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A Bamako, il ne se passe pas un seul jour, sans accidents de circulation. Samedi dernier, c’est au Quartier Mali, quartier situé en commune V du District de Bamako, que l’on pleurait encore des morts, suite aux gaffes des camions gros porteurs. Bilan: 2 morts, plusieurs blessés graves et des dégâts matériels importants.

Vers 11h30, un gros camion chargé de charbon, immatriculé L 7273 MD entrant en ville en passant par l’hôtel Olympe a, par excès de vitesse cogné une 4×4 juste à la sortie du pont. La suite est dramatique. Un cafouillage monstre s’en suivi et dans la foulée plus d’une dizaine de véhicules, ainsi que de motos, sont endommagés.

L’on dénombre 3 blessés graves et plusieurs blessés légers. Au moment où les sapeurs pompiers, appuyés par des policiers s’affairaient pour évacuer les blessés à l’hôpital Gabriel Touré, un grand bruit se fit entendre. C’est la panique! Un camion gros porteur immatriculé Q 4798 MD, chargé de sel, venait de se renverser sous le pont sur des motocyclistes. Comme pour le premier accident, plusieurs voitures et motos sont entrés en collusion.

Il a fallu l’intervention énergique des jeunes, des sapeurs pompiers et des policiers du 4è Arrondissement, pour vider le gros porteur de sa lourde charge. Deux corps sans vie ont été retrouvés (un homme et une femme). Plus d’une dizaine de véhicules et de motos ont été endommagés à la suite de ce second accident. Là encore, on dénombre plusieurs blessés graves.

Ce qu’il faut retenir de ce double accident, c’est que les camions gros porteurs doivent être l’objet de sérieux contrôles par les agents de la police et de la douane. Il faudrait éviter tout laxisme. «Ce n’est pas possible! Ces chauffards finiront par nous tuer tous. Ce n’est pas de leur faute, c’est celle des policiers et des douaniers qui ne font pas leur travail. Au lieu de bien travailler, ils se contentent des 1000F et 2000F des conducteurs. Sinon, je ne comprends pas que des gros porteurs comme ceux-ci ne puissent pas avoir de bons freins. Cela ne peut pas continuer». C’est là, le coup de gueule d’un jeune, très en colère devant les scènes qui venaient de se passer.

En fait, ces camions gros porteurs ne devaient pas circuler pendant le jour, encore moins, aux heures de pointe. Tout se passe comme si le District de Bamako n’a aucune réglementation en la matière. Et pourtant, elle existe bel et bien. On se rappelle encore que le 16 août 2007, le maire du district Adama Sangaré avait signé un arrêté municipal portant sur la nouvelle réglementation en ce qui concerne la circulation des camions gros porteurs. L’arrêté municipal prend aussi en compte leur stationnement. Les véhicules concernés par cette disposition sont tenus d’observer l’arrêt ou le stationnement, seulement sur les emplacements qui leur sont officiellement attribués.

Les contrevenants devaient être punis conformément à la réglementation en vigueur. Les textes sont donc clairs. S’ils étaient appliqués, l’on pourrait sauver des vies humaines. On susurre que le maire et le gouverneur du district de Bamako, de même que le ministère des transports, avaient renoncé à l’application de la réglementation sous la pression des douaniers, des transporteurs et des opérateurs économiques.

Bruno Loma

03 mars 2008.