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Cela a commencé depuis qu’il a « osé » franchir le pas, et laissé entrevoir son ambition pour le Mali lors des tournées à l’intérieur du pays. Alors s’est mise en place une entreprise de démolition inspirée par des milieux politiques. Systématique, méthodique, insistant, souvent grotesque, jamais découragé et ne reculant devant rien, le travail de sape contre Modibo Sidibé a cherché à faire de ce dernier un étranger parmi les Maliens. Rien n’aura été écarté dans cette opération de sape et de dénigrement. Depuis le coup d’Etat du 22 mars, la médisance s’est muée en harcèlement. Alors questions : qui a donc si peur de Modibo Sidibé ? Qui gêne-t-il tant ? A tous ceux qui s’investissent dans la croisade contre lui, Modibo Sidibé répond « sauvons l’essentiel, le Mali ».

Décembre 2011. Réputé à tord être un homme distant, un vrai citadin, sinon un toubab, l’ancien premier, Modibo Sidibé, étonne les observateurs de la scène politique malienne en entamant une tournée des régions du pays. Fort de son éducation et convaincu qu’au Mali, les valeurs sociétales comptent, il décide d’aller aux anciens, à la rencontre du Mali profond. Il veut parler aux anciens, aux sages et aux notabilités de son ambition pour le Mali. Modibo Sidibé fera le tour du Mali en 25 jours, s’arrêtant dans chaque village, parlant aux hommes, aux femmes, et aux jeunes. Il leur a parlé du Mali, de ce pays qui est leur et pour lequel lui rêve de progrès et de bien-être pour tous. Le message fait mouche. On l’écoute volontiers. Lui est le premier responsable d’importance nationale jamais venu dans certains de ces villages depuis l’indépendance.

Alors qu’il avait jusque-là misé sur une supposée pusillanimité de Modibo Sidibé et parié qu’il n’ira pas au bout de l’aventure politique, le monde politique est surpris et dépassé par les images venues du pays profond sur les tournées de l’ancien Premier ministre. Aidés en cela par les entraves et blocages mis au déroulement de la précampagne qui vont faire barrage aux images de ses tournées sur la télévision nationale, certains milieux politiques mesurent le danger que représente pour eux cette nouvelle approche initiée par Modibo Sidibé et entreprennent de le combattre. Tous les moyens sont bons, et surtout les plus mauvais moyens, notamment la médisance et le dénigrement à défaut d’arguments solides contre lui.

Une communication de sape est concoctée par certains états-majors politiques et mise en batterie. Les hostilités sont désormais ouvertes et les perles sont foison et confondantes. Qu’on en juge : Modibo Sidibé n’aurait visité que des villages fantômes, dont personne n’avait entendu parler dans le Mali des villes ; et puis, Modibo aurait été « rejeté » par les anciens qu’il prétend être allé voir ; et aussi « la démocratie malienne n’acceptera jamais qu’un indépendant vienne au pouvoir ».

L’alliance sacrée

Ainsi débute le championnat national de ligue des partis politique contre la candidature de l’indépendant Modibo Sidibé. La stratégie d’alliance est de mise autour des grandes formations. Un seul mot d’ordre : détruire la candidature indépendante de Modibo Sidibé, menace biologique de ce siècle sur la démocratie au Mali. Ce championnat gagnera en intensité à la suite de la déclaration de sa candidature. Il connaitra son point d’orgue avec l’annonce de la déferlante bleue, la convention nationale des forces qui soutiennent Modibo Sidibé. Prévue pour le 25 mars au stade du 26 mars de Bamako, elle n’aura pas lieu. En effet, trois jours plutôt, une junte militaire intervenait pour annoncer la fin du championnat et mettre ensuite la démocratie malienne en récréation. Le Mali ne se réveille pas comme d’habitude en ce 22 mars 2012. La suite est connue.

Loin d’annoncer une trêve dans les attaques contre Modibo Sidibé, le coup d’Etat sonne au contraire le début de l’escalade. Modibo Sidibé, candidat déclaré à l’élection présidentielle, est une des premières cibles des mutins. Et sans jamais qu’aucune explication crédible soit donnée, il connaîtra une série d’interpellations. Avec celles-ci, la descente aux enfers connaîtra un autre palier, celui des attaques et rumeurs les plus invraisemblables contre Modibo Sidibé.

