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L’Académie africaine des langues (Acalan) a fêté, le 8 septembre dernier, le 5e anniversaire de l’installation de la présidence par intérim, une présidence nationale à dimension panafricaine. A la veille de l’événement, son président/secrétaire exécutif intérimaire, Adama Samassékou, a rencontré la presse au siège de l’institution, à Koulouba.

Institution à dimension panafricaine, l’Acalan est née des cendres de la mission pour l’Académie africaine des langues (Macalan) qui a été mise en place par le président Konaré en vue de préparer la création et le lancement de l’Académie africaine des langues (Acalan).

Des explications de M. Samassékou, il ressort que l’Académie vise à valoriser les langues africaines en faisant des langues de travail à tous les niveaux, en vue de promouvoir leur usage, faciliter et renforcer les échanges culturels et socioéconomiques entre les Etats africains et contribuer ainsi à la réalisation de l’Union africaine et au développement du continent.

Au niveau continental, elle est la plus haute instance pour insuffler des idées, traduire les décisions en matière de politiques linguistiques en plans d’actions réalisables, mais aussi d’aider à élaborer et mettre en œuvre des politiques plus cohérentes, plus harmonisées et plus consensuelles.

L’Acalan, selon l’ancien ministre de l’Education de base, travaille avec tous les centres et instituts nationaux, sous-régionaux et régionaux, avec un rôle spécifique d’appui-conseil et de mise en synergie des stratégies de valorisation des langues du continent. Et cela, dans une perspective d’intégration et de développement de l’Afrique.

Les statuts, adoptés par le sommet des chefs d’Etats et de gouvernement de Khartoum de janvier 2006, assignent à l’Acalan, entre autres objectifs, la promotion des langues africaines, le renforcement de la coopération linguistique entre les Etats africains, la promotion des langues transfrontalières…

De grandes ambitions

Après l’adoption du statut en janvier 2006, l’Acalan est en train de mettre en place des instances qui lui permettent à la fois de formaliser les structures de travail de l’Académie et en même temps de mettre en œuvre un certain nombre de grands projets. « Il s’agit d’aller très vite dans le cadre de la valorisation de nos langues nationales », a souligné le conférencier.

Au nombre des grands projets, M. Samassékou a cité la mise à jour de l’Atlas linguistique pour l’Afrique, le projet panafricain de Master et de doctorat en linguistique appliquée qui sera basé au Cameroun et qui permettra de créer des ressources nécessaires humains.

Il s’agit de mieux outiller les spécialistes au niveau scientifique, linguistique et informatique pour promouvoir l’instrumentalisation de nos langues.

Le 3e projet est celui des contes et récits basé en Afrique du Sud. Il a comme objectif, au niveau continental, de traduire les contes et récits dans les langues africaines, dans les langues de travail de l’UA, mais aussi dans les différentes langues transfrontalières.

Il y a également le projet panafricain de terminologie qui aura son siège à Dar-es-salam, en Tanzanie. Il va concerner tout le cadre référentiel pour l’élaboration des terminologies dans les différentes langues africaines.

Le projet de Centre panafricain d’interprétariat et de traduction qui concerne directement l’Académie sera basé au siège de l’institution, à Bamako.

L’Acalan, a en croire M. Samassékou, s’apprête à organiser le séminaire international sur le partenariat sur toutes les langues africaines et les autres phonies qu’on appelle « Africaphonie ».

Amadou Sidibé

11 septembre 2006.