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De nos jours, les internautes et les utilisateurs des appareils téléphoniques, ne peuvent pas s’en passer de converser par messages. Les mots sont faits pour être écrits normalement afin que son interlocuteur puisse trouver satisfaction durant la communication. Malheureusement, plusieurs personnes préfèrent abréger leurs écrits. Une procédure qui n’est pas sans conséquences.  

Dans ce petit Grin sis à Lafiabougou, le jeune Moussa et ses amis sont concentrés sur leurs petits écrans autrement dit leurs smartphones. Chacun d’entre eux envoie des messages à l’autre bout de fil. Sur un écran on peut apercevoir écrire : « Bro, J vien ché tw » pour dire « Frère, je viens chez toi » : c’est le monde de l’abréviation. Ces jeunes avouent qu’ils abrègent des messages pour plusieurs causes notamment le niveau bas des études. En effet, au Mali, rien que pour la jeunesse, le taux de l’alphabétisation est de 49.4 % ; il est donc très difficile de maitriser pour cette couche, l’écriture normale des lettres. « Je ne suis pas allé très loin dans les études. Raison pour laquelle, avec le peu que j’ai appris, j’abrège les mots » ; a signalé Gnagalé KOURMA, une jeune fille en train de converser.

Souvent des personnes surtout celles qui sont dans les affaires, jugent que l’abréviation est d’ordre très prépondérant dans la mesure où elle sous-entend la rapidité. « Parfois, nous recevons trop de messages provenant des clients et nous sommes d’ailleurs obligés de les répondre dans un laps de temps. La seule alternative qui s’ouvre à nous, c’est l’abréviation » ; a déclaré Coumba SOW, agent commercial.

La paresse est aussi une source de motivation pour plusieurs jeunes de réduire les mots. Généralement, ce sont des jeunes internautes qui le font étant connectés sur différentes plateformes de causeries notamment Facebook, WhatsApp, Messenger etc. « Désolé de le dire mais je ne peux vraiment pas écrire les mots en entier. J’ai horreur, j’ai la paresse d’écrire », avoue Aminata KONÉ, internaute.

Abréger les mots, quels risques pour ses adeptes ? 

C’est un secret de polichinelle que beaucoup aiment abréger les mots durant leurs conversations. Ce comportement devenu presqu’une coutume n’est pas sans risques. Difficulté pour cerner le message, difficulté pour déchiffrer le contenu du message, une compréhension difficile de l’interlocuteur sont entre autres des problèmes liés à l’abréviation. « Quand j’abrège souvent avec mon petit ami qui est instituteur, il s’énerve en me disant qu’il ne comprend absolument rien dans tout ce que je dis » ; s’est confessée Marima BAH, une étudiante.

Dans ce monde actuel, pour collaborer avec une personne, l’embaucher dans son entreprise ou la conseiller à une personne, tout est pris en compte surtout la manière dont-elle s’exprime, la façon dont-elle écrit. Ainsi le niveau de la compétence de cette dernière est vite détecté. « Le fait de couper les mots, décrédibilise déjà une personne. Raison pour laquelle je déconseille aux jeunes d’adopter ce style avec des personnes inconnues » a prodigué des conseils le jeune Moussa Sedou THIAM, coach en développement personnel. 

L’abréviation a également d’autres conséquences plus néfastes pour les apprenants : la baisse du niveau. En effet, un apprenant qui prend l’habitude et le plaisir de ne pas écrire les mots en toutes lettres risquerait de voir un jour et dans l’immédiat son niveau intellectuel dégringolé. « Tout apprenant qui rêve d’un avenir élogieux, prodigieux et certain, doit éviter d’abréger les mots car, ce comportement développe une paresse absolue d’apprendre » ; a affirmé Diarra DIARRAH, professeur de français. 

Abréger les mots est certes nécessaire pour certains cas, mais cette procédure ne doit pas être utilisée par des personnes dans leur quotidien. Sinon, elle serait à leurs risques et périls.

Adama SANOGO 

@Afribone