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Membres de l’Union des Associations et des Coordinations d’Associations pour le Développement et la Défense des Droits des Démunis (UACDDDD), les responsables de Sanamadougou, notamment le fils du chef de village, Drissa Coulibaly (représentant son père), le premier conseiller du chef de village, Mamadou Coulibaly, Aminata Tangara, porte parole des femmes de Sanamadougou, Binké Tounakara, Mamadou Diarra dit «Binké», représentant de Sanamadougou à Bamako, ont animé le 2 août 2016 une conférence de presse au siège de l’Uacdddd sis à Niamakoro. C’était en présence de Souleymane Koné, le président de l’Union, du secrétaire général adjoint de l’union, Massa Koné etc. La conférence de presse se situait dans le cadre d’une série d’initiatives prises par l’union pour interpeller les autorités sur la question foncière qui pose un grand problème aujourd’hui au Mali. Le but de ladite conférence était d’inviter le gouvernement malien, après la visite de terrain de terrain effectué par celui-ci et les membres de Convergence malienne contre les accaparements de terres (CMAT) et de l’Uacdddd, à Sanamadougou, Saha, San, Ségou, du 25 au 30 novembre 2014, pour s’imprégner du conflit terrien qui oppose les populations de Sanamadougou et l’opérateur économique Modibo Kéita, de respecter les termes des recommandations formulées au sortir de cette mission. Il s’agit principalement de la restitution de plus 8603 hectares aux populations pour leur permettre de mener leurs travaux champêtres, afin de tourner cette page foncière qui dure depuis 7 ans et qui a occasionné, du côté des revendicateurs, des morts, des blessés, des emprisonnements,. Qu’est ce bloque la mise en application des recommandations formulées à l’issu de la mission de novembre 2015 ? s’interroge Massa Koné. « Près deux ans, nous attendons que nos terres nous soient restituées. Mais rien n’y fut à présent. Où est la promesse du gouvernement alors ? Plus de soixante familles qui font nourrir des centaines voir des milliers de personnes, n’ont pas où cultiver dans cette situation », s’indigne le fils du chef de village, Mamadou Coulibaly. Cette situation fait souffrir les femmes. «Plus de feuille d’arbres pour faire nos sauces, l’approvisionnement en lait coupé, les enfants ne partent plus à l’école, l’exode que nos enfants ne connaissaient pas est devenu monnaie courante aujourd’hui», déclare la porte parole des femmes, Mme Aminata Tangara. Pour obliger le gouvernement à appliquer les recommandations sorties de la mission, ajoute Mamadou Diarra dit «Binké», les 36 villages de Sana viennent d’adresser au président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, une lettre pour attirer son attention, intervenir afin qu’ils aient leurs terres. Dans le cas contraire, ils menacent de sortir pour occuper les espaces occupées par Modibo Kéita qui ne devrait être à Séribanougou où il a été loti par les autorités sur le papier. «Mais il dit que Séribabougou (22 Km) est loin de Sanamadougou. Et s’est entêté pour s’installer. Modibo Keïta a eu 20000 hectares dans son contrat à exploiter depuis 2009. Mais jusqu’à ce jour, il n’a pu mettre en valeur les premières cinq milles hectares. Qu’est ce que cela coûte à Modibo à restituer 8603 hectares aux populations qui en ont besoin pour leur survie ?», s’interroge Massa Koné.

Hadama B. Fofana

Du 8 Août 2016