Le voici alors devenu, l’homme le plus riche du Mali. Que de billets de banques et de kilos d’or, retrouvés chez lui, si ce n’est pas dans son champ. Ce statut d’homme riche, Modibo Sidibé le prouve en payant une caution faramineuse de 500 millions FCFA après sa seconde arrestation. Candidat désigné d’ATT, ce dernier s’occupait de sa communication. La preuve, c’est l’existence de ses gadgets publicitaires sur le bureau de celui-ci lors de la prise du palais de Koulouba par les mutins du 22 mars. On y aurait alors trouvé des urnes bourrées de bulletins de vote au nom de Modibo Sidibé, qui était déjà élu bien avant que n’ait lieu l’élection présidentielle. Peu importe qu’à la date d’aujourd’hui, il n’existe aucune liste électorale. Comme il importe peu de préciser que le bulletin de vote ne sera pas individuel, mais unique. La farce atteint son sommet quand pour sa troisième interpellation, il est accusé de tentative de coup d’Etat avec un groupe de 22 personnes civiles et militaires. Comme pour les condamner à la guillotine, la preuve de la culpabilité c’est d’être dans le charriot qui vous conduit au bourreau.

La junte militaire serait en mission commandée de « liquidation » politique de Modibo Sidibé qu’elle ne s’y prendrait autrement. Venus selon eux pour redresser l’Etat, voici que les militaires réussissent la passe de trois au détriment du seul Modibo Sidibé, donnant ainsi raison à ceux qui pensent que le coup d’Etat le visait. Pour ces exploits, les nouveaux agents de publicité de Modibo Sidibé, ont l’imagination fertile, débordante, pleine de haine et surtout sans sève nourricière car, infondée.

L’échec inévitable du complot

Seulement voilà, leur publicité obéira à ce principe fondamental qui stipule que toute opération publicitaire constitue un couteau à double tranchant. Voici désormais Modibo Sidibé prisé dans les causeries de Bamako. Au grand dam de toux ceux qui, à en juger par la monstruosité de leur acte, visaient une liquidation pure et simple de Modibo Sidibé, n’avaient pas à l’évidence pensé parvenir à un tel résultat : lui assurer une publicité soutenue et constante. Positive ou pas, peu importe ! Le constat, c’est du pareil au même. Modibo Sidibé est plus que jamais présent et objet de toutes les causeries. Les unes sympathiques, d’autres beaucoup moins, voire hostiles sinon empruntes d’une haine qui ne dit pas son nom.

Mais qui mieux que Modibo Sidibé sait que dans notre société, devenir un « grand quelqu’un », un « puissant mogo » selon l’autre passe par là ? Lui, dont le tord aura été de servir loyalement son pays, le Mali, sa patrie qu’il aime tant au profit de laquelle, sa personne ne compte pas !

Son appel pour le sursaut national

Pour Modibo Sidibé, peu importe sa personne, quand il s’agit du Mali. Tel est son credo face à ses détracteurs. Il l’a affirmé dans une tribune qu’il a publiée dans le cadre de sa contribution pour une sortie de crise. A la publication de laquelle tribune il aura à nouveau été arrêté par la junte militaire de Kati, alors qu’il clamait son attachement à l’unité nationale : « Il s’agit bien du Mali. Parce qu’il ne faut pas que nous nous le cachions, il s’agit bien désormais de notre survie collective, en tant que Nation. L’unité plutôt que la division, le partage plutôt que l’exclusion. Tous ensemble et à ces conditions, nous pourrons ne faire qu’une Nation, qu’un Peuple car, au fond de nous-mêmes, nous en avons les ressources ».

Plus que jamais déterminé à poursuivre la route de son ambition pour le Mali, Modibo Sidibé devra emprunter un chemin de croix, que les campagnes mensongères visant sa personne ne cesseront de rendre de plus en plus escarpé. Lui est préparé à y faire face, fort de sa conviction que pour tirer le Mali du trou où on s’évertue à l’entraîner, il lui faudra davantage de détermination et de sacrifices, et peu faire cas de sa propre personne.

Autrement dit, ignorer la calomnie et avancer vers le seul objectif qui le motive : répondre à l’appel du Mali.

D. Fomba

L’Indicateur du Renouveau du 25 Avril 2012