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La crise financière aux USA, en Europe et en Asie était au cœur d’une conférence d’informations mardi des responsables des banques et établissements financiers, des chefs d’entreprises, du Patronat malien et du ministre des Finances. Pour le ministre Abou-Bakar Traoré, le Mali est épargné et peut tirer profit de la crise.

Pour M. Bocoum, représentant de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers, si le marché financier de la zone l’Uémoa et celui du Mali en particulier n’ont pas subi les conséquences directes de cette crise, c’est surtout en raison de leur étroitesse d’une part et du fait qu’ils agissent en périphérie du marché international.

Il y a aussi le fait que le système de financement de la sous-région et du Mali repose principalement sur des produits des transactions qui ne nous exposent pas aux risques en jeu. A en croire le banquier, notre système bancaire et financier demeure, pour l’instant, épargné.

Le ministre de Finances, Abou-Bakar Traoré, a abondé dans le même sens. Selon lui, cette crise a vu le jour parce qu’il y a eu un relâchement de la part du FMI sur la supervision du marché financier international. Pour le ministre, le Mali ne subira pas les conséquences directes de cette crise.

Les effets indirects pourraient être une diminution de l’aide, mais là aussi, a affirmé le ministre, sur les 51 milliards d’aide budgétaire 33,49 milliards sont déjà tombés dans l’escarcelle du Trésor et le reste sera débloqué d’ici la fin de l’année. Pour ce qui concerne les avoirs de nos banques hors zone Uémoa, ils sont estimés à 38 milliards, une somme modeste dont il n’y a pas lieu de rapatrier, mais de la placer dans de banques plus sûres, a estimé un banquier.

Le risque que le Mali encoure est de voir un ralentissement des transferts d’argent de ses immigrés dont les fonds seraient logés dans des banques affectées par la crise. Le ministre a indiqué qu’un dispositif de surveillance et de collecte d’informations est en cours au niveau de la Cellule de veille en vue de faciliter la surveillance des secteurs vulnérables.

Pour M. Traoré, le Mali peut tirer profit de cette crise financière à partir de ses produits d’exportation que sont l’or (dont le cours à augmenté), le coton et le bétail et la chute progressive du prix des hydrocarbures.

Les banques et établissements financiers et le ministère des Finances pensent que la meilleure façon pour l’économie de la sous-région et malienne en particulier, d’échapper aux effets est de produire davantage. « La grande faiblesse de notre économie est que nous ne produisons pas », a indiqué le ministre, qui a affirmé qu’un taux de croissance de 5 % sera atteint cette année.

Denis Koné

06 Novembre 2008