Partager

C’est un Abdul Razak souriant que nous avons revu au Ghana peu avant les quarts de finales de la Can-2008. L’ancien entraîneur des Blancs de Bamako nous parle du football africain, de son passé à la Can et de la présente édition, estimant qu’Essien et ses partenaires ont les moyens de rééditer les exploits de 1963 et 1978 et de 1982.

Les Echos : Comment voyez-vous l’avenir du football africain ?

Abdul Razak Karim : Il est sur un bon pied. Il appartient aux acteurs de le rendre plus crédible avec une bonne organisation en amont et en aval. C’est vrai, nous, à l’époque, n’avions pas la même vision que le football actuel, mais le football reste le football, même si chacun vit avec son temps. Sinon en jetant un regard dans le rétroviseur, il reste beaucoup à faire surtout pour nos clubs. Au plan technique, pour avoir vécu différents championnats, il y a trop de déchets techniques.

Comment trouvez-vous le niveau de la Can-2008 ?

A. R. K. : C’est un niveau acceptable dans l’ensemble, avec un nivellement de valeur comme en témoignent les rencontres Sénégal-Angola, Ghana-Namibie, etc. Le niveau, à mon avis, est assez bon.

Quelles sont les équipes qui vous ont le plus impressionnées ?

A. R. K. : Je pense naturellement au Ghana, au progrès de la Namibie, même éliminée, et surtout à l’Angola. Mais la Côte d’Ivoire avec ses joueurs de qualité, l’Egypte avec son football plaisant sont des équipes avec lesquelles il faut compter jusqu’au bout. Bref, nous avons noté un progrès dans le jeu comme en témoigne le nombre de buts déjà inscrits.

Jusqu’où peut aller le Ghana dans cette Can ?

A. R. K. : Nous sommes optimistes, même s’il reste encore plein de choses à faire car tout n’est pas rose dans cette équipe. Mais en qualité de pays organisateur, il possède un atout majeur. Ce que nous avons vu jusque-là nous rassure. Et je crois que les jeunes, comme leurs aînés en 1963, 1978 et 1982, rééditeront l’exploit à domicile.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours personnel en Can ?

A. R. K. : J’ai disputé seulement deux éditions de Coupe d’Afrique des nations (1978 à domicile et 1984 en Côte d’Ivoire). D’abord en 1978 quand nous avons remporté la Can, le pays nous a fait une fausse promesse, et après j’ai consacré mon temps à mon club de l’époque Cosmos de New York, et par la suite j’ai raté quelques éditions dont 1980, 1982, etc.

Quel souvenir gardez-vous du Mali ?

A. R. K. : Je garde un souvenir ému du Stade malien de Bamako, de ses dirigeants, de mes titres de champion dont les doublés.

Et ce surnom de « Golden Boy », d’où vient-il au juste ?

A. R. K. : Parce que j’étais mauvais comme joueur ou c’est peut-être parce que, selon un ami, j’étais très clair.

Propos recueillis, au Ghana, par

Boubacar Diakité Sarr – Les Echos

07 Février 2008.