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Aujourd’hui, le Mali est dans l’impasse, tous les secteurs vitaux de la Nation sont touchés. La situation économique est catastrophique, l’école va à-vau-l’eau, la corruption gangrène l’administration, l’insécurité gagne chaque jour du terrain dans nos villes et campagnes et singulièrement au Nord Mali”.

C’est par ces mots que Modibo Sangaré, président de l’Union nationale pour la renaissance, Faso dambé ton (UNPR) a introduit sa conférence de presse, samedi dernier, au siège du parti, sis à Bamako-coura Bolibana. Cette situation pitoyable du Mali, un grand pays de bâtisseurs d’empires est due, a-t-il dit, à l’incurie de nos dirigeants. “Si aujourd’hui, le peuple malien qui est travailleur tourne le dos à ses dirigeants et singulièrement aux hommes politiques, c’est parce qu’il ne se reconnaît pas en eux “, a affirmé Modibo Sangaré.

Il a soutenu que l’abolition de la peine de mort ne figure nulle part dans le programme du chef de l’Etat. Il a ajouté qu’il n’y a pas eu de concertation sur la question et que c’est tombé comme un cheveu dans la soupe. Le président de l’UNPR a déclaré : “cette histoire d’abolition de la peine de mort ne procédait pas d’une vision, c’est une imposition contre des espèces sonnantes et trébuchantes, nous avons le document, l’Union européenne au titre du 10ème FED impose à ATT ce projet”.

Modibo Sangaré a exhibé un document frappé du sceau confidentiel concernant les engagements pris par le Mali au titre du 10ème FED et qui mentionne la relecture du code des personnes et de la famille, le projet de loi sur la peine de mort, la relecture de la loi portant sur la création des associations d’homosexuels…

Le document traite de la rencontre de la délégation de l’Union européenne et de ses partenaires avec le gouvernement autour du profil de la gouvernance. Au demeurant, a-t-il précisé, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale accompagnés de 14 cadres devraient prochainement rencontrer, en Europe, le Conseil des droits de l’homme pour leur expliquer leur approbation du projet de loi sur l’abolition de la peine de mort.

M. Sangaré a indiqué que si le pouvoir leur avait tenu le langage du dialogue en leur promettant de retirer le projet pour les démobiliser, il les trouvera sur leur chemin et “ils sont prêts à croiser le fer”. A ce titre, l’UNPR a décidé d’organiser une marche de protestation, demain mardi 22 avril. Le parti a demandé à tous les Maliens de se mobiliser pour faire échec à ce projet de loi, car, selon M. Sangaré, toute la Nation est contre ce projet et c’est le pouvoir qui, en les narguant, cherche l’instabilité.

Modibo Sangaré a laissé entendre que son parti est déterminé à se battre pour son idéal et que le pouvoir n’arrivera jamais à l’”acheter”. Concernant la vie chère, il a fait savoir que gouverner c’est prévoir et que nos dirigeants manquent d’esprit de prévision. Il a rappelé que le Mali, jadis a nourri la sous région en riz ; aujourd’hui, il n’arrive pas à satisfaire les besoins de sa population. Il a cité les énormes potentialités du pays, notamment pour produire de l’huile, du lait, du sucre, de la viande, avant de dire que le pouvoir n’a aucune vision sinon celle de satisfaire ses plaisirs matériels et charnels.

ATT aurait du, a-t-il dit, chercher à satisfaire les besoins essentiels des populations à savoir la nourriture, l’eau… au lieu de se lancer dans le mécanisme du clientélisme des logements sociaux.

Modibo Sangaré a rappelé les sommes détournées et publiées par le Vérificateur général pour expliquer que l’Etat n’a aucune volonté de combattre la corruption. Concernant la crise de l’école, il a souligné que les fonds alloués à l’Education sont dilapidés et que le gouvernement a créé le problème du supérieur car “on ne peut pas accorder des avantages à un corps d’enseignement et les refuser à d’autres”.

Les revendications de la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (Coses), a-t-il dit, sont légitimes. Il a qualifié l’éducation de mafia consécutive au déclin moral. Parlant de la crise du Nord, Il a rejeté toute négociation avec l’Alliance touarègue du Nord Mali pour le changement qui est, selon lui, une branche dissidente. Il a condamné tout retrait de l’armée d’une portion du territoire national. Le président de l’UNPR a précisé enfin que le montant de la rémunération des membres de la commission de conciliation sur la crise du Nord s’élève à 25 000 Fcfa par jour. Ce qui, selon lui, risque de faire perdurer la crise.

Baba Dembélé

21 Avril 2008