationales inter-Etats.

L’enquête révèle qu’en 2005, la situation des accidents de la route laissait apparaître une répartition dans laquelle les communes V et VI affichent le plus grand nombre d’accidents de la circulation. Les communes I et III ont des taux de gravité relativement plus importants alors que le nombre d’accidents survenant dans ces communes était plus faible.

Toutefois, souligne l’Amapros, les informations recueillies ne permettent pas de tirer un bilan exhaustif de la situation des accidents de la route dans la zone d’intervention. En effet, ces informations donnent un bilan des accidents constatés (c’est-à-dire figurant sur les PV de police, de gendarmerie, de la protection civile, les cas constatés dans les hôpitaux et les écoles, etc.), elles ne prennent pas en compte les accidents qui ne sont pas signalés ou qui ne font pas l’objet d’un PV, et notamment les multiples chocs réglés « à l’amiable » entre les usagers.

Il est à remarquer quelques difficultés lors de la collecte des données. En effet, outre le manque de données, les animateurs de l’ONG déplorent parfois un manque de collaboration des interlocuteurs. De ce fait, il a été impossible d’obtenir des informations venant des services hospitaliers ainsi que des services de police de certaines communes.


Sidiki Y. Dembélé


Accidents dans les communes

Les agents de l’ONG ont collecté des données auprès des chauffeurs et transporteurs, notamment dans les gares routières ciblées par le PAASER.

Pour l’année 2006-2007, les accidents les plus remarquables par les transporteurs des gares routières de la Commune I se sont produits au niveau de la place des bennes de Boulkassoumbougou. On y compte environ 48 accidents en 2006, ayant fait 10 morts et 18 blessés.

Sur l’année écoulée, pour les trois gares routières cibles de la Commune II, 15 cas d’accidents ont été recensés par les transporteurs ainsi qu’une fréquence importante de petits chocs. Ces accidents impliqueraient des véhicules lents type pousse-pousse, des deux-roues, voitures et piétons ainsi que des vendeurs ambulants.

En Commune III, les transporteurs interrogés dans les gares routières cibles de la Commune III ont relevé 7 accidents pour l’année écoulée tandis qu’en Commune IV, les chauffeurs de taxi ont noté à la même période plusieurs cas de piétons renversés par des taxis, dont de jeunes enfants, notamment au niveau de la place de Djicoroni-Para.

Dans les communes V et VI, les accidents les plus remarquables ont été recensés au niveau du syndicat de bennes de Faladié. En 2006, le syndicat a dénombré 408 accidents pour les deux communes confondues, impliquant notamment des deux-roues. Deux sur trois étant un accident mortel.


S. Y. D.

04 octobre 2007.